Les attentats terroristes de “Charlie Hebdo” vus du Brésil

13 Jan 2015 | Pastorale | 0 commentaires

Auteur de l'article : Michel Lemarchand fc
Crédit photos : Michel Lemarchand fc

Les attentats terroristes de “Charlie Hebdo” vus du Brésil

Ici au Brésil, les médias ont largement retransmis les informations qui nous venaient de France. L’invasion, puis les assassinats ciblés dans les locaux du journal “Charlie Hebdo” ont choqué l’opinion. Les Journaux Télévisés ont accompagné les évènements des attentats terroristes, y compris interrompant leur propre programmation, afin que les gens puissent suivre, pas à pas, l’évolution de la situation.

La réaction des gens de la rue est différente de celle des journalistes

La réaction aux évènements a d’abord été celle des journalistes. Ils ont jugé les faits, avant tout, comme une atteinte à la liberté d’expression. On les comprend. Reste pourtant à savoir ce qui est information et ce qui serait provocation… Certains, d’ailleurs, lors de commentaires sur les évènements, posaient la question : jusqu’où peut aller cette “liberté”?

Quant aux gens de nos quartiers, ils ont été choqués, non pas tout d’abord par l’annonce de nombreux morts car, malheureusement, la violence, ici au Brésil, est journalière, mais par les dessins publiés par “Charlie Hebdo”, et largement reproduits dans les journaux et sur les écrans de télévision : L’Eucharistie, le Pape, la Vierge, les évêques en attitudes scandaleuses… Les gens se sont sentis blessés par cette atteinte à ce qui leur est cher et vital. Ils ont des références sur lesquelles ils appuient leur vie et comprennent que si ces appuis sont ridiculisés, la blessure puisse engendrer la violence.

Certaines attitudes, ou certaines images choquent les consciences

Ceci me rappelle un évènement qui s’est produit il y a quelques années : un pasteur d’une église « évangélique » eut l’idée, lors de sa prédication télévisée, de placer près de lui une petite statue de la Vierge « Aparecida » (patronne du Brésil). A un certain moment de son allocution, fustigeant « les idolâtres qui rendent un culte à Marie », il donna un coup de pied dans la statue, laquelle tombât, lamentablement…
Ce fait, reproduit sur les chaînes de télévision, choqua profondément les gens. Il devint un évènement national. Il y eut des demandes de pardon, y compris d’autres confessions protestantes.

En France, à partir de quoi construire l’unité ?

En France, beaucoup semblent avoir du mal à percevoir ce qui se passe. Ils ont perdu leurs repères parce qu’ils ont perdu leurs racines. Ils n’ont plus d’idéal et donc rien à défendre, sinon leur confort et leur sécurité. La dérision ne les choque pas. Elle peut même les faire rire et vendre des journaux. Ils ne perçoivent pas que leur attitude puisse blesser des personnes qui fondent leur vie sur des valeurs, un idéal, une foi.
Le risque aujourd’hui serait de vouloir construire l’unité à partir de la peur et de l’exclusion de ceux qui questionnent et qui gênent. Or l’unité ne se fera pas sur des réflexes suscités par la peur mais sur des projets, eux-mêmes basés sur des valeurs, mais, quelles valeurs ?

Retrouver les racines dont on est issus

Notre pape François a insisté, lors d’un de ses derniers discours, sur la nécessité de retrouver les racines chrétiennes qui ont modelé le continent européen. L’Europe a coupé ses racines. Les “illuminés” sont morts et leurs messages d’alors révèlent aujourd’hui leurs limites. L’Europe est en crise morale, spirituelle et politique. Elle est devenue très fragile et se trouve à la merci de grandes tempêtes. L’une d’elles peut être le fondamentalisme (Pape François). Un grand vide s’est installé et d’autres, venus d’ailleurs, proposeront de le remplir.

Michel Lemarchand fc

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