Manière de vivre, les religieux aujourd’hui par Philippe Lécrivain

13 Oct 2022 | Livre coup de cœur | 0 commentaires

Auteur de l'article : Gérard Marle fc
Crédit photos : Edition Lessius

Une manière de vivre, les religieux aujourd’hui par Philippe Lécrivain

J’avais lu, j’ai relu douze années après le livre de Philippe Lécrivain, ce jésuite historien, professeur au centre Sèvres, qui fut aussi un compagnon de notre institut religieux. Nous n’en avons jamais fini de reprendre à frais nouveau la question de Jésus : « Pour vous, qui suis-je ? »

Les religieuses et les religieux sont avant tout des citoyens

Nombre d’instituts religieux semblent s’essouffler dans un monde où la foi est reléguée dans la sphère privée, ce qui rend difficile la proposition d’un message ou d’initiatives propres. Au-delà de ce sentiment d’impuissance, Philippe Lécrivain rappelle que les religieuses et les religieux sont avant tout des citoyens et à ce titre responsables de la société dans laquelle ils vivent. Quant à la question de Dieu et de la vie après la mort, il semble bien qu’elle resurgisse à nouveau parmi les plus jeunes, alors qu’ils ne connaissent pas grand-chose des religions et encore moins des institutions religieuses ; mais ils sont prêts à discuter pour peu que l’on respecte leurs questions et leur chemin, pour peu que leurs interlocuteurs parlent de leurs propres questionnements et de leur histoire faite d’engagements, de fragilités et d’enthousiasme.

Variété époustouflante appelée à la conversion en tant que chrétien

Congrégations ou instituts religieux, vie consacrée, que dit-on exactement ? Il y a là une variété époustouflante, il y eut au cours des siècles une créativité qui ne se dément pas. Qu’ont-ils en commun ?

Tout d’abord, ils ne prétendent pas être meilleurs que les autres chrétiens. « Chaque fois que les disciples ont cherché à savoir lequel était le plus grand parmi eux, ils ont suscité une réaction très vive de Jésus ! ». Tous nous sommes appelés à la « sainteté », à écouter sa Parole et faire la volonté de Dieu en restant sur notre propre chemin. Tous nous sommes invités à la « conversion », ce qui commence par la découverte heureuse que chacun de nous est « unique ». « Va vers toi », tel est le premier mot de Dieu à Abraham. Ce chemin de conversion n’a pas de fin.

En acceptant de vivre en communauté de consacrés, ils choisissent aussi une manière singulière d’accéder à Dieu.

Les religieux ont une façon bien particulière de se convertir à Dieu. En vivant ensemble, dans une institution donc, à la suite d’un fondateur, parce qu’ils ont été touchés par les mêmes paroles évangéliques que lui. Ils vont les comprendre et les mettre en œuvre à leur manière à eux, en inventant d’autres modes parce que les temps sont différents. Devenus disciples, ce dont ils témoignent, c’est le fait qu’on ne trouve pas Dieu tout seul.

« La crise n’est pas celle du croire, mais du croire ensemble (…) En acceptant de vivre en communauté, ils choisissent aussi une manière singulière d’accéder à Dieu. Contrairement à ce que l’on pense souvent, un tel chemin rend plus fragile qu’il ne sécurise. Abandonner les masques dérisoires, renoncer à la satisfaction immédiate de faire du bien et surtout ne pas vouloir réduire l’autre au même (…) Pas d’autre manière d’être frères que de vivre en frères. »

Disciples, ils deviennent apôtres avec l’Église tout entière, de l’hospitalité, de l’universel et donc de ceux qui sont loin

Enfin, la communauté n’est pas une fin en soi. Elle est là pour permettre à d’autres, à tous les autres de se poser la question de Dieu. Disciples, ils deviennent apôtres avec l’Église tout entière, à l’intérieur de laquelle ils porteront particulièrement le sens de l’hospitalité, de l’universel et donc de ceux qui sont loin, de celles et de ceux qui ont toutes les raisons de croire que Dieu les oublie. Il y a sur ce point tant à inventer avec eux, qu’ils soient ou non croyants, ou croyants autrement. Notre foi elle-même s’en trouve transformée.

« L’Église ne se définit pas seulement par un lieu, mais par la puissance de communion et par son mouvement vers l’autre (…) Le Dieu de l’histoire se révèle à qui ose risquer sa vie à la suite du Christ pour créer l’histoire avec lui. »

Gérard Marle fc

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