Parfois, nous nous sentons abandonnés face aux épreuves. Robert Jourfier nous montre comment l’évangile des pèlerins d’Emmaüs nous rend l’espérance

Un jour, j’ai vu trois enfants du caté, mimer magnifiquement cet évangile : les deux “pèlerins d’Emmaüs” traversaient l’église, accablés. Un inconnu sorti discrètement de l’ombre et les rejoignait. Ils marchaient longtemps ensemble, bible en mains. Arrivés au chœur de l’église ils se sont placés derrière l’autel, face à l’assemblée. Jésus au milieu a pris le pain et leur a partagé.

Et alors que chacun prenait sa part, Jésus saisissant doucement leurs mains, les rapprochait l’un de l’autre autour de ce pain rompu, tenu à deux, pendant que lui s’effaçait derrière eux dans l’ombre. Ils se retrouvaient alors seuls, côte à côte, interloqués, avec ce pain dans leur mains. Puis après un moment de stupeur, ils partaient en bondissant de joie. C’était une belle mise en scène de cette apparition-disparition du ressuscité. Jésus n’était plus visible mais il leur avait laissé ces cadeaux inestimables : les écritures qui, éclairées par lui brûlent le cœur, pain partagé de l’Eucharistie, et la communion entre frères, communion sans limites puisqu’ils ont couru rejoindre le reste de l’Eglise à Jérusalem. C’était le soir du dimanche de Pâques, Jésus leur laissait la première messe dominicale et la communauté de l’Eglise.

Voici un an, pendant le premier confinement, nous en avions été privés. Il nous restait, Dieu merci, les Ecritures. Mais l’Eucharistie nous a manqué ! Et la communauté aussi ! Peut-être nous fallait-il ce jeûne imposé par la Covid-19 pour que nous puissions ressentir le prix de cette richesse que Jésus nous donne de vivre chaque dimanche tous ensemble : la Parole de Dieu, l’Eucharistie, la communion fraternelle, et la communauté de l’Eglise. Ce sont les dons de Jésus, et les signes de sa présence, avec nous tous les jours jusqu’à la fin des siècles.

Ces deux hommes étaient aveuglés par leur chagrin et leur déception, au point de rentrer chez eux en tournant le dos à leur groupe de disciples de Jésus. Ils avaient entendu dire que le tombeau était vide et que les femmes l’avaient vu vivant….Mais ils restaient fermés.

Et puis le soir, volte-face, ils reviennent en hâte rejoindre le groupe à Jérusalem. Entre temps ils avaient eu cette rencontre mystérieuse avec Jésus. Plus que les 20 kilomètres aller-retour, c’est un long chemin intérieur qu’ils ont parcouru avec lui : de la tristesse et du dépit à la joie, de l’enfermement solitaire à la communauté, de l’obscurité à la foi. Jésus venu au-devant d’eux, doucement, avec avec écoute et patience, leur a permis ce chemin. Il peut nous le permettre aussi. Quand notre route est sous le signe de la désolation et de l’incertitude, quand nous avons le visage sombre, soyons sûrs qu’il est là : il sait ce qui nous blesse. Il nous ouvrira les Ecritures et nous rendra le cœur brûlant. Son Eucharistie nous nourrira et guérira, en même temps qu’une communauté de sœurs et frères nous sera donnée. Alors nos yeux s’ouvriront… Seigneur reste avec nous !

Robert Jourfier, fc

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