Vieillir dans la foi : chaque jour mène à Dieu
Comment vieillir dans la foi lorsque l’isolement grandit et que les responsabilités s’éloignent ? Dans cet article publié dans le bulletin d’octobre 2026 de la Fraternité Anizan, Bernard Deshoulières fc, Fils de la Charité, relit le “bel âge” à la lumière de Nazareth et du parcours du Père Anizan.
Vieillir dans la foi au “bel âge”
A la Fraternité Anizan ou avec les Fils de la Charité, nous sommes un certain nombre ayant atteint le “bel âge” comme on dit. Bien sûr, ce n’est pas toujours facile à vivre. C’est dans cet esprit que je m’adressais aux frères de notre Communauté Saint-Joseph des Anciens pour la récollection de carême en février 2026: notre parcours de vie s’appuyant sur notre Foi et nous portant vers l’attention aux plus petits.
Ce temps de retrait n’est pas forcément simple et pourtant, il nous invite à laisser Jésus se présenter à nous tout en rendant grâce ! Quel que soit notre lieu de vie, parfois en maison de retraite, nous nous trouvons beaucoup plus isolés. Nous sommes, pour certains, beaucoup moins participants à une vie sociale, associative, le travail est loin et on ne fait plus forcément appel à nous pour des responsabilités.
Une prière habitée par la souffrance du monde
C’est bien dans cet esprit que nous restons attentifs à ce monde dans lequel nous vivons. Les conflits internationaux, le pouvoir contraignant de certains hommes politiques, la dominante financière qui détermine l’économie mondiale ; sans compter ce dont nous sommes témoins dans la vie sociale : féminicides, narco trafic, violences, agressions de toutes sortes. Autre questionnement : les couples qui font moins d’enfants. Nous sommes habités par tout cela. Cela entre dans notre démarche spirituelle.
Cette souffrance dont nous sommes témoins habite notre prière.
Notre manière de nous informer traduit bien notre préoccupation. Tout cela entre dans notre démarche de foi et notre prière.
Le quotidien de Jésus à Nazareth, source de vie
Notre situation présente nous fait vivre comme un dépouillement. Cela me fait repenser à la dernière récollection avec cette femme consacrée, Margarita, évoquant les trente années de Jésus à Nazareth : “Le quotidien de Jésus est source de vie pour nous.” Ce que nous apprenons à vivre au quotidien peut rejoindre ce que Jésus vivait avec les siens à Nazareth.
Ce lieu où il a grandi avec les gamins de son âge
« Dans chacun de ses aspects, Jésus a mûri progressivement comme personne humaine, de la même manière qu’il grandissait en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes. » Ce lieu où il a grandi avec les gamins de son âge, où il a pris sa dimension d’adulte, travaillant comme les autres et vivant sa foi comme un juif avec son propre questionnement : cf. Jésus au Temple de Jérusalem. (cf. Les Racines de Jésus, p. 35).
Grandir dans la foi à travers la routine de nos journées
Ne serions-nous pas nous-mêmes appelés à grandir dans notre propre démarche de foi, parcourant nos parcours réciproques et la manière dont Dieu s’y est inscrit ?
La routine de nos journées est marquée d’habitudes et de points de repères. C’est une route qui nous mène quelque part, qui nous mène à Dieu. Là encore, prenons le temps de nous arrêter sur la routine de nos journées pour y discerner des aspects essentiels qui expriment notre manière d’être.
Nous avons nos racines propres, personnelles, familiales et sociales, religieuses y compris ces blessures qui ont contribué à ce que nous sommes. Nous pouvons prolonger notre lecture des évangiles pour nous pénétrer de cette manière dont Jésus vit sa relation avec les uns et les autres.
Rendre grâce pour le travail de l’Esprit
La Parole de Dieu est pour tous et s’adresse à tous. Elle est reçue différemment, mais devient parole en nous, selon notre disponibilité. Rendons grâce de ce travail de l’Esprit en chacun d’entre nous. Prenons conscience de ces moments où nous pouvons reconnaître cette intervention de Dieu. Se réjouir du chemin parcouru, cela doit devenir notre manière de rendre grâce à Dieu.
Sur le chemin, le Compagnon toujours à nos côtés
Lorsque nous nous engageons sur un chemin, qu’il soit vers Saint-Jacques de Compostelle ou ailleurs, nous avons un objectif, mais ce qu’il sera, les obstacles que nous y rencontrerons, les découragements, ça, nous le découvrirons au fur-et-à mesure, mais le Compagnon sera toujours à nos côtés.
L’exemple du Père Anizan
C’est un aspect qui me frappe beaucoup dans ce parcours de notre Père Anizan. Si nous prenons le temps, d’évoquer les grandes étapes de sa vie, nous prenons conscience de ses rebondissements successifs. Chaque fois, c’est un acte de foi qui lui permet de repartir. Même à Pleterje il se remet en présence des foules.
Bon cheminement,
Bernard Deshoulières fc

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