Sacré-Cœur 2026 : Jacques Langlet,omi interprète Christian Bobin

13 Mai 2026 | Famille Anizan | 0 commentaires

Auteur de l'article : Jacques Langlet, omi
Crédit photos : Jacques Langlet, omi/Fils de la Charité

Sacré-Cœur 2026 : Jacques Langlet omi interprète Christian Bobin

À l’occasion de la fête du Sacré-Cœur de Jésus, fête patronale des Fils de la Charité, le comédien et religieux Jacques Langlet, omi, présentera le vendredi 12 juin 2026 à Issy-les-Moulineaux son seul-en-scène L’homme qui marche, inspiré d’un texte de Christian Bobin. Une rencontre née après la découverte du spectacle par Pierre Tritz fc au Festival Off d’Avignon 2025, suivie d’un entretien pour la Revue Chantiers de mars 2026.

Être en chantier, être en chemin

Ce n’est pas de la flagornerie, mais j’aime le titre de votre revue ! Vraiment. Sincèrement. D’abord, il me rappelle mes quelques années par intérim comme trésorier de ma Province (Missionnaires Oblats de Marie Immaculée) où il y avait simultanément plusieurs chantiers de rénovation à superviser : mieux habiter nos maisons pour mieux les partager, notamment avec les jeunes et les plus pauvres. Ensuite, et cette fois-ci au singulier, j’aime à me rappeler d’abord pour moi-même avant de le partager à d’autres, que « nous sommes en chantier parce que nous sommes en chemin – et réciproquement ».

Être en chantier, être en chemin… Il me semble avoir touché un peu de cette Vérité simple et profonde dans les missions vécues avec les jeunes adultes, et surtout auprès des personnes de la rue et toxicomanes.

Être en chemin, être en chantier… Ceci est valable pas seulement pour « les bien-portants ». Tous, nous connaissons des personnes souffrant de handicap qui, malgré ou plutôt «avec » leur fauteuil, continuent d’être humainement et spirituellement « en marche » et donc « en chantier ». A contrario, comme vous, je connais aussi des gens, et à commencer par moi-même, marchant sur leurs deux jambes qui, à des moments de leur histoire, se sont crus « arrivés », repus d’eux-mêmes et de leur spiritualité et ont en fait bloqué en eux tout processus d’évolution, de transformation.

Jacques Langlet, omi, une spiritialité de l’humilité

« On est humilié quand on se croyait quelqu’un ; on est humble quand on se reconnaît pauvre » : cette phrase est du père Jacques Leclercq (1923-2004), ancien missionnaire spiritain en Afrique puis prêtre d’accueil à Notre-Dame de Paris, à qui j’aimerai un jour dédier un spectacle. Car oui, je suis religieux, frère Oblat de Marie Immaculée, en communauté dans le Vaucluse (diocèse d’Avignon) avec comme mission d’être itinérant avec une offre théâtrale.

Un seul-en-scène au service de la Parole

Une mission itinérante dans toute la France

Quelle est la visée ? Je me déplace dans toute la France auprès de lieux d’Eglise (paroisse, sanctuaire, centre spirituel, église protestante, chapelle d’ordinaire fermée mais à potentiel touristique) pour proposer et co-construire avec le lieu qui m’accueille un temps fort, un événementiel missionnaire (choisissez l’expression qui vous convient !) au « service de la Parole » (Ac 6,4) pendant lequel je présente mon seul-en-scène, L’homme qui marche de Christian Bobin.

Ce joyau littéraire est une réécriture poétique, puissante et ciselée, de la vie de Jésus… mais sans jamais le nommer ! L’expression « l’homme qui marche » scande, pas à pas, le récit. J’ai alors l’audace de penser que Jésus lui-même était aussi « en chantier »… ce qui l’amène là encore, pas à pas, à accueillir la Croix avant d’y être cloué.

Un texte qui transforme une vie

« Peu de livres changent une vie. Quand ils la changent, c’est pour toujours » écrit ailleurs Christian Bobin. Sans aucun doute, ce texte de L’homme qui marche a été pour moi de « ce peu de livres-là » !

