En vacances sur les pas du père Anizan
Une première originale : marcher et prendre des vacances sur les chemins du père Anizan. Christelle Simonetti est à l’origine de ce projet qui a eu lieu du 18 au 24 août 2025.
Chantiers : Comment est né ce projet ?
Christelle : L’idée a germé le 11 novembre 2023 pendant un repas. Mon rêve était d’organiser un voyage “touristique” là où le père Anizan a vécu. Je souhaitais que ce soit des vacances et
pas “une prise de tête spirituelle”. Allier en quelque sorte le patrimoine, la découverte des lieux avec en toile de fond le père Anizan : une aventure ouverte au plus grand nombre.
Un très beau projet ! Mais il a fallu le construire et le mettre en forme ?
J’ai commencé par élaborer le programme. Je l’ai imaginé pour 20 personnes en faisant du covoiturage. Je savais la progression du voyage dans les différents lieux mais sans le contenu. Mon premier souci a été de mettre des options sur des chambres à des tarifs raisonnables et résoudre la question de la restauration. Ces premières démarches ont fondé le projet qui a pris forme pour chaque lieu. Sans cesse j’ai dû m’adapter à l’inattendu.
En mars 2024, j’ai présenté la première mouture du voyage lors de l’Assemblée générale de la Fraternité Anizan. Des mois se sont écoulés avant les premières inscriptions. Bref, ma tête et mon cœur étaient remplis de joie et d’inquiétude.
Et c’est parti le 18 août pour Artenay, lieu de naissance du père Anizan !
Nous sommes un noyau de 7 personnes, rejoint par des amis de Bourges et d’Artenay. Nous sommes accueillis par Jean-Louis dans la salle paroissiale pour un pique-nique convivial.
Les visites commencent : la prison d’étape, le moulin de pierre avec Michel comme guide, le musée du Théâtre forain avec Benoît et Lilian. La cerise sur le gâteau a été l’ouverture exceptionnelle de la roulotte ; que je n’ai pas vue, m’occupant de l’intendance pour le lendemain ! Une visite au cimetière et un temps de prière dans l’église ont clôturé la journée.
Olivet est votre deuxième étape. Comment a été vécue cette journée ?
Nous sommes accueillis dans la chapelle de Noras par des membres de l’Association “A la recherche du passé d’Olivet”, à laquelle je suis adhérente.
Nous sommes 24 avec les amis d’Artenay qui ont fait le déplacement, sans oublier Jean-Pierre Maçon fc, venu de Paris. Un moment d’émotion dans ce lieu habituellement fermé et où le père Anizan officiait. Puis nous avons marché sur les chemins des moulins dans un décor enchanteur que j’affectionne particulièrement. Un joyeux apéritif s’en est suivi, de même que le repas partagé.
J’ai beaucoup apprécié que toutes les personnes présentes se soient mélangées et aient pu faire connaissance !
Après ces deux journées denses et riches en rencontres, quel autre lieu a été découvert ?
Le troisième lieu de notre semaine itinérante nous a conduit dans la région de Verdun (Diocèse de Verdun) où le père Anizan est arrivé le 6 août 1914. Je ressens toujours la même émotion et la même ambiance pesante que lors de mes premières visites sur cette terre stigmatisée par la guerre.
Nous empruntons le chemin du père Anizan ponctué par la lecture d’extraits de son journal de guerre ; dans une lettre du 1er décembre 1914, il écrit : « Je me suis offert à Dieu pour être un vrai fils de la Charité ».
Le vendredi, c’est le retour en région parisienne : Charonne et Clichy
Nous marchons à présent dans les rues et les quartiers que le père Anizan a lui-même fréquentés. Nous découvrons un joli jardin partagé dans la Cité Aubry ; dans la rue des Vignoles, pendant que nous échangeons, deux mamies se mêlent à notre conversation, exprimant leur attachement au quartier. Dans l’église Saint-Paul-des-Marais, nous lisons des extraits de l’homélie sur les perles précieuses découvertes par le père Anizan en visitant les familles les plus démunies. Enfin, nous entrons dans l’église Notre-Dame auxiliatrice de Clichy, son dernier lieu de mission.
Un atelier d’écriture nous permet de relire la semaine écoulée, faisant ressortir les différentes facettes sa vie. Une célébration dans la chapelle Anizan clôture ce temps passé ensemble.
Qu’avez-vous retenu de ce grand périple ?
Aujourd’hui je suis convaincue que le père Anizan peut toucher tout un chacun, par son histoire, sa spiritualité…
Jusqu’au bout, j’ai douté de la viabilité du projet mais je suis très heureuse de sa réalisation car mon rêve est devenu réalité !
Propos recueillis par Pierre Tritz fc

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