La dernière leçon par Mitch Albom

24 Mar 2026 | Livre coup de cœur | 0 commentaires

Auteur de l'article : Bernard Deshoulières fc
Crédit photos : Editions Pocket

La dernière leçon par Mitch Albom

Une rencontre bouleversante

Il était atteint de la maladie de Charcot, maladie invalidante et mortelle, ce professeur d’université, Morrie Schwarz. Il enseignait la sociologie. Un de ses anciens élèves, Mitch Albom, quelques vingt ans plus tard, apprend par hasard qu’il est atteint de cette maladie incurable. Il avait été marqué par sa largeur d’esprit et son anticonformisme. L’interview de l’émission sur laquelle il est tombé lui révèle que cet homme, se sachant condamné, prenant conscience de toutes les situations par lesquelles il serait amené à passer, jusqu’à la dépendance, a pris la décision de faire de cet état sa dernière leçon. Alors Mitch Albom décide de le rencontrer.

Sa première visite est déjà un premier cours ; la rencontre du malade, de son état, l’annonce de la mort prochaine et, surtout, une invitation à vivre sa vie en aimant, tel qu’on est.

Quatorze mardis pour apprendre à vivre

Le sujet du cours, c’est l’état de santé lui-même, la prise en compte de l’épreuve, le trou et la question : « Bon, et maintenant ? ». Alors le professeur invite son élève à suivre ce cours, à redevenir l’étudiant qui reçoit de son professeur. Ce dernier accepte et il va revenir tous les mardis alors qu’il est à plus de mille kilomètres du lieu de rendez-vous. Il y aura ainsi quatorze mardis. Bien sûr il y a la salle de cours, c’est la chambre du malade dans laquelle il faut être présent et intervenir si besoin.

Ainsi, l’étudiant lui-même est amené à se remettre en cause. Morrie l’a interpellé sur ses rencontres. Absorbé par son travail de journaliste, il avait négligé une présence auprès de son oncle qui va mourir d’un cancer ; alors Morrie va plus loin pour lui faire prendre conscience du temps nécessaire et prendre en compte sa propre situation et son état de vie.

Des questions ordinaires et essentielles

Suivant le fil des mardis différentes questions sont abordées ; l’auteur nous livre ces choses de la vie dont ils ont parlé.

La mort et la vie intérieure

Nous parlons de l’apitoiement sur soi. Nous parlons de la mort : « Apprends à mourir et tu apprendras à vivre. »

Nous parlons des émotions à prendre en compte : « Je ne veux pas quitter le monde dans un état de frayeur. Je veux être conscient de ce qui m’arrive, l’accepter, trouver la paix en moi et me laisser aller. Tu comprends ? »

La famille, le pardon et l’amour

Nous parlons de la famille avec celle qu’il faut quitter, son épouse et celui que l’élève doit retrouver.

Nous parlons de la peur de vieillir : « J’ai commencé à aimer ma dépendance. »

Et ainsi ils vont aborder toutes ces questions si ordinaires et si essentielles à nos existences : l’argent, l’amour et le mariage, la culture, le pardon, jusqu’à se dire adieu en se disant « Je t’aime ».

Une leçon toujours actuelle

Mais là, il est question de la manière de les vivre, replié sur soi, sur sa souffrance, sa maladie, son échec ou en se laissant habiter par une force intérieure. Quel que soit notre état de vie nous sommes invités à vivre avec notre vie intérieure, notre démarche spirituelle et cette relation à l’autre qui fait le quotidien de nos vies et contribue à notre devenir.

Certes ce livre n’est pas récent, puisqu’il fut édité en 2006, mais il reste tellement d’actualité. Ce jour où j’écris ce coup de coeur nous faisons mémoire du drame du 13 novembre 2015 au Bataclan. Nous avons pu lire ou écouter ces témoignages de celles et ceux qui ont été bouleversés par ce drame. Je suis frappé par ces manières différentes de le prendre en compte pour le vivre comme tel, sans s’enfermer dans le ressentiment.

Combien d’épreuves de nos vies peuvent-elles ainsi être prises en compte et prendre toute leur signification dans la démarche même de Jésus assumant sa passion et sa mort ?

Bernard Deshoulières fc

Référence du livre

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