Le moment est venu de se laisser réconcilier par le Christ

Retraite spirituelle à l’Abbaye de La Trappe de Soligny, avril 2016

Le moment est venu
de se laisser réconcilier par le Christ

Au cours de la retraite spirituelle sur la Miséricorde de Dieu animée avec Maurice Morand (théologien), une trentaine de personnes ont vécu un temps fort de réconciliation et de miséricorde en méditant notamment sur la parabole de l’enfant prodigue.

 

La tendresse du Père

A La Trappe de Soligny début avril, nous avions choisi de méditer durant plusieurs jours sur l’appel à la conversion, la miséricorde et la tendresse de Dieu pour nous. Un matin nous nous sommes laissés guider par la parabole de l’enfant prodigue.

Retraite spirituelle à l’Abbaye de La Trappe de Soligny, avril 2016

© Jean Guellerin fc

Combien de fois avons-nous entendu, lu et médité cette parabole où nous y découvrons le visage du Père ? Saint Luc ne parle pas de morale mais d’une question bien plus importante : une rupture de filiation.

Le jeune fils s’éloigne de la relation avec son père en dilapidant l’héritage, pas seulement ses biens, mais ce qu’il a de plus précieux, son attachement au père. Tandis que le fils aîné s’éloigne de son rôle de fils en refusant l’acte de miséricorde de son père envers le cadet. Il ne le reconnait même plus comme son frère.

Le péché des deux fils est bien une rupture de la filiation avec le père qui n’a pas cessé de les aimer.

[accordion title=”Lire la parabole de l’enfant prodigue…” id=”1″]

Jésus dit encore : “Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de fortune qui me revient”. Et le père leur partagea ses biens.
Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre.

Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin.
Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.
Alors il rentra en lui-même et se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !
Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers”.

Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils”.
Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds,
allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons,
car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé”. Et ils commencèrent à festoyer.

Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses.
Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait.
Celui-ci répondit : “Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé”.
Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier.
Mais il répliqua à son père : “Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !”
Le père répondit : “Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !”

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc 15, 11-32

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La fête du pardon, en famille

En fin de matinée, accueillis par la musique, nous avons été invités à faire un premier signe de la croix avec l’eau de la conversion, celle du baptême. Rentrant en nous-mêmes, nous avons pris conscience chacune et chacun que l’amour de Dieu est immense quelles que soient nos faiblesses et nos ruptures avec le Père.

Puis, tous, nous avons déposé sur l’autel,  dans la discrétion et le secret, notre demande de pardon et surtout notre désir d’aimer à l’image du Christ. C’était beau de le vivre en Famille spirituelle Anizan (Fils de la Charité, Auxiliatrices de la Charité, Fraternité Anizan et Compagnons de la Charité).

Retraite spirituelle à l’Abbaye de La Trappe de Soligny, avril 2016

© Jean Guellerin fc

La miséricorde du Père, de Dieu, nous est donnée quoi qu’il arrive. Sur le pas de la porte le Père aperçoit, rétablit dans sa dignité de fils, celui qui ne pensait plus être digne d’être appelé le fils. Cette miséricorde, quelle puissance de Charité, d’Amour !

Les retrouvailles

Puis nous avons reçu le Corps du Christ qui nous a tant aimés.

Et oui, j’avais rompu ma condition de fils croyais-je, ce n’est pas l’avis du Père qui est fou d’amour pour moi ! Alors oui, ces retrouvailles méritaient bien qu’on fasse la fête avec un brin d’exubérance : la bague au doigt, la nouvelle tunique, les sandales aux pieds… et le veau gras.

De veau gras, il n’y en avait pas à l’abbaye de La Trappe. Mais l’atmosphère était à la joie partagée. Nous avons eu la surprise de déguster une tarte aux pommes et une bolée de cidre, Normandie oblige!, pour fêter nos retrouvailles et les anniversaires de Louisette (Auxiliatrice de la Charité), Joseph et Félix (Fils de la Charité).

Dans l’après-midi, retour au silence, Dieu voulait encore nous rencontrer.

Jean Guellerin fc, responsable de France

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