Vie Consacrée : témoignage d’Ignace Pemba fc

3 Mar 2015 | Vie religieuse | 0 commentaires

Auteur de l'article : Ignace Pemba fc
Crédit photos : CEF

Vie Consacrée : témoignage d’Ignace Pemba fc

Une intense soif

Le Père Ignace Pemba fc a fait profession religieuse chez les Fils de la Charité le 6 juillet 1996. Congolais il a travaillé à Brazzaville et à Abidjan (Côte d’Ivoire). Depuis 7 ans, il est Responsable de Branche.  Actuellement à Brazzaville, il est Curé de la Paroisse N’dunzia Mpungu de Mfilou,  Coordinateur de l’école Michel Gobin et chargé des vocations.

J’étais âgé de plus d’une vingtaine d’année et ma vie avait été profondément bouleversée par quelques événements dans ma famille et dans le monde. Je priais, jeûnais, me mortifiais… J’avais soif, toujours soif et encore soif de je ne sais quoi. Je ne parvenais jamais à étancher cette soif. J’étais à la recherche de quelque chose, de quelque chose qui me manquait, que je ne connaissais pas et que je ne pouvais ni identifier, ni nommer. J’étais incapable de dire, d’expliquer avec mes mots, ce que je vivais et ressentais.

Quelqu’un m’avait parlé de Dieu. J’ai commencé à le chercher, à me familiariser avec sa Parole, à fréquenter l’église. Inscrit dans un mouvement de jeunes, je participais tous les matins à l’Eucharistie. J’étais assidu à la prière. Tous les soirs, je me rendais à la grotte. Je demandais à la Très Sainte Vierge Marie de dire à son Fils que «je l’aimais, je voulais être son ami, son meilleur ami». Je sentais une énorme envie, une intense soif. Mon cœur brûlait et je ne m’arrêtais pas de prier. Je priais à haute voix et souvent en pleurant pour que Jésus et Marie m’écoutent, m’entendent. Je leur parlais comme à des amis. Je me sentais chaque fois mieux.

J’avais parlé de ce que je vivais et ressentais à un oncle qui m’avait dit avec assurance: «ce que tu vis et ressens veut dire que tu veux devenir prêtre». Je l’entendais pour la première fois. Je voyais le prêtre mais je ne savais pas ce qu’il était et ce que cela pouvait véritablement signifier. Du moins sa réponse avait illuminé ma vie. Par la suite, il m’avait conduit voir un jeune religieux Fils de la Charité qu’il connaissait. Celui-ci m’avait parlé de sa propre vocation, de l’institut des Fils de la Charité et de son Fondateur le Père Jean Emile Anizan. Ce que je voulais vivre et faire correspondaient bien à ce qu’il m’avait dit. J’ai commencé à le fréquenter puis je suis devenu aspirant. Je connaissais maintenant ce que je désirais. Cependant le plus dur restait de le signifier à mes parents. Je redoutais particulièrement mon père.

Ce jour là, plein d’audace, j’avais osé affronter mes parents. « Papa et maman, je veux rentrer dans la congrégation des Fils de la Charité pour donner et consacrer ma vie à Dieu. Je veux devenir prêtre…» Le regard grave et furieux de mon père comme pour marquer son désaccord et celui de ma mère tendre et apaisé comme pour me rassurer m’ont fait retenir ces paroles:

«Si c’est Dieu qui t’appelle à le suivre, à le servir, nous ne pourrons pas nous y opposer, moins encore t’en empêcher». Vœux d’obéissance.
«Quand tu seras malade, vieux, sans femme ni enfants qui, s’occupera de toi?» Vœux de chasteté.
«Regarde le prêtre blanc qui nous visite, malgré qu’il a une voiture, il porte presque toujours la même chemise, les mêmes vêtements.» Vœux de pauvreté.

Ignace Pemba

Aujourd’hui, je suis Religieux-Prêtre consacré à Dieu dans la famille des Fils de la Charité. Je vis une vie donnée à Dieu comme Pasteur et Apôtre du peuple, des travailleurs, des petits et des démunis dans les quartiers et paroisses pauvres et populaires. Consacré pour mieux suivre et imiter Jésus Christ mon divin maître, je me sens heureux, épanoui et utile. C’est pourquoi je ne cesse, depuis ma consécration, ma première profession religieuse, de dire et de répéter: «J’ai besoin d’aimer, de servir, de vivre pauvre et chaste, de vouloir souffrir et mourir pour la justice et la paix dans le monde des plus pauvres, des petits, des démunis et des travailleurs…»

Issy-les-Moulineaux, le 2 février 2015 (Journée de la vie consacrée)

Ignace Pemba fc
Fils de la Charité

Voir aussi :

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Hommage au père Eric Récopé fc (19/03/45–dans la nuit du 15 au 16 octobre 2026)

Le père Eric Récopé de Tilly Blaru fc est décédé à Paris dans la nuit du 15 au 16 octobre 2026 à l’age de 81 ans.

Prendre le positif de la vie, même dans les galères

Marie-Juliette raconte son père prisonnier de guerre, son enfance de gauchère contrariée et comment prendre le positif de la vie face aux épreuves.

Vieillir dans la foi : chaque jour mène à Dieu

Vieillir dans la foi, entre isolement et dépouillement : Bernard invite à faire de chaque jour un chemin vers Dieu, à l’exemple de Nazareth.

Accompagner des souffrances par Françoise Niessen

Accompagner des souffrances : Françoise Niessen éclaire la souffrance, la fin de vie et l’art d’accompagner.

Saint Carlo Acutis à Romariz : une statue et une relique pour la jeunesse

Le 4 octobre 2026, la paroisse de Romariz a accueilli la statue et une relique de saint Carlo Acutis. Flávio Alvés fc nous explique pourquoi.

Ouverture d’une Annexe paroissiale à Vindoulou-Obambi en République du Congo

L’Annexe paroissiale Sainte Faustine ouvre le dimanche 25 octobre 2026 à Vindoulou-Obambi en République du Congo, lors d’une messe à 8 heures.

Bogotá : le Festival Anizan fait vivre le charisme au cœur d’un quartier populaire

A Bogotá, le Festival Anizan rassemble jeunes et habitants autour de la figure du père Anizan, de la foi, du service et de la fraternité.

Un siècle plus tard, le pèlerinage des Auxiliatrices de la Charité refait le chemin des origines

Les Auxiliatrices de la Charité ont fait un pélerinage en trois étapes pour revivre les origines de la congrégation, cent ans après sa fondation.

Adieu ma Russie : Nicolas Werth, un historien face à la Russie de Poutine

Adieu ma Russie : l’historien Nicolas Werth mêle son histoire familiale à celle de l’URSS dans un livre testament, publié aux Belles Lettres.

Veillée du pape Léon au Stade de France : témoignage de Margaux

Margaux témoigne de la veillée du pape Léon XIV au Stade de France : 80 000 jeunes, chants, procession des saints et message fort.

Share This