Portrait de Pierre THOMAS fc

Départ des Fils de la Charité, de la paroisse Gentilly, en 2014

Pierre Thomas 23/04/1922 – 18/11/2017

 

“Fils de la Charité veut dire “Fils de Dieu qui est Amour” : vous êtes tous dans votre diversité colorée et à part entière “Fils et Filles de Dieu-Amour, le Dieu qui nous aime”. Rayonnez de cet Amour.”

Pierre, novembre 2014

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Pierre Thomas fc, séminariste © Les Fils de la Charité

Originaire de Vendée

Né le 23 avril 1922 à Saint-Martin-des-Noyers, en Vendée, dans le diocèse de Luçon, Pierre fut baptisé le lendemain ; «enfant d’une des plus honorables familles de Vendée » comme l’écrira le P. Félix David, supérieur du grand séminaire de Luçon, le 14 septembre 1943. Pierre avait deux frères et quatre sœurs.
En 1932 le petit Pierre fit sa confirmation. Enfant, il voulait être mécanicien. Il lui fallait d’abord étudier au collège Richelieu de la Roche-sur-Yon puis au petit séminaire. Il a 14 ans quand décéda son père.

L’appel à devenir Fils de la Charité

Ecoutons encore le P. Félix David faire l’éloge de Pierre : “d’une profonde piété et d’une docilité parfaite. Le bon Dieu lui a donné des qualités très riches, d’intelligence et de cœur. Ces quatre années de grand séminaire l’ont classé parmi les premiers de nos élèves, et tous mes confrères vous donneront de lui le témoignage le plus élogieux“.
Lors d’une colonie avec Pierre Thivollier, il entendra l’appel à devenir Fils de la Charité. “La vie religieuse, je n’y avais pas pensé, j’avais pensé être missionnaire… mais je n’avais pas la santé nécessaire”.
Menacé d’être réquisitionné dans le cadre du service du travail obligatoire, obligé de pourvoir au manque de prêtre, président d’études au collège à Fontenay-le-Comte, Pierre ne rejoindra le noviciat des Fils de la Charité que le 16 septembre 1946. Il fit sa profession religieuse le 7 octobre 1947 puis trois ans plus tard, jour pour jour, ses vœux perpétuels.

Pierre Thomas fc, en 2001 © Les Fils de la Charité

Que serais-je sans les Fils ?”

Le Kremlin-Bicêtre 1948-1955

Ordonné prêtre le 29 juin 1948, il est nommé au Kremlin-Bicêtre, dans l’équipe de Georges Maussion, avec Henri Bourdiec. José Mahon témoigne: “Il a orienté, avec Henri, mes deux premières années de sacerdoce à la paroisse de la Sainte Famille (1951-53): vie fraternelle, orientations pastorales: il m’a appris à faire des visites“. Un autre Fils de la Charité que Pierre a accompagné dans ses premiers pas, Bernard Deshoulières dit : “J’étais frappé de sa connaissance du terrain et des personnes, mettant au service de la pastorale sa bonne mémoire, sa rigueur aussi bien dans le discernement que dans la comptabilité. Il faisait confiance et souhaitait un dialogue d’homme à homme alors que je me sentais petit garçon en face de lui“. La détente en équipe les samedis soirs était bienvenue.
Mais une tâche pastorale harassante et beaucoup de visites, un ministère d’hôpital très lourd, ont conduit Pierre en sanatorium durant une année. Ce fut aussi le temps du décès de sa mère.

Colombes 1956-1962

En 1955, il fut socius du noviciat accompagnant Michel Guérin, Michel Martin, Ugo Benfante…

Puis ce furent six années à Colombes, au Sacré-Cœur.

