Collège Sainte-Faustine : une école catholique à Kinshasa

22 Sep 2026 | Pastorale | 2 commentaires

Auteur de l'article : Gratia Ngisi fc
Crédit photos : Fils de la Charité

Collège Sainte-Faustine : une école catholique à Kinshasa

A Ngamazita, quartier populaire de Kinshasa, le Collège Sainte-Faustine est né d’une demande des familles de la paroisse. Créée en 2022 avec seulement trois classes, cette école catholique accueille aujourd’hui 215 élèves. Le diacre Gratia Ngisi fc, religieux Fils de la Charité et directeur de l’établissement raconte les défis et sa mission depuis deux ans.

Comment est né le Collège Sainte-Faustine ?

Gratia Ngisi fc : L’école n’existait pas, mais la paroisse existait. En 2021, les pères Jonas Malanda Nzouzi fc et Simon-Pierre Kalala fc ont été sollicités au sujet d’une école d’un promoteur située à proximité de la paroisse. Les parents souhaitaient scolariser leurs enfants dans une école catholique et avoir confiance dans la gestion de l’établissement.

Les Fils de la Charité ont accepté d’en assurer la gestion. Mais cela n’a pas marché à la longue. Nous risquions d’être salis : les familles du promoteur ne payaient pas comme convenu au départ et les travailleurs n’étaient pas rémunérés parfois des mois. On ne peut pas se dire chrétiens et mal se comporter avec les travailleurs. Les Pères ont donc décidé de se retirer.

Les parents qui vont à la paroisse ont alors demandé : « Mes Pères, est-ce que vous ne voyez pas qu’il est nécessaire qu’on ait aussi notre école personnelle, notre école de la paroisse ? ». Au cours d’un conseil, ils ont décidé de lancer le Collège Sainte-Faustine.

C’était au mois de juillet 2022. Avec l’appui de tous les chrétiens et les moyens de bord, ils ont lancé cette école avec trois classes seulement. Chacun a mis un peu avec des quêtes impérées. Et puis, ils ont construit de façon un peu accélérée un bâtiment de trois classes.

Ayant étudié la pédagogie et la psychologie, j’ai commencé par être enseignant chez les sœurs qui m’ont confié des responsabilités, la gestion de l’école, j’ai été surnuméraire où j’ai encore approfondi l’administration scolaire.
Comme j’ai travaillé dans une école des Sœurs de l’Immaculé Conception de Castres, le Collège Sainte-Faustine m’a été confié quand les pères Jonas et Simon-Pierre ont été affectés respectivement à Brazzaville (Congo) et à N’Douci (Côte d’Ivoire).
J’y exerce mon diaconat du lundi au vendredi.
En ce qui concerne mon ministère diaconale, je l’exerce dans la joie au niveau paroissiale de lundi au dimanche, tandis qu’au niveau de l’école du lundi au vendredi midi.

Quels sont les niveaux enseignés ?

Gratia Ngisi fc : Nous avons deux cycles : le cycle maternel et le cycle primaire. Le primaire va de la première à la sixième année avec la cantine.
Nous avons voulu lancer en même temps le cycle maternel pour encadrer les enfants dont les parents travaillent et n’ont pas le temps de les encadrer.

La première année, les six classes du primaire fonctionnaient dans trois salles : trois classes le matin et trois l’après-midi. Mais avec la chaleur de l’après-midi c’était compliqué.

Nous avons réfléchi à une solution. Durant l’été 2026, nous avons trouvé à acheter un terrain de 8 mètres par 13 mètres de long. Nous avons obtenu un prêt pour l’acquérir, par le curé le père Justin Lombe fc. Pour financer la construction des 3 classes supplémentaires, pour travailler que le matin et ouvrir la 7ème et la 8ème nous avons fait appel à nos amis de toutes parts.

Aujourd’hui, les six classes du primaire de 215 élèves, de 5 à 11 ans, majoritairement des filles. Nous avons 6 enseignants au primaire, une éducatrice à la maternelle et un enseignant surnuméraire (remplaçant et exerce des tâches administratives).

Pourquoi cette école est-elle importante ici ?

Gratia Ngisi fc : Les Fils de la Charité, en tant que Fils, nous cherchons à donner réponse aux problèmes du peuple. Le premier problème, c’était celui de l’éducation.

Nous vivons dans un quartier qui était une zone rouge au niveau sécurité où régnait la barbarie, une zone où l’instruction posait un problème. Jusqu’à nos jours, il y a des parents qui ne font pas étudier les enfants, faute de moyens et faute de travail.

Avec nos petits moyens, avec l’énergie que Dieu nous accorde, nous essayons de répondre à ces besoins-là du peuple. Avec l’école dans la paroisse il y a une transformation. Nous avons sélectionné des enseignants de qualité et nous voulons que notre formation soit aussi une éducation de qualité, surtout une éducation basée sur les vertus catholiques, les valeurs chrétiennes.

Est-ce que vous gagnez de l’argent avec cette activité ?

Gratia Ngisi fc : Non. L’école n’est pas une activité commerciale, l’école est paroissiale. Elle est pour nous un apostolat, c’est une pastorale.

Nous savons déjà que c’est un quartier populaire, les gens n’ont pas assez de moyens. Les gens vendent de petites choses, ils n’ont pas assez de capital pour vendre de grandes choses ou bien pour avoir beaucoup d’argent.

Ce qu’on demande, c’est au regard du niveau du peuple. Ce qui fait qu’on permet au moins à tout le monde, même à ceux qui n’ont rien, de pouvoir étudier.

