Coronavirus (COVID-19) : témoignage de Pierre Naert fc

La moitié de la planète en confinement depuis fin mars 2020. Pour lutter contre la pandémie les gouvernements ont pris des mesures de confinements.

Les religieux, partout dans le monde, sont aussi tenus de respecter ces mesures restrictives.  Ils témoignent de leur manière de le vivre et de leur action.

Confiné, Pierre Naert fc pense à Jean de La Fontaine et au smartphone

Pierre Naert portrait

Le père Pierre Naert est “confiné” et “confié” à Issy-les-Moulineaux où il est à la Maison St-Joseph. Il vit en communauté avec une quinzaine de frères prêtres Fils de la Charité à la retraite.

1. La vie, même confiné, devient belle quand chacun prend sa part

Confiné ! Quel drôle de mot !

Confiné ! Quel drôle de mot ! Il vient tout juste de naître semble t-il !

Confiné, en deux syllabes insolemment rassemblées, Il nous affirme deux contraires.

Confiné, le “comme” (ou le ‘avec’) de la première syllabe … et le “finé” de la seconde.
La fin, oui, la fin ! Il semble rassembler deux mots contraires.
La ‘fin’ de quoi ? Et jusqu’à quand ? Et cette ‘fin’, à quel prix ?

A 14 heures, cet après-midi, le vendeur de mon journal me disait :
Depuis l’aube de mon service, j’ai vendu avec le vôtre, 300 journaux.
La brève conversation s’est achevée sur ce rituel d’actualité : « Prenez bien soin de vous ! »

La vie, chacun en a sa part, et tous l’ont tout entier

Eh oui, nous voilà embarqués dans une aventure née des confins d’un monde,
mais embrassant déjà tous les confins du monde.

“Ils n’en mouraient pas tous, mais tous étaient frappés” nous rechante le poète.

Le mal n’a plus de frontière, nous le savions déjà.
Les premières pages de la Bible nous l’affirmaient il y a bien longtemps.
Au cœur d’un Moyen Orient fragile.

Mais la médaille a son revers de beauté.
Certaines sciences reprennent des couleurs.
De labo en labo, on se les partage, aux dimensions du monde.

Le mal n’aura pas le dernier mot.
La vie, elle devient belle quand chacun prend sa part de l’inventer, à sa mesure.
“La vie, chacun en a sa part, et tous l’ont tout entier”.

Statue du père Anizan avec masque de Gérard Marle

Statue du père Anizan à Issy-les-Moulineaux par Gérard Marle fc

Un frère de même humanité

Une nouvelle étape vient de s’ouvrir.

A chacun de la saisir, en respectant les règles.
En respectant celle et celui qui, dès l’aube des mondes
a reconnu, dans l’autre de lui, un frère de même humanité.

Regardons déjà ces musiques aux balcons des cités,
Ces mains claquées applaudissant les soignants.
Et ces repas délicatement déposés devant les portes des frères et sœurs isolés.

Et encore ces prières, là où c’est possible, à celles et ceux qui croient.
Rien n’est jamais fini de ce monde, à chacun de nous confié.

coronavirus de congerdesign par Pixabay

Le monde qui nous est confié

Tiens ! Ce mot ‘confié’ qui jaillit de ma plume !
Il vient déposer couleur et foi dans mon indispensable confinement.
Des mots, contraires en apparence, trouvent musique et couleur
quand, à la même source, ils viennent boire.

Toi, frère, qui me lis ce soir, où est la source de ton humanité, et de son avenir ?
Alors, dis-le avec tes mots, avec tes mains, avec ton cœur,
aux quatre coins du monde qui est le tien.

Pierre Naert fc, en ce beau mercredi ensoleillé du 24 mars de l’an 2020

environmental-protection de ejaugsburg par Pixabay

2. Poème : Dire "Bonjour" dans le métro

metro de Engin_Akyurt par Pixabay

Chaque visage est un ami.
Chaque visage est une source.
Chaque visage est un appel.

Chaque visage ressemble au mien.
Il est pourtant bien lui-même.
Oui, je sais combien il est lui-même !

Elle est belle cette rencontre
quand le sourire est aux lèvres.
C’est un petit bonheur qui se fait jour.

Dans le métro, un bonjour a sa place
à l’arrivée auprès de ce voisin, l’inconnu du jour.
La réponse est toujours la même.
Elle réchauffe parfois
celle ou celui à qui a manqué
Le Bon Jour de son matin.

Il arrive encore qu’un monsieur
vient couper l’ordre du ‘saint smartphone’

invitant fortement à donner la pièce.
Regarder ! Ne pas regarder !
Donner ! Ne pas donner !
A chacun, son choix de liberté.
Mais peut-être, un regard amical !
Voire, un bonjour, serti d’un sourire.

Si mon histoire m’a fait rencontrer Dieu,
Je peux lui parler de ce voisin,
de celui même qui m’empêche de smartphoner en paix.
A défaut de pièce de monnaie,
Je peux parler à Dieu de cet importun.
Ce sera peut-être ma pièce ou mon cadeau du jour.
Dieu, Lui, le sait, bien avant moi.

Mais qu’en penses-tu, toi qui me lis !

Pierre en ce 18 février 2020 à 9 heures, ligne 12

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