Carlo Acutis et Pier Giorgio Frassati : deux amies racontent la canonisation à Rome
Le 7 septembre 2025, place Saint-Pierre, Carlo Acutis et Pier Giorgio Frassati ont été proclamés saints. Dans la foule, deux amies d’enfance : Patricia, professeur d’EPS venue de Toulouse et Céline, engagée dans le scoutisme, arrivée de Nantes. Un même week-end, deux regards. Voici leurs témoignages.
Carlo Acutis et Pier Giorgio Frassati : des canonisations reportées
La canonisation de Carlo Acutis était prévue le 27 avril 2025 pendant le Jubilé des adolescents et celle de Pier Giorgio Frassati le 3 août, lors du Jubilé des jeunes. Le décès du pape François le 21 avril a suspendu ces projets. Le 13 juin 2025, le pape Léon XIV a fixé une date commune : le 7 septembre 2025.
Depuis saint Carlo Acutis est fêté le 12 octobre et saint Pier Giorgio Frassati le 4 juillet, jours anniversaires de leur mort.
“Et si je venais avec toi ?” : le départ pour Rome
Céline : “Tout est parti d’un de ces petits déjeuners d’été que l’on savoure sans se presser. Ce matin-là, Patricia, ma meilleure amie, ma sœur de cœur, me parle de son projet de se rendre à Rome début septembre pour les canonisations de Pier Giorgio Frassati et Carlo Acutis. Elle avait déjà ses billets d’avion, réservé une chambre pour deux, mais regrettait qu’aucune de ses amies toulousaines ne puisse l’accompagner. Je lui demande les dates, consulte les vols et vois qu’ils sont encore accessibles. Et, spontanément, je lui lance : “Et si je venais avec toi ?””.
Patricia : “Je garderai toujours gravée en moi la joie profonde et le précieux cadeau d’avoir vécu ce week-end inoubliable à Rome avec Céline, mon amie depuis 45 ans. Depuis nos trois ans, nous avons partagé tant d’aventures.”
Comment Patricia a découvert Carlo Acutis et Pier Giorgio Frassati
Patricia : “J’ai rencontré Carlo Acutis grâce à son “Kit de la Sainteté” qu’il a rédigé à destination des enfants catéchisés. Ce jeune est souriant, curieux de Dieu, fidèle à l’Eucharistie, engagé en famille, généreux avec les pauvres et proche des enjeux des jeunes. Il est aussi le premier saint à avoir un mail et le créateur d’un site internet sur les miracles eucharistiques.”
“J’ai découvert Pier Giorgio Frassati à travers un ami Clément Giraud, décédé comme lui à 24 ans. Un pèlerinage à Turin m’a permis d’approfondir sa vie grâce à un échange avec sa nièce. Sportif, priant, proche des pauvres et des malades, engagé et joyeux, il reste pour moi un modèle : “l’homme des 8 Béatitudes”, membre du tiers-ordre dominicain, guidé par la devise “Verso l’alto !”.”
48 heures à Rome : veillée, rencontres et Poste Vaticane
Céline : “C’est donc avec une joie particulière que nous nous sommes retrouvées le 5 septembre sur la place Saint-Pierre : Patricia arrivant de Toulouse, moi de Nantes. Ces 48 heures furent tout autant une parenthèse incroyable dans la Ville Éternelle, ponctuée par les visites de lieux emblématiques et de douceurs italiennes qu’un vrai pèlerinage avec le passage de deux portes saintes en cette année jubilaire.”
“Le samedi soir, nous avons participé à une messe puis à une veillée de prières en présence d’une relique de Carlo Acutis.”
Patricia : “Je n’oublierai jamais le temps de prière et des témoignages des miracles la veille des canonisations, l’excitation grandissante pour rejoindre la place Saint-Pierre, ni l’effervescence à la Poste Vaticane pour obtenir les timbres des nouveaux saints avec le tampon du premier jour. Ce sont les rencontres qui m’ont touchée le plus : l’association française qui nous a présenté Carlo, la famille présente aux obsèques du pape François et qui est revenue pour Carlo, un échange avec de jeunes Dominicains français heureux de relier Toulouse et Rome, et des jeunes venus en dernière minute dont deux catéchumènes, un bel élan de foi.”
Place Saint-Pierre : une foule acquise à Carlo Acutis
Céline : “Il est vrai que la foule de pèlerins présents semblait plutôt acquise à Carlo. Le premier saint du 3e millénaire, un jeune garçon inspirant et dont les parents étaient eux-mêmes présents ! Mais l’Esprit Saint est bon et donne à notre temps comme modèles deux jeunes hommes joyeux, empreints d’une grande charité et qui ont su l’un à travers le sport, l’autre, l’informatique, trouver des médias adaptés pour toucher nos jeunes en quête de sens dans leur vie.”
Patricia : “Dans les rues et les échanges, Carlo Acutis semblait plus présent que Pier Giorgio Frassati. Comme lors des canonisations des deux papes en 2014, où Jean-Paul II avait une place particulière par rapport à son prédécesseur. En tant que jumelle, je sais que cela n’enlève rien à la richesse unique de chacun. L’amour de Dieu, lui, est infini et personnel, porté à chacun singulièrement.”
Deux saints, des repères pour aujourd’hui
Patricia : “Je suis profondément reconnaissante pour ce que ces nouveaux saints du calendrier ont offert à l’Église. Ils sont des phares vers l’Éternité, des repères dans les doutes et les difficultés. Leur vie montre qu’avec Dieu, même à une petite échelle en apparence, tout peut prendre une dimension divine.”
Céline : “Engagée localement dans le scoutisme, je portais aussi dans mes prières à Rome les groupes et patrouilles de guides et de scouts qui avaient choisi comme protecteurs Pier Giorgio Frassati et Carlo Acutis.”
“Alors, parfois sans trop savoir, il est une petite voix qu’il nous faut écouter, celle qui te dit : “VA et DEVIENS”. “
Patricia Sanyas et Céline Cottenceau.
(Texte publié en partie dans la Revue chantiers n°228 décembre 2025)

0 commentaires