Midi partage, un havre de paix à Valenciennes

2 Avr 2021 | Chantiers | 0 commentaires

Auteur de l'article : Frédéric Tonquédec fc
Crédit photos : Frédéric Tonquédec fc

Midi partage, un havre de paix à Valenciennes

Après 25 ans d’existence, l’Association Midi Partage de Valenciennes fait peau neuve pour mieux accueillir et accompagner les personnes sans abri.

En cet après-midi de février, l’ambiance à l’Association Midi Partage est à la fois sérieuse et sereine. Depuis l’installation de l’association dans la chapelle Saint-Joseph à Valenciennes, toute
l’équipe animatrice est heureuse de se retrouver dans des locaux bien aménagés et conformes aux exigences sanitaires d’aujourd’hui. Comme l’affirme Jean-François Devillers, le président de Midi Partage : « des locaux bien adaptés et propres ça change tout ! ».

Un peu d’histoire

Midi Partage naît voici déjà 25 ans dans le but de proposer aux sans domicile fixe un repas chaud le midi. L’association s’installe d’abord dans le centre de Valenciennes, à côté d’autres associations caritatives, ce qui pose des problèmes à la population résidente. « Ces lieux d’accueil des plus démunis ne sont jamais les bienvenus dans les quartiers » constate le président. Après le centre de la ville, Midi Partage se pose dans un lieu en périphérie de la ville, aux bords de l’Escaut.

Mais en 2015, la ville leur demande de quitter ces locaux pour un projet d’aménagement du quartier. Jean-François Devillers rencontre alors le père Jean Ménétrier au cours du repas de la messe chrismale au printemps 2015. Ils échangent sur le problème urgent qui touche Midi Partage. Le père Jean pense à l’un des lieux de culte de la paroisse périphérique de Valenciennes animée par les Fils de la Charité : la chapelle Saint-Joseph. La communauté de ce lieu s’étant étiolée, il n’y a plus de culte, d’où l’idée que le diocèse de Cambrai la cède à Midi Partage. La procédure est enclenchée. Le projet soutenu par le vicaire général Xavier Bris prend forme. Une page d’histoire se tourne au cours d’une émouvante célébration de désacralisation de la chapelle le 17 octobre 2015.

Cinq longues années de travaux

Le projet sur les rails, il faut d’abord occuper les locaux de manière à accueillir, et à mettre en place un suivi social de toute cette population précaire. Ce sont plusieurs années « de camping », dans des conditions de « confort précaire » à l’image de celles et ceux que nous accueillons. En guise de repas chaud, l’association ne peut offrir que des sandwichs durant toute cette période. Grâce à la collaboration avec un architecte, les travaux s’intensifient en 2017, pour proposer une salle d’accueil de jour, une douche et un coin coiffure. Mais il faut attendre Noël 2020 pour que Midi Partage puisse offrir un « vrai » repas festif. Désormais équipée d’une cuisine aux normes, l’association va pouvoir se projeter dans l’avenir.

Midi Partage en quelques chiffres

Au moment où l’association quitte le chemin de halage à la périphérie de la ville, elle offre en moyenne 120 repas par jour. 700 personnes bénéficient d’une domiciliation sociale leur permettant de recevoir leur courrier et leurs maigres revenus.

Aujourd’hui, Midi Partage compte 11 salariés : deux pour la cuisine, deux pour l’approvisionnement, et sept éducateurs spécialisés dont François et Dominique les deux responsables de l’ensemble. À ce personnel permanent s’ajoute une dizaine de bénévoles, bienvenus pour les multiples tâches.

Un élan de solidarité

Bien sûr, il a fallu réunir de grosses sommes pour en arriver à ce bel ensemble. Grâce aux collectivités locales et nationales. Et aussi grâce à la générosité de toute cette population anonyme du Nord qui a fait de nombreux gestes de solidarité. Deux exemples parmi d’autres : lors d’un mariage et lors d’une sépulture, les offrandes ont été reversées à Midi Partage. Bien sûr il y a eu d’autres dons et de nombreuses subventions d’horizons différents. Du côté des Fils de la Charité, la Fondation Anizan a, elle aussi, contribué à soutenir ce projet sur l’espace d’une paroisse Fils.

