Surconsommation, on arrête tout et on réfléchit ! par Samuel Sauvage

21 Mai 2026 | Livre coup de cœur | 0 commentaires

Auteur de l'article : Gérard Marle fc
Crédit photos : Agir pour l'environnement et Rue de l'échéquier

Surconsommation, on arrête tout et on réfléchit ! par Samuel Sauvage

Une plongée dans notre quotidien de consommateurs

« Nous savons que nous consommons, mais à partir de quand surconsomme-t-on ? Quelle est la limite entre le besoin réel et le besoin artificiel ? » Samuel Sauvage, économiste, diplômé de Sciences Po Paris, expert indépendant auprès de la Commission européenne, ne craint ni l’étude des statistiques ni les écrits des philosophes. Sa lucidité et son humour nous invitent à ne pas désespérer. Nous pouvons le lire jusqu’à la dernière page.

On commence par une visite chez M. Côme Toulemonde, qui représente l’exacte moyenne des Français. En ouvrant sa porte, on peut s’amuser à compter le nombre d’objets (vaisselle, vêtements, papiers, etc.) qui envahissent son logement : 10 000 objets sont recensés contre à peine 300 au début du XXe siècle.

Une accumulation devenue invisible

Ceux qui consomment de l’énergie ? Une centaine d’appareils électriques en tous genres. Il a acheté 50 pièces textiles l’année dernière alors que 68 % de sa garde-robe n’a pas été utilisée depuis un an. On dénombre une trentaine de paires de chaussures dont un bon tiers ne sert jamais. Au salon et dans les chambres, on compte 6 écrans. On passe sur la cuisine et le garage.

Et la poubelle ? Il produit, à lui seul, un kilo de déchets par jour. Vérifiez par vous-mêmes : il y a un vrai décalage entre ce que l’on croit avoir, ce que l’on a, et ce dont on estime avoir besoin.

La limite entre consommation et surconsommation

Il faut bien tracer une ligne qui sépare la consommation de la surconsommation. L’outil le plus accessible pour estimer notre impact individuel porte sur l’empreinte carbone. En France, en 2023, celle-ci s’élève à 9 tonnes équivalents CO2 par individu.

Pour répondre aux objectifs de l’Accord de Paris signé en 2015 de limiter le réchauffement climatique à +1,5°C, il est nécessaire de la réduire à 2 tonnes CO2 par personne en 2050, soit diviser par 4,5 nos consommations.

Les mécanismes du « Bémol »

Samuel Sauvage décrypte les rouages de cette addiction généralisée et de son corollaire, la production de masse. Une spirale infernale qu’il analyse à travers les mécanismes du « Bémol » : Besoins artificiels, Extension des marchés, Marchandisation de la société, Obsolescence programmée et Low cost.

Consommer autrement : une démarche collective

Pour sortir de cette spirale, la voie de l’action individuelle – la fameuse « consommation responsable » – doit être intégrée à une démarche collective et systémique pour mettre un terme à la surconsommation.

Un questionnaire adressé à 100 000 commerces en 2025 révèle que 71 % trouvent que les consommateurs sont plus attentifs à l’environnement qu’auparavant, recherchant des produits plus locaux, plus durables, plus sains, d’occasion etc.

Des gestes simples mais difficiles à tenir

Parmi les petits conseils aux consomm’acteurs que nous sommes, on peut augmenter la marche ou le vélo, isoler, manger local et de saison, etc. Certes, plus de la moitié des personnes aspirent à la sobriété mais seuls 10 % la mettent en pratique. Changer de comportement est un long processus.

L’approche individuelle est indispensable, (« je fais ma part », comme le colibri) mais elle est une petite rue au regard des grands boulevards de la responsabilité collective.

Le « Dièse » : une réponse politique

Face au Bémol, l’auteur appelle à un « Dièse » résolument politique : Désarmer la publicité, Impulser un nouvel imaginaire, Encadrer la production, Soutenir les alternatives, Embarquer les acteurs.

Il est bon de rappeler l’interdépendance entre les humains et leur « environnement ». Nous faisons partie du vivant et nourrissons des rapports de dépendance extrême avec les équilibres écologiques.

Nous savons que la consommation ne fait pas le bonheur, pas plus que l’argent. Est-ce la raison du reflux de la surconsommation que l’on perçoit depuis 2010 ? Moins et mieux, c’est le chemin.

Gérard Marle fc

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