Il a contribué à mon entrée dans la vie religieuse apostolique ; « il » m’a aussi poussé à vaincre ma timidité, à me former au théâtre pour enfin oser « monter sur scène » afin de le partager à un plus grand nombre.

Depuis avril 2023, j’ai vécu une quinzaine de missions itinérantes et eu la joie de vivre le festival Off d’Avignon 2025 à la chapelle de l’Oratoire, là où Raphaëlle Hubin se produisait avec son magnifique spectacle L’Envol (cf. Chantiers n°228, p. 22-23).

En témoin privilégié, j’affirme que ce texte peut encore réchauffer les coeurs des croyants, toucher les coeurs plus éloignés de la foi ou de la pratique de l’Eglise, littéralement « transpercer » tel ou telle dans son aujourd’hui et l’amener ainsi à faire un bout de chemin, à se remettre « en chantier »…

Comment se déroule une mission ?

Et concrètement, comment se déroule une « mission » ? En général, dans le cadre des paroisses, il s’agit d’un week-end « Temps Fort » où se mêlent animations spirituelles diverses, la représentation théâtrale et une messe dominicale plus festive ; pour les sanctuaires sur les lieux touristiques, là je peux rester jusqu’à un mois.

En plus de ces éléments, j’aime être formé à la visite guidée de l’église du lieu pour ensuite accueillir les touristes qui passent ; par l’histoire, l’architecture, l’art, partager un peu de l’Evangile, un peu de ma foi…

Là encore, ce sont des magnifiques rencontres vécues et des visages précis qui me reviennent en mémoire.

Enfin, il m’arrive de me déplacer uniquement pour la représentation théâtrale, comme dans le cadre de festivals, d’événementiels artistiques, ou même de rassemblements de famille religieuse, comme bientôt avec vous !

Jacques Langlet, omi

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

La paroisse populaire de Sainte-Hélène à Paris attend Léon XIV

A J-1 de la visite du pape Léon, le curé Georges Lumen Ouensavi fc témoigne de l’élan et de la ferveur d’une paroisse populaire à Paris.

N’Douci : “Notre témoignage de vie sera Evangile pour les autres”

A N’Douci en Côte d’Ivoire, Simon-Pierre Kalala fc raconte la vie paroissiale et la fraternité entre religieux.

Collège Sainte-Faustine : une école catholique à Kinshasa

A Kinshasa, le Collège Sainte-Faustine accueille 215 élèves et répond aux besoins éducatifs d’un quartier populaire en RDC.

27 ans de vie religieuse : “Plus pauvre et plus heureux”

Jean-Claude Tabu fc célèbre 27 ans de vie religieuse et témoigne de sa vocation, de la prière et de sa présence à Bourges-Nord.

À Ciempozuelos, une aventure humaine au contact de la maladie mentale

À Ciempozuelos, Arnaud Sangne fc témoigne de son engagement bénévole auprès de personnes touchées par la maladie mentale et le handicap.

Léon XIV en Espagne : le témoignage des Fils de la Charité de Getafe

Les Fils de Getafe témoignent de ce que la visite de Léon XIV en Espagne a signifié pour leur communauté et leur Fraternité Anizan.

WhatsApp : rester reliés sans être toujours disponibles

Comment avoir un usage raisonné de WhatsApp pour éviter la surcharge numérique et préserver ses relations. Conseils pratiques et réflexion sur la fraternité.

François et ses frères de Sylvain Piron

François et ses frères de Sylvain Piron raconte les débuts du mouvement franciscain et la puissance spirituelle de François d’Assise.

EDUCA : un soutien scolaire de proximité à La Courneuve

EDUCA propose à la Paroisse de Saint-Yves à La Courneuve un soutien scolaire de proximité pour accompagner les élèves du primaire au collège.

Petite bonté : l’espérance selon Vassili Grossman

Petite bonté : l’espérance selon Vassili Grossman Dans "Vie et Destin", Vassili Grossman interroge le mal, la liberté et l’espérance. Au cœur de l’horreur, il découvre la force de "la petite bonté". Vassili Grossman, témoin du totalitarisme Vassili Grossman...
Share This