Le pansement Schubert par Claire Oppert

18 Jan 2024 | Livre coup de cœur | 0 commentaires

Auteur de l'article : Marie-Christine
Crédit photos : Editions Points Vivre

Le pansement Schubert par Claire Oppert

La violoncelliste Claire Oppert apaise une patiente en Ehpad

Ce jour d’avril 2012, dans un Ehpad d’Ile-de-France, voyant Mme Kessler, atteinte de démence, hurler et se débattre violemment alors que les infirmières tentent de lui faire un pansement, la violoncelliste Claire Oppert, sans réfléchir s’assied et joue le thème de l’andante du Trio op. 100 de Schubert. Miraculeusement la patiente s’apaise en quelques secondes, le calme revient et une infirmière s’exclame « Il faudra revenir pour le pansement Schubert ! »

La musique vivante diminue la douleur

Ce livre est le récit heureux de rencontres et d’expériences bouleversantes, où « la musique se tient tel un rempart devant l’absurde, la maladie et la mort, pour tenter de rejoindre ‘la chose en-dessous’ qui résiste. La sous-terre. » Concertiste, enseignante, Claire Oppert se forme à l’art-thérapie, elle joue pour les personnes en fin de vie, les malades douloureux, les autistes ou ceux que l’on nomme les déments. Pendant cinq ans elle participe avec une équipe de soignants à une étude clinique qui montre que la musique vivante diminue la douleur. Entrée dans le monde du soin, elle s’y sent à sa juste place.

Claire Oppert raconte ses rencontres uniques

Musicienne accomplie, d’une profonde empathie, « une clarté chevillée au cœur », elle sait presque d’instinct quelle musique lui permettra d’entrer en relation avec chaque personne rencontrée. Confiance et gratitude sont le soubassement de sa vie. Avec un grand respect, une écriture délicate et empreinte de poésie, la violoncelliste raconte ses rencontres uniques.

Paul communique pour la première fois grâce à Bach

Parmi elles, Paul, autiste de 15 ans, il n’a jamais parlé, son visage est ravagé d’angoisse. Claire Oppert prend le temps de le laisser s’approcher d’elle, n’a pas peur de le laisser toucher son instrument ; à force de patience, lorsqu’elle commence à jouer le prélude de la 1e suite de Bach, il s’arrête de pleurer, un sourire vient illuminer son visage. Quelques semaines plus tard, il arrivera même à planter son regard dans le sien, lui qui ne l’avait jamais regardée en face. Il communique pour la première fois.

Une caresse invisible

Dans l’Ehpad les « sons-amis » du violoncelle apaisent, appellent les souvenirs enfouis au fond de mémoires défaillantes, agissent comme une caresse invisible auprès des patients, des soignants et des familles.

Une musique qui monte jusqu’au soleil

La musique vivante relie, elle est comme une porte de sortie de la souffrance, un éclat de vie transformateur, elle ouvre les cœurs, elle est chemin de délivrance de la parole pour certains. « C’est l’âme que ça touche et la douleur s’envole » lui dit M. Roy quand ses soins si douloureux sont « passés comme une lettre à la poste, dis donc ». M. Koumba, lui, se sent soulevé au-dessus de sa maladie : « quand vous jouez je ne suis plus malade. Je sens en moi la joie et la vie. » Il y a aussi l’ancienne dompteuse de lions dont la vie ressemble à un roman noir et qui lui demande de jouer « une musique qui monte jusqu’au soleil ». La musicienne se lance alors dans une folle ascension dans les aigus : « Merci pour le soleil ! Putain… Là-haut dans la lumière j’me sens quelqu’un ! »
Claire Oppert ne craint pas d’élargir son répertoire, elle joue même du rap avec ce jeune de 20 ans dont la douleur est insupportable. Et le voilà qui danse dans son lit au rythme saccadé de la musique et sa bande de copains rigole autour de lui. Et tant d’autres rencontres.

Un voyage jusqu’au plus profond de l’âme

L’émotion étreint le lecteur, et l’émerveillement aussi, devant l’apaisement qu’apportent les vibrations chaudes du violoncelle. Une bouleversante leçon d’humanité et de confiance en la vie, un voyage jusqu’au plus profond de l’âme, là où tout n’est que paix.

Marie-Christine

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