Le Kremlin-Bicêtre 1962-1975

En 1962, il revient au Kremlin-Bicêtre comme curé. L’équipe est riche, mais disparate. Et il commence à ressentir le handicap de la surdité. Il est aumônier d’A.C.O. et porté par l’élan missionnaire du concile Vatican II. La vie pastorale est dynamique ; il s’emploie au catéchuménat.
De ses années fécondes, des paroissiens parlent encore et spécialement de Pierre, de sa qualité de pasteur, sa manière d’accueillir, en particulier, dans une salle du sous-sol, la communauté juive pour célébrer le shabbat.
En 1971 il est nommé économe général. Alain Ollivier et Jean-Paul Marsaud témoignent : “Rigoureux, économe comme il se doit, et surtout soucieux de préserver notre patrimoine matériel pour les générations à venir. La congrégation lui doit plusieurs grands chantiers : le déménagement du généralat de la rue Elzévir à la rue Louis Blanc (en juillet 1977) ou encore la mise en place d’une maison pour les aînés de la congrégation : la maison Saint Joseph”.

Argenteuil de 1975-2001

En 1977, il est nommé à Argenteuil en même temps qu’Alain Ollivier pour y accueillir Michel Retailleau, jeune prêtre. Jacky Guérin était le curé. Il y restera 26 ans : une connaissance énorme de cette paroisse, et très attaché à des laïcs et réciproquement. Une paroissienne de Notre-Dame de Lourdes m’a envoyé ce message “Je garde le souvenir de son accueil chaleureux au presbytère ou ailleurs, sa façon de nous serrer dans ses bras à chaque visite”.  Il accompagna avec joie et rigueur, les animateurs du groupe d’aumônerie des 12-15 ans.
Parmi les très nombreuses rencontres, Pierre aimait raconter celle de la famille Hémé : une rencontre commencée autour d’une vitre cassée par les gamins lançant des pierres sur l’église !
Pierre savait rester calme, ce qui quelques années plus tard impressionna Moïse N’Guetta, responsable de la branche ivoirienne : “J’ai rencontré pour la première fois Pierre Thomas, en août 1997 à Argenteuil, après la session internationale des jeunes Fils de la Charité. Le groupe des jeunes Africains dont je faisais partie est resté dans cette équipe Fils pendant le temps des JMJ. J’ai toujours gardé de lui quelqu’un de très calme et simple”.

Portrait de Pierre THOMAS fc à Gentilly en 2014 © Jean Guellerin fc

Gentilly 2001-2014

En 2001 le conseil des Fils décide de le nommer à Gentilly dans la nouvelle communauté de frères retraités. Il a très mal vécu son départ, n’arrivant pas à lâcher prise. Dure purification. Pourtant, à Gentilly et au Kremlin-Bicêtre, à Argenteuil, on parle encore de lui avec affection et reconnaissance : “Un grand merci pour la vie de Pierre qui a accompagné l’équipe de Fraternité de Gentilly pendant plusieurs années, après avoir aidé tant de laïcs, de la paroisse Notre-Dame de Lourdes d’Argenteuil, à prendre leur place en Eglise et, parmi eux nous sommes nombreux à avoir découvert une vie de religieux-prêtre, si proche des gens”.  (Marie-Juliette Gérard, présidente de la Fraternité Anizan)
“A l’équipe de Fils, Pierre nous a accueilli Nicolas (décédé maintenant) et moi. Cela a été de suite très amical, toujours à l’écoute de ce que nous faisions. Ce qui était frappant c’est la façon qu’il avait de nous parler du Père Jean-Emile Anizan en nous rapprochant de l’évangile”. (Pierre Jourdanne)
Voici ce qu’écrivait Pierre Thomas au départ de la communauté des Fils de la Charité retraités de Gentilly en novembre 2014 : “J’ai été pendant 13 ans à Gentilly… J’ai été le témoin attentif et admiratif de la prise de la responsabilité par les chrétiens laïcs, surtout l’Equipe d’Animation Paroissiale (EAP)… La présence des Fils de la Charité à Gentilly a duré 92 ans : je la quitte à 92 ans !”

