“Foutue guerre”, une pièce à l’agenda du centenaire

16 Nov 2018 | Vie religieuse | 0 commentaires

Auteur de l'article : Christelle Guillaume et Florence Sanyas
Crédit photos : Florence Sanyas

“Foutue guerre”, une pièce à l’agenda du centenaire

Pour le centenaire de fondation des Fils de la Charité et de l’armistice de la Grande Guerre, la pièce de théâtre “Foutue guerre” par la Compagnie “Le Jeu du Hasard” a joué le 15 novembre 2018 à Issy-les-Moulineaux

Centenaire de l’armistice de la Grande Guerre et de la Fondation des Fils de la Charité

Avec notamment la présence de :

  • le Ministre André Santini,  maire d’Issy-les-Moulineaux et vice-président de la métropole du Grand Paris
  • Pierre Tritz, vicaire général des Fils de la Charité
  • La réalisatrice artistique Chloé Froget et son père qui a rédigé cette pièce de théâtre
  • Des membres de la Famille spirituelle Anizan

“Foutue guerre”, une comédie dramatique

Juin 1916 – Fort de Vaux – Verdun
Ici : pas de tranchée, une poignée d’hommes, un fort désarmé, un pigeon et un chien !

Trois comédiens incarnent avec ferveur douze personnages dans un huis clos inattendu retraçant le parcours héroïque du Commandant Raynal et de sa garnison.
Voyageant d’une temporalité à une autre, de l’urgence de la situation au second degré d’une guide de musée, ils nous entraînent de découvertes en émotions au cœur de l’action. Ils partagent avec nous une histoire surprenante, léguée par un aïeul dans un petit carnet rédigé durant la Grande Guerre.

Un voyage dans l’histoire humaine

En pleine commémoration de l’armistice de la Grande Guerre, nous avons assisté à la pièce de théâtre « Foutue guerre » mise en scène par Chloé Froget, d’après les carnets de son arrière-grand-père.

Du Festival d’Avignon à Issy-les-Moulineaux

Le Père Anizan a été aumônier militaire à Verdun d’août 1914 à février 1916. Il visitait les soldats du Fort de Vaux. Mais il n’a pas connu la bataille de juin 2016, menée héroïquement par le Colonel Raynal et conclue par la reddition du Fort. Pierre Tritz, fc, avait repéré la pièce de théâtre au Festival d’Avignon en juillet 2016. Il l’a proposée au service culturel de la ville d’Issy-les-Moulineaux dans le cadre des Centenaires de la Première guerre mondiale et de la Fondation de la congrégation.

Mise en scène très originale

Nous avons eu le plaisir d’assister à cette représentation que nous avons beaucoup aimée. Nous ne savions pas à quoi nous attendre. Christelle avait choisi d’y aller en famille, par amitié pour les Fils de la Charité, dans le cadre du Centenaire. Nous avons trouvé la mise en scène très originale : la comédienne a commencé à jouer son rôle sans que nous nous en apercevions. Nous pensions qu’elle introduisait la pièce et en réalité elle était l’un des personnages de la pièce !

Nous avons été aussi surprises par le décor

D’un côté, un décor très contemporain mettant en scène un musée, et de l’autre, le Fort de Vaux à Verdun. Avec une grande simplicité, le taxi-ambulance et le chien « Kiki » étaient touchants. Le rythme était très soutenu. Les costumes et les scènes changeaient rapidement. Nous avons découvert avec surprise qu’à la fin de la pièce, ils n’étaient seulement que trois comédiens, et non cinq ou six comme nous aurions pu le penser.

Une qualité d’informations historiques

Nous revient en mémoire la qualité des informations historiques telles que la cadence des explosions d’obus sur le Fort de Vaux au début de l’assaut et la progression des soldats allemands. Nous avons été secouées par la variété des armes de plus en plus
mortifères : mitraillettes, grenades, lance-flammes, et enfin, les gaz. L’épisode du pigeon-voyageur, en dernier recours, nous renvoie aux moyens de communication utilisés il y a un siècle en situation de crise.

Les honneurs des états-majors français et allemands

Les acteurs apportaient une dimension plus légère à une époque dramatique de l’histoire. Ils nous ont rappelé la jeunesse des soldats, leur bravoure, les conditions inhumaines, l’espérance des familles avec l’attente du courrier, la durée de la guerre, la résistance, le grand gâchis de temps. L’être humain progresse techniquement et s’en sert quelquefois pour se détruire, sans tirer les leçons des erreurs passées. Mais l’homme sait aussi construire la paix et le dialogue entre voisins. À la fin de la pièce, le colonel Raynal reçoit les honneurs des états-majors français et allemands. Preuve qu’au cœur des combats, il est possible de lutter à contre-courant pour montrer qu’un autre chemin est possible.

La pièce de théâtre Foutue guerre a permis d’ouvrir un vrai dialogue entre nous et les jeunes sur les questions relatives à cette période de l’histoire. !

Christelle Guillaume et Florence Sanyas

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