Une association d’utilité publique

Midi Partage accueille tout le monde sans demander ni papiers d’identité, ni ressources, ni quotient familial, ou tout autre justificatif. Le projet s’articule autour de deux axes : un accueil de jour et un repas chaud le midi. Ce dernier doit être préparé avec soin, car la plupart des accueillis ignorent ce qu’est un repas équilibré. Midi Partage a le souci d’apporter du bien-être à toute cette population délaissée : les sans-abri mais aussi des familles qui ayant un logement et un travail ont du mal à « boucler » les fins de mois, et comptent sur cette aide pour soulager leur budget alimentation. Midi Partage porte un regard complet sur la personne et apporte un soutien personnalisé en fonction des besoins de chacun. Je peux ainsi énumérer les multiples approches de l’association, m’appuyant sur un de leur rapports d’activités. Le droit d’être accueilli ; le droit de manger ; le droit du lien social ; le droit d’accès à des prestations de base : hygiène, domiciliation postale et bancaire ; le droit d’accès à un hébergement d’urgence ou à un logement autonome ; le droit d’accès au soin. Et même la découverte de pratiques sportives en lien avec les associations locales : randonnée, gymnastique. Quel beau projet que ce Midi Partage, et ce désormais sous la protection de Saint Joseph. Un grand merci à vous tous, professionnels et bénévoles, pour votre témoignage en cette période où la Covid risque de rendre votre association de plus en plus indispensable.

Frédéric Tonquédec, fc


Extrait de Chantiers n°209 – mars 2021

 “Projets de vie, projets d’avenir” : en savoir plus et s’abonner


 

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Banlieues et cités : les solidarités des quartiers populaires

Et si les quartiers populaires inspiraient notre société ? Retour sur une conférence qui change le regard sur les solidarités du quotidien.

Quand la musique construit des ponts à Sainte-Hélène à Paris 18ème

Une pianiste du quartier à Sainte-Hélène à Paris 18ème : une rencontre où musique, amitié et dialogue témoignent d’une Église ouverte à tousous.

Le Kintsugi, image d’un amour fidèle

Le Kintsugi éclaire le sens du mariage : les blessures traversées ensemble peuvent révéler la beauté d’un amour fidèle porté par Dieu.

Paris 18 : la fraternité avec Un Toit pour Toi autour de la distribution du courrier

À Paris 18, la distribution du courrier avec Un Toit pour Toi devient un temps de fraternité, d’écoute et de solidarité.

Chantiers juin 2026 : un parfum de liberté pour cet été

Parution de Chantiers juin 2026 sur la liberté: retrouvez des témoignages de Foi et d’Actualité dans la revue engagée et accessible des Fils

Saint-Étienne de N’Douci fête ses 10 ans et poursuit la construction de son église

Saint-Étienne de N'Douci fête ses 10 ans et poursuit la construction de son église Extrait du reportage de Frédéric Monnet et des commentaires de Guy Rochiaou dans la revue actualités d'Ecclesia TV Côte d'Ivoire Dix ans de foi et d'espérance à N'Douci La paroisse...

ACE et Fils de la Charité : transmettre la flamme à l’approche des 90 ans du mouvement

À l’approche de ses 90 ans, l’ACE avec les Fils de la Charité, ses fondateurs, invitent à soutenir sa mission auprès des enfants des milieux populaires.

Hommage au père Jacques Robbe fc (22/01/1935– 17/06/2026)

Le décès du père Jacques Robbe fc est survenu le mercredi 17 juin 2026 à l’Ehpad de de Savigny-le-Temple, à l’âge de 91 ans.

Rencontre des jeunes Fils de la Charité en mission en Europe

Jeunes Fils de la Charité en mission en Europe : vie religieuse, relecture pastorale, spiritualité et redécouverte du charisme du père Anizan.

Coups de cœur de livres : lecture, plaisir, nécessité !

Depuis 2021, la centaine de coups de cœur de livres des Fils de la Charité invitent à lire, réfléchir, écrire et partager ses découvertes.

Share This