10 ans de fidélité, le témoignage de Lewis Moundanga fc
Lewis Moundanga fc est originaire du Congo. Il a prononcé ses premiers vœux en 2012 et il a été ordonné prêtre en 2017. Il a été en mission à Kinshasa (RDC), Abidjan (Côte d’Ivoire), Grigny (91) et il vit actuellement en équipe à Saint-Ouen (93) avec Joël Vabre fc, Lucien Marratier fc, Banjamin Vergniaud fc, Emmanuel Boumard fc et Elvis Loly fc. Il témoigne de sa vie religieuse pour ses 10 ans de vœux perpétuels, dans la revue chantiers de décembre 2025.
Être Fils de la Charité, c’est aller en mission, être tout à tous et vivre la rencontre.
La vie religieuse chez les Fils de la Charité trouve son sens dans un idéal pointilleux : vivre la fraternité au cœur du monde. Cette fraternité s’exprime dans la simplicité du quotidien, la proximité avec le peuple et une disponibilité constante aux appels de Dieu. Mais vivre ainsi n’est pas toujours facile. Il m’arrive, comme tout être humain, de me heurter à mes propres limites : la fatigue, le manque de patience…
Être Fils de la Charité, c’est aller en mission, être tout à tous et vivre la rencontre. C’est un chemin d’humilité. Le Christ est le modèle à suivre, il se met à genoux pour laver les pieds de ses disciples.
Voilà mon idéal religieux, que je cherche, avec mes limites, à perfectionner jour après jour.
Dix ans de vœux perpétuels chez les Fils de la Charité
L’année 2025 marque pour moi un tournant spirituel : dix ans de vœux perpétuels chez les Fils de la Charité. Je regarde ce chemin parcouru avec reconnaissance et humilité, conscient que c’est Dieu qui m’a porté bien plus que je ne l’ai servi. Je me souviens de mes premiers vœux professés le 14 juillet 2012 et de ma profession solennelle en août 2015, vécue avec un cœur libre, mais conscient de ma petitesse face à un engagement si grand.
L’Incarnation de Jésus m’inspire profondément : Dieu ne fuit pas la faiblesse humaine, Il l’épouse. En venant parmi nous, Jésus accepte notre condition humaine, excepté le péché. La compassion du Christ devient pour moi un modèle à imiter, mais aussi un refuge.
Être Fils de la Charité, c’est embrasser un idéal fait de simplicité, de proximité et de dévouement.
Mais cette simplicité demande un dépouillement intérieur constant. Comme le disait notre fondateur, le père Anizan : « Je serai, pour ceux auxquels Dieu m’envoie, d’un dévouement absolu, ne regardant pas à ma peine. Qu’il s’agisse d’un enfant, d’un vieillard, d’une femme, je suis à eux, ils ont droit à mon temps, à mon travail, à mon dévouement. » Ces paroles m’interpellent : la mission ne repose pas sur mes seules forces, mais sur l’action silencieuse de Dieu à travers moi. Notre vocation de Fils repose sur un triple idéal : la sainteté, la fécondité apostolique et l’évangélisation des pauvres. Cet idéal me dépasse, mais il m’élève. Il me rappelle que le Seigneur n’appelle pas les parfaits, mais qu’il perfectionne ceux qu’il appelle.
L’énergie des jeunes me stimule mais leur souffrance m’interroge
Auprès des jeunes, je vis cette réalité : leur énergie me stimule, mais leur souffrance m’interroge. Je ne suis pas toujours capable de répondre à leurs attentes, mais j’essaie d’être là, simplement, comme un frère qui écoute. Je crois que c’est dans cette humilité que Dieu agit. Ma présence devient un témoignage vivant que l’amour du Christ ne déçoit jamais.
Je confie mon périple religieux à la Vierge Marie. Qu’elle m’aide à me laisser conduire par la grâce divine. Sous son manteau maternel, je trouve la paix. Qu’elle fasse de moi un Fils de la Charité humble, compatissant, patient et brûlant d’amour pour Dieu et pour le peuple.
Père Lewis Moundanga fc

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