Rencontre des jeunes Fils de la Charité en mission en Europe
Une rencontre au service de la mission continentale
En invitant les plus jeunes Fils de la Charité en mission en Europe à se réunir du 20 au 25 avril 2026 à la maison mère d’Issy-les-Moulineaux, le conseil général désirait s’inscrire dans la dynamique d’un travail continental de notre corps apostolique.
La réalité de notre Institut, qui appelle des frères à partir en mission hors de leur pays d’origine, nous oblige à penser la mission comme un lieu de vie locale et communautaire dans un contexte mondialisé. De plus, la petitesse de notre réalité nous demande un effort de formation, de relecture et de partage pour se soutenir les uns les autres.
Enfin, cette rencontre a permis à certains d’entre nous de découvrir les lieux sources de notre fondation en marchant sur les pas de notre fondateur, le père Anizan.
Ainsi se sont réunis deux frères nouvellement ordonnés diacres et qui sont en mission à Riano en Italie : Christian (RDC) et Gilles (Congo) ; deux frères scolastiques (étudiants) en mission à Getafe en Espagne : Dubéveil (Congo) et Arnaud (Côte d’Ivoire) ; et enfin deux frères scolastiques en mission en France : Emmanuel (France) et Elvis (Côte d’Ivoire).
Ils ont été rejoints par quatre frères religieux en mission en France le temps de deux jours pour une relecture pastorale et un temps à Artenay sur le lieu de naissance du père Anizan : Étienne, Lewis, Charles et Hector.
Une communauté internationale appelée à grandir ensemble
Ce temps doit inaugurer un désir de se retrouver par zone géographique afin de mieux appréhender la mission dans nos lieux de vie.
C’est surtout l’occasion de relire et de mieux se former à la vie religieuse dans chaque contexte ecclésial, social et culturel des lieux où nous sommes.
Car la réalité de la mission ou de la formation dans un contexte international où nous vivons entre frères de différents pays n’est pas toujours évidente. Nous le savons, ce qui nous réunit c’est l’appel du Christ, la recherche de Dieu et la mission ; cependant vivre en communauté multiculturelle dans un contexte différent de notre pays d’origine restera toujours un défi.
C’est une richesse de la vie religieuse, mais une nouvelle langue, une nouvelle culture, un contexte social et ecclésial différents bousculent souvent nos certitudes et nos habitudes.
Cette rencontre est aussi un moyen de se recentrer sur l’essentiel : une vie sérieusement religieuse, pour reprendre une des dernières paroles du père Anizan avant son décès le 1er mai 1928.
Relire sa vie spirituelle et religieuse
Avec un temps de désert autour des lettres de notre supérieur général sur la vie intérieure et sur une sobriété joyeuse et responsable, beaucoup des jeunes Fils ont redécouvert la nécessité de travailler la vie spirituelle et religieuse.
« Je retiens une invitation du père Anizan : être un bon religieux, un Fils sérieux, très sérieux. Un religieux qui prenne soin de sa vie intérieure, être uni à Dieu. »
Un autre retient :
« Le désir d’une vie intérieure plus nourrie par le silence, par la Parole, par l’écoute aussi des personnes. Sortir de ma zone de confort, en menant une vie plus sobre et austère. »
Pour certains qui sont religieux depuis peu d’années, ce temps de désert fut l’occasion d’approfondir la vision de notre fondateur et de la tradition de l’Institut :
« Prendre au sérieux la vie intérieure. C’est quand même le rappel de quelque chose de fondamental dans ma vie de religieux. »
Les jeunes Fils de la Charité en Europe sur les pas du père Anizan
La vie religieuse des Fils de la Charité a une histoire et une tradition qui se fondent d’abord sur l’appel de Dieu en Jésus-Christ, cela dans un charisme porté par le père Anizan.
Ainsi nous avons passé du temps pour visiter et célébrer sur les lieux de vie et de mission de notre fondateur :
- Artenay, son lieu de naissance ;
- Olivet, lieu de ses premières années de prêtre ;
- le quartier de Charonne à Paris, lieu de sa mission.
