La fête du Sacré-Cœur rappelle aux Fils de la Charité leur identité profonde
Pourquoi la fête du Sacré-Cœur de Jésus est-elle si importante pour les Fils de la Charité ? Dans une lettre adressée « à tous les Fils de la Charité » en mai 1992, Michel Retailleau fc Supérieur général d’alors, rappelle que cette fête n’est pas seulement une tradition spirituelle, mais « le lieu de notre naissance ». À travers une relecture historique et spirituelle, le père Michel montre comment le cœur du Christ éclaire la vocation des Fils de la Charité, leur mission auprès du monde ouvrier et populaire et leur manière d’aimer, de servir et d’espérer.
Une fête au cœur de l’identité des Fils de la Charité
Michel Retailleau fc rappelle que la fête du Sacré-Cœur de Jésus n’est « pas d’abord une date » (Solennité de l’Église catholique célébrée le 3ème vendredi après la Pentecôte) mais « le Cœur de Jésus ».
Pour les Fils de la Charité, la fête du Sacré-Cœur de Jésus est beaucoup plus qu’une fête patronale. Michel Retailleau écrit qu’elle est « le lieu exact de notre naissance : le Cœur de Jésus ». Dès les premiers vœux religieux des premiers Fils de la Charité, prononcés en 1920 dans les mains du père Anizan, cette dévotion apparaît comme un élément fondateur de l’Institut. Les premières Constitutions inscrivent cette fête privilégiée dans le calendrier des communautés.
Le père Anizan voyait dans le Sacré-Cœur « le type de notre vocation ». Pour lui, le cœur du Christ n’est pas une dévotion sentimentale, mais une manière de vivre l’Évangile au milieu des pauvres et des travailleurs. Il rappelle que Jésus « brûlait encore de zèle pour le salut des âmes et d’amour pour les pauvres ». La fête du Sacré-Cœur devient ainsi une source spirituelle pour comprendre la mission des Fils de la Charité.
Une fête tournée vers les pauvres
Le texte insiste fortement : il ne s’agit pas de « n’importe quelle fête ». Le père Anizan refuse une vision réduite du Sacré-Cœur faite de « sentimentalité », de « dolorisme » ou de « mièvrerie ». Au contraire, cette spiritualité conduit vers les plus pauvres. Le Christ au cœur transpercé révèle un amour concret pour les ouvriers, les familles blessées et les exclus.
Le père Michel rappelle que l’Institut est né dans une époque marquée par la misère ouvrière. Les Fils de la Charité ont voulu répondre à cette souffrance par une présence fraternelle et missionnaire. Le Sacré-Cœur devient alors une manière d’aimer : aimer jusqu’au bout, aimer malgré les blessures, aimer dans la fidélité quotidienne.
Un Institut né dans le cœur du Christ
Le document explique que le père Anizan a profondément vécu cette spiritualité dans les épreuves. Pendant la Retraite de Metterjach (Slovénie), il traverse une expérience de nuit intérieure et de dépossession. Pourtant, au cœur de cette souffrance, grandit une union plus forte avec le Christ crucifié. Cette union au Christ pousse le fondateur à donner toute sa vie pour la mission :
« Je me suis mis pendant la messe à Jésus sur la croix. J’ai uni à sa Passion les croix que je porte en ce moment et avec lui toute la messe s’est passée à pousser le Miserere (Psaume 50) de ces pauvres foules et à m’offrir pour aller à elles, prier, souffrir et agir pour elles »
Cette expérience spirituelle devient fondatrice pour les Fils de la Charité. Leur vocation consiste à « évangéliser les pauvres » avec « les amis de la joie et de l’espérance ». Michel Retailleau fc souligne que la mission ne peut pas se vivre dans la tristesse ou le découragement. Les pauvres attendent des témoins d’espérance capables de partager leurs combats et leurs joies.
Une spiritualité de compassion et d’espérance
Le cœur du Christ pousse aussi à rejoindre « les hommes crucifiés » d’aujourd’hui. Michel Retailleau fc évoque les souffrances sociales, les exclusions, les blessures humaines et spirituelles qui marquent les quartiers populaires. Les Fils de la Charité sont appelés à ne pas fuir cette réalité mais à la porter avec compassion.
Cette spiritualité conduit à une présence simple et fraternelle. Le texte parle d’« amour pastoral », de proximité, de fidélité et d’inventivité missionnaire. Le cœur du Christ devient la source d’un engagement concret auprès des familles, des jeunes, des travailleurs et des plus fragiles.
Pourquoi cette fête est-elle si importante pour les Fils de la Charité ?
La fête du Sacré-Cœur rappelle aux Fils de la Charité leur identité profonde. Elle leur permet de revenir à leurs racines spirituelles et missionnaires. Michel Retailleau fc écrit que cette fête aide à « retrouver la mémoire », à relire l’histoire de l’Institut et à renouveler l’élan missionnaire.
Elle rappelle aussi que leur mission ne repose pas seulement sur des projets ou des organisations, mais sur une relation vivante avec le Christ. Le cœur de Jésus demeure la source de leur manière d’aimer, de servir et d’espérer.
Une fête tournée vers l’avenir
Dans sa conclusion, Michel Retailleau fc invite les Fils de la Charité à célébrer cette fête comme un retour aux sources. Le Sacré-Cœur n’est pas seulement un souvenir du passé : il demeure « le lieu de notre naissance ». En contemplant le cœur du Christ, les Fils de la Charité redécouvrent leur vocation : vivre l’Évangile au milieu du peuple, partager les joies et les blessures des plus pauvres, et témoigner d’une espérance plus forte que toutes les détresses.
Le document se termine par plusieurs suggestions concrètes pour célébrer cette fête : temps de prière, renouvellement des vœux religieux, révision de vie communautaire et partage avec les paroissiens afin de leur faire découvrir « notre mystique ouvrière » et « l’amour pastoral du Christ pour les travailleurs et les pauvres ».
Le Sacré-Cœur au fil des années
Depuis plusieurs années, la fête du Sacré-Cœur de Jésus, fête patronale des Fils de la Charité, donne lieu à des rendez-vous spirituels, culturels et fraternels variés vécus en Famille Spirituelle Anizan, composée des Sœurs Auxiliatrices de la Charité, des Fils de la Charité et de la Fraternité Anizan.
En 2026 à Issy-les-Moulineaux, les participants découvriront le seul-en-scène L’homme qui marche, inspiré d’un texte de Christian Bobin par Jacques Langlet, omi. L’année précédente, en 2025, Francesco Agnello y proposait un concert de hang solo. En 2024, une table ronde autour du père Jean-Émile Anizan était organisée avec la commission spiritualité. En 2023, le spectacle Du fond des âges, chants sacrés d’Orient de Fanny Perrier-Rochas avait marqué les esprits, tandis qu’en 2022, la pièce Le 5ème Évangile d’Adrien Candiard op était présentée à Issy-les-Moulineaux.
En 2021, à Saint-Ouen, les Fils de la Charité avaient choisi le visionnage du documentaire Lourdes. L’édition 2020 à Saint-Ouen avait malheureusement dû être annulée en raison de la pandémie de Covid-19. En 2019, la célébration prenait une dimension particulière à Saint-Denis-en-France avec la clôture du Centenaire de fondation des Fils de la Charité à la Basilique cathédrale de Saint-Denis. Enfin, en 2018 à Issy-les-Moulineaux, la fête précédait l’ouverture du Chapitre général du Centenaire de fondation des Fils de la Charité.

0 commentaires