N’Douci : “Notre témoignage de vie sera Evangile pour les autres”

23 Sep 2026 | Pastorale | 0 commentaires

Auteur de l'article : Simon-Pierre Kalala fc
Crédit photos : Jean-Claude Bado fc

N’Douci : “Notre témoignage de vie sera Evangile pour les autres”

A N’Douci, en Côte d’Ivoire, Simon-Pierre Kalala fc cofondateur du Collège Sainte-Faustine en RDC, est curé de la paroisse Saint-Etienne dans le Diocèse d’Agboville. Il vit également en communauté avec Jean-Claude Bado fc, son vicaire et Parfait Louhouari fc, stagiaire Fils de la Charité. Il raconte une paroisse en construction, une pastorale de proximité et le défi quotidien de vivre la fraternité.

Comment décririez-vous la vie de la paroisse Saint-Étienne ?

Père Simon-Pierre : N’Douci, est une petite ville. Nous faisons l’effort de faire une pastorale de la proximité en visitant les familles, les CEB, en réorganisant vraiment la paroisse.

C’est une jeune paroisse qui vient de célébrer ses dix ans. Nous nous préparons à ouvrir en octobre 2026 l’année pastorale pour la onzième année de l’existence de la paroisse.

C’est vraiment une paroisse de périphérie. Nous construisons l’église qui pourra accueillir plus de 1 500 places assises. Nous sommes en train de poser les tôles, mais c’est vraiment progressivement. Nous sommes en difficulté concernant les finances, nous avançons à un petit rythme, avec nos moyens. Nous faisons les efforts pour que d’ici 2030, avec la grâce et l’aide de Dieu, nous puissions parvenir à terminer l’église.

La pastorale ici est vraiment une pastorale vivante. On n’a pas seulement la paroisse Saint-Étienne. Nous avons aussi la chapelle de Batéra qui est à 7 km de nous. C’est une église-chapelle qui est aussi en construction. Nous construisons aussi plus de 500 places assises pour ce village-là.

Je pense que la présence des Fils de la Charité, notre présence au milieu du peuple de N’Douci et de Batéra est visible et louable.

Nous voulons une paroisse au plus près des habitants. À ce moment-là, les fidèles pourront commencer à prier dans un cadre approprié.

Quelle est cette présence que vous avez à l’école voisine ?

Père Simon-Pierre : À côté de l’église Saint-Etienne de N’Douci se trouve le groupe scolaire “Les Petits Anges de Saint-Etienne de N’Douci”. C’est une école privée, d’un particulier. Nous y faisons présence pour acquérir et renforcer notre expérience au niveau des établissements scolaires.
Expérience que nous avons au Collège Sainte-Fautine de Kinshasa dont je suis le cofondateur, au Complexe scolaire Michel Gobin à Brazzaville et aussi, les Fils de la Charité en Côte d’Ivoire ont aussi un projet d’avoir une école au niveau de Makpela, à la maison de formation des Fils de la Charité. La future œuvre sera une œuvre non seulement sociale, mais aussi une œuvre ecclésiale.

Nous y sommes le lundi et le vendredi. Ainsi les Fils de la Charité sont présence d’Eglise au côté des enfants et aussi des ouvriers, des travailleurs, des enseignants et des responsables d’établissement.

Notre présence à côté d’eux les aide à voir qu’ils ne sont pas seuls. Nous faisons comme le père Anizan.

On est avec eux, on leur montre qu’ils sont aimés de Dieu, que Dieu les aime tels qu’ils sont.

Il y a un projet à long terme pour la paroisse Saint-Étienne de N’Douci : avoir une école beaucoup plus technique, pour permettre d’encadrer les jeunes. Notre présence actuellement dans l’école est une expérience pour demain.

Fils de la Charité rejoignant l'église lors de la célébration des 10 ans de la Paroisse Saint-Etienne de N'Douci en Côte d'Ivoire, le 7 juin 2026

Depuis le 1er septembre vous êtes trois religieux. Comment vivez-vous cette fraternité ?

Père Simon-Pierre : Concernant la vie fraternelle, je pense que c’est un élément très crucial, très capital. Moi, comme responsable de la communauté, je forme l’équipe avec le père Jean-Claude qui est vicaire et de Parfait, un jeune Fils de la Charité qui vient de terminer ses études de théologie et nous a rejoint depuis 3 semaines.

Nous trois formons une communauté fraternelle où la vie fraternelle et communautaire devient un quatrième vœu !
Nous faisons l’effort de vivre vraiment en équipe, “d’aller ensemble au peuple” de Dieu, de faire nos révisions de vie, des réunions communautaires et de prier ensemble. Nous avons établi trois temps de prière par semaine. On se retrouve à la chapelle pour prier.
Nous partageons aussi les repas ensemble à 7 h, à midi et à 19 heures.

Nous sommes trois frères de trois pays différents, trois nationalités, trois mentalités. Nous essayons de vivre vraiment fraternellement, en communion, en se supportant les uns les autres.

On doit vivre unis et on doit montrer aux autres qu’il est possible d’habiter, de vivre ensemble.

Quel est le défi de cette vie fraternelle ?

Père Simon-Pierre : Ce témoignage reste toujours un défi. Un défi à relever chaque jour. La vie fraternelle n’est pas toujours facile, mais c’est un effort à faire chaque jour.

Mais surtout, à voir l’autre comme un sacrement. Supporter le frère, accepter l’autre, vivre avec l’autre et se soutenir.

On n’est pas tous pareils. Chacun est ce qu’il est. Pour que cette vie fraternelle soit bien vécue, il faut qu’on puisse s’accepter mutuellement, qu’on puisse se supporter, mais aussi qu’on puisse se pardonner.

Les corrections fraternelles se passent dans la simplicité, dans l’humilité et dans la compréhension. Si on se pardonne, si on se supporte, si on a de la patience, je pense que la vie fraternelle sera vraiment idéale. On fera un bon témoignage pour ceux qui vont nous voir vivre.

Nous serons l’Evangile, en fait. Si nous vivons fraternellement, notre témoignage de vie sera Evangile pour les autres.

Propos recueillis par Florence Krasowski, 18 septembre 2026

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