La visite des archives par les jeunes Fils de la Charité en Europe a permis à beaucoup de prendre conscience de la richesse des écrits du fondateur et de l’histoire de notre famille religieuse.
« J’ai découvert que le père Anizan a cherché à beaucoup consolider son œuvre. Il a laissé beaucoup d’écrits. »
« J’ai aussi le désir de trouver du temps pour découvrir le père Anizan davantage et sa spiritualité. »
La redécouverte récente des dernières paroles du fondateur lors des mois précédents sa mort, lues sur les lieux de son décès, a été un moment fort pour beaucoup.
La relecture de vie, une tradition essentielle
Le temps de relecture pastorale et religieuse a été important pour les les jeunes Fils de la Charité en Europe car il a permis à la fois de libérer la parole et aussi de réaffirmer certains principes de notre choix de vie.
La relecture de vie est une composante de beaucoup de religieux, mais elle est essentielle pour nous, Fils de la Charité, car elle fait partie de notre histoire et de nos constitutions.
Il ne s’agit pas de « régler » ses comptes ou de récriminer les uns sur les autres, de comparer les divers lieux de mission ou d’évoquer une nostalgie idéalisée ; mais bien d’accéder à une certaine vérité sur soi et sur la vie communautaire et pastorale.
La relecture accompagnée du témoignage des frères anciens de la maison Saint-Joseph a ouvert les yeux de certains d’entre nous sur la joie et la richesse de notre vocation.
« Je retiens de cette session la vie ensemble entre frères de toutes générations. Le partage avec les anciens, c’est une joie d’entendre qu’ils connaissent chaque frère. La simplicité des Fils, des anciens, du supérieur général et du conseil. Il y a eu un véritable esprit d’ouverture entre nous ici. »
Redécouvrir le champ de la mission
Cette relecture pastorale et de la vie religieuse, même chez ceux qui sont encore en études, ouvre ou réouvre des champs pastoraux déjà présents chez notre fondateur et dans l’histoire de notre Institut.
Le champ de la mission, particulièrement en Europe où la sécularisation est importante, invite chacun de nous à avoir une vision large.
« J’aimerais travailler sur ma capacité d’accueil et d’engagement. J’ai compris que le père Anizan voulait une Église ouverte pour tous. Travailler pour être plus attentif aux injustices autour de moi, aller vers ceux qui ne pensent pas comme moi ou qui sont loin de l’Église. »
Notre fondateur a souvent parlé du lien entre paroisse et œuvre pour évoquer la mission de l’Institut. Des termes qui ont souvent fait débat, mais qui ne doivent pas masquer l’essentiel :
« Avec les anciens, j’ai compris que nos œuvres c’est être avec le peuple. »
Une certitude aussi :
« La vie religieuse demande une formation aussi autre, humaine pour un engagement au-delà de la paroisse. »
L’élargissement de notre manière de voir, sortir des certitudes et des habitudes restent des défis pour nous tous :
« Si je ne suis pasteur qu’à l’église, je risque de rater une partie de l’intuition de notre fondateur. »
La certitude que notre mission s’appuie sur Dieu, mais aussi sur le peuple auquel nous sommes envoyés :
« Travailler la proximité avec autrui, ne pas fixer de limites à la mission. »
« Servir le peuple et se disposer aussi à écouter l’esprit qui est toujours à l’œuvre. »
Une semaine pour renouveler l’élan missionnaire
Pour les jeunes Fils de la Charité en Europe, cette semaine riche de partage, de célébrations, de prières et de temps plus festifs a permis de dynamiser et de continuer la réflexion sur notre identité de Fils dans l’Église et dans le monde d’aujourd’hui, à la suite des intuitions du père Anizan et de tous les frères qui nous ont précédés dans cette aventure de la vie religieuse.
Benjamin Vergniaud fc

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