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Gérard SIMON
5/12/1933 – 9/11/2021

Gérard, Marc SIMON est né le 5 décembre 1933 à Saint-Servan-sur-Mer en Ille-et-Vilaine non loin de la cité corsaire de Saint-Malo. Son père se prénommait Marc et sa mère s’appelait Jeanne Bricout. Gérard avait un frère Hervé et une sœur Madeleine. Il fut ondoyé le 8 décembre 1933 puis baptisé le 10 juillet 1934. Il fit sa confirmation le 22 mai 1947 en l’église de Saint-Servan. Dès sa jeunesse, selon le témoignage de ceux qui l’ont connu, au petit séminaire à Saint-Malo comme au grand séminaire de Rennes, Gérard était apprécié pour son dynamisme et son humilité.

Discernement et vie religieuse

En entendant l’appel de Dieu à suivre Jésus-Christ, il avait pris le temps de la réflexion et du discernement avant d’entrer dans la congrégation des Fils de la Charité. De nombreux échanges de lettres avec le Père Boidin puis le Père Meurice des Fils de la Charité en témoignent. Voulant entrer dans un ordre missionnaire il hésitait entre les Fils de la Charité et les Frères Missionnaires des Campagnes.

Après son postulat, il entra au noviciat le 8 septembre 1957 à Bellevue et fit sa profession religieuse de vœux temporaires le 18 septembre 1958. Il prononça ses vœux perpétuels le 23 juin 1961, puis ordonné diacre le 29 juin et prêtre le 8 octobre de cette même année.

Portrait de Gérard Simon fc en formation

© Archives des Fils de la Charité

Argenteuil, Rouen et Abidjan

Il a commencé son ministère de prêtre à Argenteuil à la paroisse Notre Dame de Lourdes en région parisienne puis en 1969 il servit comme vicaire à la paroisse du Sacré-Cœur à Rouen jusqu’en 1973.

Cette année-là Gérard fut envoyé par les responsables de la congrégation en Afrique à Saint-Antoine-de-Padoue-du-Port d’Abidjan. Il était aumônier JOC, tout en travaillant à mi-temps au service du Centre de Recherche Océanographique (CRO), sur l’étude des thons capturés par les thoniers français et espagnols. Son équipe était chargée de mesurer les poissons pour renseigner les chercheurs qui suivaient l’évolution de cette ressource halieutique dans le Golfe de Guinée. Breton de Saint-Malo/Saint-Servan il savait se faire apprécier des marins pécheurs venus de Concarneau jusqu’en Côte d’Ivoire.
Gérard a aussi lancé le Mouvement Chrétien des Travailleurs dont le premier responsable Pierre Kouame est devenu quelques années plus tard permanent international de ce mouvement à Bruxelles.

Puis à Brazzaville

En 1988 Gérard arrivait à Brazzaville en République du Congo avec pour mission de prendre en charge une nouvelle paroisse où les Fils pourraient établir une maison de formation pour les scolastiques étudiants au Grand Séminaire Emile Biayenda. Gérard fut donc le premier Fils de la Charité curé de la paroisse Ndounzia Mpoungou du Saint-Esprit, encore aujourd’hui sous la responsabilité des Fils de la Charité. C’est là qu’avec Michel Gobin fc il aida à encadrer les premières générations de Fils Africains. C’est là aussi que quelques années plus tard, répondant à l’appel de parents il participa à la création du Complexe scolaire Michel Gobin où aujourd’hui sont formés 1 250 enfants et lycéens.

Visite de Gérard Simon au Complexe scolaire Michel Gobin, juin 2010, crédit : Jean-Fulbert Malanda

Visite de Gérard au Complexe scolaire Michel Gobin, juin 2010.  Crédit : Jean-Fulbert Malanda fc

Brazzaville et Pointe Noire de 1987 à 2003

Deux frères témoignent :

« Gérard fut l’ami des pauvres et il se faisait inviter chez eux. Chaque soir, avant de dormir, on faisait le compte rendu de la journée. Dévoué aux pauvres, il allait même jusqu’à faire leurs courses, et les aidait soit pour l’obtention d’un papier, soit pour les études de leurs enfants. Quand nous étions ensemble à Pointe Noire, puis à Brazzaville, durant la crise due aux guerres successives qui avaient créé la famine, chaque mois, on achetait deux sacs de riz : un pour nous et un pour les pauvres. Gérard n’était pas dépensier, mais plutôt rigoureux dans la comptabilité. Il savait se montrer sensible aux autres Fils Africains, surtout à leurs familles. Ainsi, il s’était occupé totalement de la maladie de la maman de Jean-Omer Bazonzela fc . » Témoignage de David Mboloko fc (qui fut vicaire de Gérard à Pointe Noire puis à Brazzaville, entre 1996 et 2003)

Témoignage d’Emmanuel Say fc, Supérieur général qui a connu Gérard durant sa période en Côte d’Ivoire :

« Gérard, l’Africain, voilà l’image singulière et sympathique que nous gardons de lui. Tant il s’est dépouillé de lui-même, laissant de côté toute condescendance, pour se mettre au niveau de gens de nos quartiers en Afrique, pour se faire l’ami des petits et gens malfamés. Nous disions même, pour mieux le rapprocher de nous, que sa mère l’aurait conçu en Afrique, où son père était alors administrateur pour le mettre au monde ensuite en France . »

Visite de Gérard Simon à Brazzaville, juin 2010. Crédit Jean-Fulbert Malanda fc

Visite de Gérard Simon à Brazzaville, juin 2010. Crédit Jean-Fulbert Malanda fc

"Tata Gérard"

Nous sommes nombreux également en France à avoir bénéficié de l’écoute de Gérard, de son attention, de ses conseils. Nos jeunes frères d’Afrique le saluent respectueusement. Pour beaucoup, son nom est prononcé avec vénération, comme on le fait pour un père : on l’appelle « Tata Gérard », « et c’était vraiment un père pour tous ! ».