Comment vivez-vous votre mission de religieux dans l’école ?

Gratia Ngisi fc : Je reste religieux, un religieux Fils de la Charité qui est appelé à vivre avec le travailleur et qui est appelé à vivre à côté du peuple, pour le peuple.

Comme religieux, on ne dramatise pas. Mais nous les aidons. Ce qu’ils ont comme pauvreté, ce qu’ils ont comme manque, si c’est sur le plan intellectuel, je trouve que c’est une pauvreté. Et moi, à partir de ce que je connais, je l’aide.

À travers les formations, nous les formons, nous corrigeons leurs documents pédagogiques au jour le jour. Quand ils tiennent compte des remarques que nous leur formulons, ils deviennent des élites, ils deviennent des chevronnés dans l’enseignement.

C’est aussi une réponse pastorale. Nous nous efforçons à les sortir du monde critiqué pour un monde un peu meilleur, un monde où il y a la paix, un monde où il y a la joie.

Quels seraient les prochains défis ?

Gratia Ngisi fc : Maintenant, il faut équiper les salles, repeindre, terminer quelques travaux et ajouter des bancs parce qu’il y a encore des demandes.

Une autre question, qui est permanente, c’est aussi la question de l’eau potable. Il faut aller loin chercher l’eau. Nous pouvons proposer parfois un projet de forage pour que la population ait l’eau potable, surtout ici à l’école.

Nous avons aussi besoin d’aider les enfants qui sont des cas sociaux. Parmi eux, certains ont leurs parents décédés, mais ils doivent étudier. Il faut les vêtir parce qu’ils doivent s’habiller comme leurs amis, leur trouver l’uniforme, les chaussures, pour se sentir comme les amis.

Au fond, quel est l’objectif ?

Gratia Ngisi fc : L’objectif pour nous est de devenir une grande école, une grande école de référence à Kinshasa. C’est ça l’objectif.

A la Famille Anizan, nous demandons aussi de continuer à prier pour nous. Avec l’aide de leurs prières, nous pouvons le devenir un jour.

Aujourd’hui, l’école poursuit sa mission : permettre aux enfants du quartier d’étudier, d’apprendre à lire et à écrire, et de donner le meilleur d’eux-mêmes, dans une école catholique où l’éducation est vécue comme une réponse pastorale aux besoins du peuple.

La messe de rentrée officielle se prépare et nous cherchons à avancer les défis cités précédemment.

Propos recueillis par Florence Krasowski, le 21 septembre 2026

2 Commentaires

  1. Emmanuel Say

    Bravo, chers frères, d’avoir pu maintenir et continuer ce projet d’école dans le quartier populaire de Mikondo à Kinshasa. Bonne réaction de repli lorsque la collaboration avec l’ONG, titulaire de l’école existante sur le terrain, n’a pas tenu ses promesses. Maintenant, vous avez en main ce projet éducatif, avec un Fils de la Charité, Gracia Ngisi, bien préparé pour le suivre. Mes prières vous accompagnent pour un bon développement de cette action pastorale qui répond aux défis urgents de l’éducation des enfants et des jeunes dans votre milieu.
    Emmanuel Say, fc Riano- Italie

    Réponse

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Egalité et handicap : le témoignage d’un prêtre-ouvrier

Egalité et handicap : René Lelièvre fc, prêtre-ouvrier à Valenciennes amputé des deux jambes, témoigne que l’égalité se vit dans l’amitié.

La vidéo du pape, prier chaque mois en Eglise

La Vidéo du Pape diffuse les intentions de prière mensuelles du Saint-Père. Nous nous associons à la prière mondiale de l’Eglise.

Mon refuge et mon orage : Arundhati Roy raconte sa mère

Mon refuge et mon orage : Arundhati Roy raconte sa mère, Mary Roy, adulée et redoutable. Un récit littéraire d’une infinie beauté.

Les oreilles de l’évêque, à propos des diacres

Les oreilles de l’évêque d’Étienne Grieu : qui sont les diacres, au service de la liturgie et des plus pauvres ? Coup de cœur.

Hommage au père Eric Récopé fc (19/03/1945–16/10/2026)

Le père Eric Récopé de Tilly Blaru fc est décédé à Paris dans la nuit du 15 au 16 octobre 2026 à l’age de 81 ans.

Prendre le positif de la vie, même dans les galères

Marie-Juliette raconte son père prisonnier de guerre, son enfance de gauchère contrariée et comment prendre le positif de la vie face aux épreuves.

Vieillir dans la foi : chaque jour mène à Dieu

Vieillir dans la foi, entre isolement et dépouillement : Bernard invite à faire de chaque jour un chemin vers Dieu, à l’exemple de Nazareth.

Accompagner des souffrances par Françoise Niessen

Accompagner des souffrances : Françoise Niessen éclaire la souffrance, la fin de vie et l’art d’accompagner.

Saint Carlo Acutis à Romariz : une statue et une relique pour la jeunesse

Le 4 octobre 2026, la paroisse de Romariz a accueilli la statue et une relique de saint Carlo Acutis. Flávio Alvés fc nous explique pourquoi.

Ouverture d’une Annexe paroissiale à Vindoulou-Obambi en République du Congo

L’Annexe paroissiale Sainte Faustine ouvre le dimanche 25 octobre 2026 à Vindoulou-Obambi en République du Congo, lors d’une messe à 8 heures.

Share This