Les oreilles de l’évêque, à propos des diacres
Plus de 50 000 diacres dans le monde, mais qui sont-ils vraiment ? Avec Les oreilles de l’évêque, Etienne Grieu sj les rend visibles, de l’Eglise des premiers siècles jusqu’aux côtés des plus pauvres.
Les oreilles de l’évêque, un livre pour tout comprendre des diacres
Il n’est pas possible qu’en lisant ce livre vous n’appreniez rien sur les diacres, sur le diaconat et sur le ministère en général, sur le ministère ordonné en particulier, bref sur l’Eglise. Sur ce que l’on pensait et vivait dans les premiers temps de l’Eglise et sur ce qui a surgi au Concile Vatican II, sur ce qui est apparu lors du rassemblement à Lourdes en 2013 au sujet duquel s’enthousiasme un diacre :
“C’est la seule fois où j’ai vraiment vu un renversement des rôles avec des personnes en grande précarité proposant aux milliers de personnes présentes de lire ce qu’elles vivent. C’était vraiment l’inauguration d’une nouvelle route, d’un réveil de l’Eglise qui redécouvre le Christ comme celui qui est lié aux plus pauvres. “
Qui sont les 50 000 diacres dans le monde ?
Il y a actuellement un peu plus de 50 000 diacres dans le monde. Il s’agit de diacres permanents, mariés pour la plupart, inégalement répartis selon les régions du monde. Mais qui sont-ils ? Quel est le cœur de leur métier ? Est-ce la liturgie ? Le service de la paroisse ou celui des pauvres ?
Le diacre, “l’oreille de l’évêque”
Dès le départ de l’histoire chrétienne, les communautés chrétiennes ont des “pasteurs” qui leur permettent d’exister en se rassemblant et en témoignant ainsi de l’amour de Dieu pour tous et pour chacun d’eux. L’évêque rassemble et le diacre veille sur celui et celle qui restent sur la touche. Un texte du troisième siècle précise : “Que le diacre rapporte tout à l’évêque comme le Christ à son Père. Qu’il soit l’oreille de l’évêque, sa bouche, son cœur et son âme, parce que vous êtes deux en une seule volonté et, dans votre unanimité, l’Eglise aussi trouvera la paix.” Ce qui est en jeu, c’est bien une communion maintenue avec les personnes en difficulté, afin qu’elles ne soient pas oubliées, c’est l’annonce d’un monde à vivre ensemble.
La place du diacre dans l’eucharistie
Il n’est pas rare aujourd’hui de voir un diacre accompagner le célébrant lors de l’eucharistie du dimanche “source et sommet de la vie chrétienne”. Que dire de cette présence ? Tout d’abord, il est proche du célébrant, Alors qu’on peut très bien célébrer sans diacre, il est là, tout proche du célébrant mais il se tient en retrait et silencieux devant le Christ qui se fait présent et nous invite à faire de même. Et pourtant, il prend la lumière lorsqu’il proclame l’Evangile. C’est encore lui qui se préoccupe de la coupe de vin, pour mêler au sang du Christ celui des souffrances d’aujourd’hui ; il invite l’assemblée à échanger un geste de paix et enfin il envoie les fidèles sur leur chemin quotidien pour y mettre la paix, souvent en en payant le prix.
La parole des personnes en grande pauvreté
Etienne Grieu, qui ne cache pas une réelle attention à ce que disent les membres du Sappel, a repéré les mots que disent ces personnes en grande pauvreté.
À la question “Tu t’y sens comment à la messe ?” l’un d’eux répond : “Je m’y sens bien, je sens que je suis attendu. Parce que je vis seul, c’est un moment de partage, d’ouverture pour moi. Je suis attendu par le Seigneur, je suis attendu par mes frères et sœurs et je discute avec mes frères et sœurs. Après, donc voilà… je fais partie d’une communauté, c’est un moment où l’on vit ensemble le corps du Christ, on va dire, qu’on fait corps tous ensemble.”
La brebis perdue, une tâche pour tous
L’image de la brebis perdue ou égarée en toile de fond fait entendre la douceur de l’Evangile dans les fracas du monde. “Pour l’Eglise, le diacre est chargé de rendre sensible ce qui est premier dans l’annonce évangélique : cette attention d’un pasteur prêt à se risquer pour ses brebis en danger. ” Il n’en a pas l’exclusivité, c’est notre tâche à tous.
Gérard Marle fc

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