Témoignage de Jean-Fulbert Malanda fc :

« Gérard tu étais un homme de foi qui a impacté la vie de beaucoup de Congolais. Ton témoignage dans l’Église du Congo continue à résonner. Ici, à Pointe Noire, ceux et celles qui ont été formés chez les Bilingués ya Mwinda (Jeunes de Lumière) te demandent souvent. De même à la paroisse Saint-Augustin-de-Tchignambi dont tu as été le premier curé. Une chrétienne devenue responsable à la Caritas diocésaine de Pointe Noire me disait : « Je suis la fille de tata Gérard Simon, c’est lui qui m’a formée à Caritas ». Et la liste est longue. Pour ma part, Tata Gérard, c’est un véritable frère de foi qui m’a transmis la spiritualité de la simplicité et de la proximité avec les travailleurs ».

La Chapelle-Saint-Luc, Lourdes, La Rochelle, Valenciennes

En 2003, après trente années passées au service des peuples de deux pays d’Afrique, Gérard revint en France à la Chapelle-Saint-Luc dans le Diocèse de Troyes.

Puis ce fut l’aumônerie de la Cité Saint-Pierre du Secours Catholique à Lourdes de 2010 à 2017, les paroisses de La Rochelle ouest jusqu’en 2020 et enfin Valenciennes.

« Je garde de Gérard le souvenir d’un frère toujours souriant et accueillant, très à l’écoute. Je garde l’image de quelqu’un de paisible, proche des gens, très calme, bon. La dernière fois que je l’ai vu c’est à Lourdes au cours d’une rencontre nationale de l’ACF. Il nous avait fait visiter la Cité du Secours par un très beau soleil et avait partagé un repas avec nous. »

Départ de La Rochelle, juin 2020, crédit Jean-Michel Rapaud fc

Départ de La Rochelle, juin 2020. Crédit : Jean-Michel Rapaud fc

Une vie à aimer les pauvres

A Valenciennes Gérard venait de fêter ses 60 ans d’ordination le dimanche 26 septembre.

Et les 6, 7 et 8 octobre dernier il avait célébré avec Philippe Bradel fc, Roger Mimiague fc et Pépé Rodier fc leurs 60 ans de sacerdoce.

Gérard avait préparé dans les détails ces trois journées de relecture de leurs vies comme Fils du Père Anizan.

Il avait préparé un dossier pour chacun, il avait même retrouvé des photos de leurs ordinations !

Ainsi avec eux trois il donnait le témoignage de l’accomplissement de leur vie de Fils de la Charité.

Equipe de Valenciennes en septembre 2020 : René Lelièvre, Gérard Simon, Frédéric Tonquédec, Bernard Deshoulières crédit : Florence Krasowski

René Lelièvre, Gérard Simon, Frédéric Tonquédec, Bernard Deshoulières, en septembre 2020. Crédit : Florence Krasowski

« Gérard était un bon frère d’équipe, agréable à vivre, très disponible pour les tâches, de toutes sortes, pastorales, matérielle, etc… toujours prêt à rendre service. Il vivait simplement, se contentait de peu . » Témoignage de Louis Guiot fc

« Gérard avait la particularité d’aimer beaucoup les chiffres dont les maths et ne rechignait pas à tenir la caisse d’équipe. Mais c’est aussi à partir de là qu’il pouvait déployer son humour très spécifique. Ainsi, lors de veillées festives à la Cité Saint-Pierre, il n’hésitait pas à embarquer les présents dans des calculs «abracada-brantesques» qu’il résolvait instantanément comme un prestidigitateur sous les acclamations de tous . » Témoignage d’Eric Récopé fc

C’était aussi un amoureux des fleurs et il fleurissait le cloître de la Cité Saint-Pierre et ses abords. Activité qu’il a poursuivie à La Rochelle aux côté son frère Yves pour les légumes et pour Bernard, René et Frédéric à Valenciennes.

Pour ce jardinier du bonheur, rendons grâce à Dieu :

« Gérard, tu m’as appris comment aimer les pauvres. C’est ce que j’ai fait à Abidjan avec les veuves. A Brazzaville, avec les Mafwaou, et maintenant, ici, dans notre doyenné Saint-Marc de Kinshasa. Merci Gérard pour cette flamme que tu m’as communiquée : la joie de travailler avec et pour les pauvres . » Témoignage de David Mboloko fc

A Dieu Gérard,

et en Dieu si Dieu le veut, nous te reverrons et nous nous réjouirons… tu vois ce que je veux dire 😉

Jean-Michel Rapaud fc, responsable de France, avec tous ceux qui ont envoyés un témoignage

Gérard Simon à Lourdes, janvier 2011 Crédit Jean Guellerin fc

Gérard Simon à Lourdes, janvier 2011. Crédit Jean Guellerin fc

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