Gentilly 2001-2014

En 2001 le conseil des Fils décide de le nommer à Gentilly dans la nouvelle communauté de frères retraités. Il a très mal vécu son départ, n’arrivant pas à lâcher prise. Dure purification. Pourtant, à Gentilly et au Kremlin-Bicêtre, à Argenteuil, on parle encore de lui avec affection et reconnaissance : “Un grand merci pour la vie de Pierre qui a accompagné l’équipe de Fraternité de Gentilly pendant plusieurs années, après avoir aidé tant de laïcs, de la paroisse Notre-Dame de Lourdes d’Argenteuil, à prendre leur place en Eglise et, parmi eux nous sommes nombreux à avoir découvert une vie de religieux-prêtre, si proche des gens”.  (Marie-Juliette Gérard, présidente de la Fraternité Anizan)
“A l’équipe de Fils, Pierre nous a accueilli Nicolas (décédé maintenant) et moi. Cela a été de suite très amical, toujours à l’écoute de ce que nous faisions. Ce qui était frappant c’est la façon qu’il avait de nous parler du Père Jean-Emile Anizan en nous rapprochant de l’évangile”. (Pierre Jourdanne)
Voici ce qu’écrivait Pierre Thomas au départ de la communauté des Fils de la Charité retraités de Gentilly en novembre 2014 : “J’ai été pendant 13 ans à Gentilly… J’ai été le témoin attentif et admiratif de la prise de la responsabilité par les chrétiens laïcs, surtout l’Equipe d’Animation Paroissiale (EAP)… La présence des Fils de la Charité à Gentilly a duré 92 ans : je la quitte à 92 ans !”

Pierre Thomas fc, à la Communauté saint-Joseph d'Issy-les-Moulineaux © Jean Guellerin fc

Issy-les-Moulineaux 2014-2017

A Saint-Joseph, il a vécu ses dernières années au service de ses frères. “Il fut pour moi comme un grand frère, attentif, disponible, prêt à pousser mon fauteuil roulant, tant pour sortir de la chapelle que pour aller jouer à la belote” témoigne Michel Thieblot. “Chaque vendredi, Pierre s’inscrivait pour présider l’Eucharistie et il nous faisait un excellent commentaire du livre de la Bible concernant la première Lecture”. 
Très lié à Joseph Bouchaud, le décès de celui-ci en avril dernier l’avait beaucoup marqué.
Pierre était un “Pasteur, très proche des gens, des petites gens, s’intéressant à leur vie, à leur situation. Il n’était pas du milieu populaire, mais par vocation il s’est immergé dans ce monde… et son cœur de Pasteur l’amenait à communier en profondeur à ce que vivait tous ces gens qu’il a rencontrés et aimés dans les différentes paroisses… “ (Jean-Paul Marsaud)

“Une rigueur intellectuelle qui l’amenait à lire, relire – et ce jusqu’à la fin de sa vie, livres, articles de théologie, d’exégèse, presque toujours en quête de vérité… On peut dire qu’il était soucieux de toujours rechercher, de toujours questionner, ne pas se laisser enfermer dans une seule explication, une seule “vérité”… vivre dans l’interrogation, ne pas craindre d’être critique, tout cela le rendait proche de beaucoup de personnes en recherche de sens pour leur vie”.  Et il cherchait à comprendre le mystère de Jésus-Christ, Fils de Dieu et pas seulement l’homme Jésus – “et le Verbe s’est fait chair” Suivre le Seigneur en pardonnant au quotidien, ” c’est difficile : seul un moi vulnérable peut aimer son prochain”. 

 

Nous pouvons vraiment dire de Pierre “Bon et fidèle serviteur” entre dans la maison de ton maître !

Jean-Michel Rapaud, fc, responsable de France

Les obsèques de Pierre auront lieu jeudi 23 novembre, à 14h à l’église St Etienne d’Issy-les-Moulineaux, 5 place de l’église 92130. Après la messe, l’inhumation se déroulera au cimetière 57 rue de l’égalité.

 

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