Accompagner des souffrances par Françoise Niessen

12 Oct 2026 | Livre coup de cœur | 0 commentaires

Auteur de l'article : Gérard Marle fc
Crédit photos : Edition Salvator

Accompagner des souffrances par Françoise Niessen

Comment être présent auprès d’une personne gravement malade ? Dans Accompagner des souffrances (Salvator, 2026), Françoise Niessen, médecin et théologienne, propose des repères pour comprendre la souffrance, réfléchir à la fin de vie et apprendre à accompagner.

Comprendre la souffrance de l’autre

Et maintenant je fais quoi ? Peut-être faut-il d’abord prendre le temps de comprendre un peu mieux ce que souffrir signifie pour cette personne gravement malade, en sachant que chacun affronte les souffrances avec sa propre histoire et ses propres peurs. Il y aura toujours une part de mystère et d’inconnu.

“Il convient donc de ne jamais porter de jugement sur la souffrance de l’autre.”

Françoise Niessen, médecin ophtalmologue et théologienne moraliste a publié avec Olivier de Dinechin“Repères chrétiens en bioéthique” ; ici, en peu de pages, elle propose une réflexion longuement mûrie sur les dimensions de la souffrance, sur la fin de vie et le droit de mourir et sur ce que signifie accompagner des souffrants.

Les quatre dimensions de la souffrance

“Les souffrances sont très diverses. Il est habituel de les classer selon les quatre dimensions de la personne, qui sont en intimes relations et en interdépendance : le corporel, le psychique, le social et le spirituel.”

La vieillesse, saison des pertes

Il en est ainsi de la vieillesse : elle est la saison des pertes d’audition, de la vue, mais aussi de l’estime de soi à cause du regard des autres ; comment dire à autrui, même si cet autrui est capable d’écoute, la souffrance d’être seul et de ne compter pour personne ? Il y a cette préoccupation de l’avenir des siens. Et au bout du chemin, la peur de mourir, peur d’avoir vécu une vie sans signification avec, au final, le questionnement sur l’au-delà de la mort.

Fin de vie et “aide active à mourir”

“Puisque tout peut paraître bon pour supprimer la souffrance, pourquoi ne pas demander une “aide active à mourir”, euphémisme pour assistance au suicide et pour “euthanasie” ?” Nos élus ont choisi, après de longs débats ; il y a donc de nouvelles dispositions légales mais la réflexion morale n’est nullement close : il est question de vie et de mort, et ce sont des personnes qui sont en cause, c’est chaque fois au cas par cas qu’il faut discerner et décider.

Accompagner des souffrances : des repères pour être présent

Des repères, il en faut si l’on souhaite accompagner dans leurs souffrances des proches ou des amis ; la gentillesse ne suffit pas, qui peut conduire à des maladresses redoutables. Après quelques pages utiles où elle revisite quelques discours “religieux” du genre “Dieu nous punit, Dieu nous éprouve parce qu’il nous aime, c’est Dieu qui décide de notre vie comme de notre mort”, Françoise Niessen apporte quelques éléments à celles et ceux qui souhaitent être avec, être là, se faire le prochain du souffrant comme le Samaritain de l’Évangile ou au nom de notre commune humanité, ce que nous appelons “accompagner”.

“Accompagner, écrit-elle, présuppose un discernement et, par conséquent, de se connaître soi-même et de savoir nommer quelques-unes des difficultés de cette situation à la fois profondément humaine et déstabilisante […] Savoir être authentique, être vrai, être capable de sensibilité, de bonté, parfois de tendresse, de laisser percevoir ses émotions tout en les maîtrisant.”

La souffrance des soignants

Le chapitre sur les souffrances des soignants évoque une situation peu prise en compte.

“Par définition, les soignants sont proches des malades, des personnes âgées, de plus en plus âgées et dépendantes, des personnes en situation de handicap parfois très lourd, c’est-à-dire de souffrants qui sont éprouvés dans toutes les dimensions de leur personne et dont le corps est souvent altéré […] La charge mentale et émotionnelle due à la confrontation à la souffrance et à la mort est d’autant plus lourde qu’il y a cette impossibilité d’avoir un minimum de temps de parole et de deuil.”

Le temps, dont nous sommes avares et sans lequel nous ne prenons pas vraiment soin de l’autre.

Gérard Marle fc

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Mon refuge et mon orage : Arundhati Roy raconte sa mère

Mon refuge et mon orage : Arundhati Roy raconte sa mère, Mary Roy, adulée et redoutable. Un récit littéraire d’une infinie beauté.

Les oreilles de l’évêque, à propos des diacres

Les oreilles de l’évêque d’Étienne Grieu : qui sont les diacres, au service de la liturgie et des plus pauvres ? Coup de cœur.

Hommage au père Eric Récopé fc (19/03/1945–16/10/2026)

Le père Eric Récopé de Tilly Blaru fc est décédé à Paris dans la nuit du 15 au 16 octobre 2026 à l’age de 81 ans.

Prendre le positif de la vie, même dans les galères

Marie-Juliette raconte son père prisonnier de guerre, son enfance de gauchère contrariée et comment prendre le positif de la vie face aux épreuves.

Vieillir dans la foi : chaque jour mène à Dieu

Vieillir dans la foi, entre isolement et dépouillement : Bernard invite à faire de chaque jour un chemin vers Dieu, à l’exemple de Nazareth.

Saint Carlo Acutis à Romariz : une statue et une relique pour la jeunesse

Le 4 octobre 2026, la paroisse de Romariz a accueilli la statue et une relique de saint Carlo Acutis. Flávio Alvés fc nous explique pourquoi.

Ouverture d’une Annexe paroissiale à Vindoulou-Obambi en République du Congo

L’Annexe paroissiale Sainte Faustine ouvre le dimanche 25 octobre 2026 à Vindoulou-Obambi en République du Congo, lors d’une messe à 8 heures.

Bogotá : le Festival Anizan fait vivre le charisme au cœur d’un quartier populaire

A Bogotá, le Festival Anizan rassemble jeunes et habitants autour de la figure du père Anizan, de la foi, du service et de la fraternité.

Un siècle plus tard, le pèlerinage des Auxiliatrices de la Charité refait le chemin des origines

Les Auxiliatrices de la Charité ont fait un pélerinage en trois étapes pour revivre les origines de la congrégation, cent ans après sa fondation.

Adieu ma Russie : Nicolas Werth, un historien face à la Russie de Poutine

Adieu ma Russie : l’historien Nicolas Werth mêle son histoire familiale à celle de l’URSS dans un livre testament, publié aux Belles Lettres.

Share This