L’Orpheline d’Auschwitz : une histoire de survie et d’espoir

9 Sep 2026 | Livre coup de cœur | 0 commentaires

Auteur de l'article : Bernard Deshoulières fc
Crédit photos : City Editions

L’Orpheline d’Auschwitz : une histoire de survie et d’espoir

Le roman ” L’Orpheline d’Auschwitz” d’Anna Stuart interroge la mémoire, la souffrance, l’écoute et l’espoir après la Seconde Guerre mondiale.

Une histoire qui résonne encore aujourd’hui

Était-il opportun de revenir sur ce drame alors que nous vivons tant de situations douloureuses et inquiétantes dans notre société mondiale ? Anna Stuart, romancière britannique, n’hésite pas à aborder cette question dans ce livre comme dans deux autres romans qui se déroulent pendant la seconde guerre mondiale. En le parcourant, j’ai perçu des préoccupations pour aujourd’hui où nous n’en finissons pas de chercher à comprendre les cheminements des uns et des autres.

Tasha, une jeune survivante d’Auschwitz

Tout commence en 1945, la guerre est terminée et le camp d’Auschwitz est enfin libéré, mais que deviennent les survivants, et parmi eux, Tasha, 16 ans. Elle avait été séparée de sa mère, arrachée de ses bras par un officier nazi.

Dans l’attente d’un vol pour l’Angleterre, Tasha fait la connaissance de Marta : « Elle et la petite fille de sept ans s’étaient beaucoup rapprochées au cours des semaines. Marta qui avait passé une grande partie de la guerre cachée dans le grenier d’une brave institutrice, avait été capturée par les SS et envoyée à Theresienstadt en 1944. Malgré tous ses efforts pour l’éviter, elle était en train d’endosser le rôle de parent. Elle entendait encore sa mère quand elle la harcelait de questions. »

Alors que Tasha ne cesse de penser à sa mère, celle-ci, Lydia, s’interroge sur ce que devient sa fille : « Le visage de Tasha envahit l’esprit endolori de Lydia et elle envisagea ses cheveux roux si semblables aux siens mais, plus brillants, plus ardents, plus éclatants d’espoir. Tasha disposait-elle encore d’un espoir auquel s’accrocher ? Était-elle encore vivante ? » Alors qu’elle accepte de suivre Georg en Angleterre, Tasha emporte avec elle un petit sac dans lequel elle garde une touffe de cheveux de sa mère. Gare à celui qui cherchera à l’en séparer.

De l’orphelinat à Windemere

Avec Marta et Georg, Tasha arrive à Windemere. Quelle surprise ! Quel accueil ! C’est l’étonnement : « Dire que la semaine dernière, à la même heure, nous étions encore tous entassés dans cet orphelinat à Prague. » C’est là qu’ils vont faire la connaissance d’Alice qui, fuyant l’arrivée du nazisme, s’était installée en Grande-Bretagne pendant la guerre afin de diriger une maison d’accueil pour accueillir les enfants victimes des bombardements de Londres ; elle s’occupait de certains des jeunes parmi les plus instables avec calme, confiance et une réussite certaine. Ils pourraient avoir besoin de son expertise lorsque ces jeunes survivants des camps arriveraient, car on ne savait pas quel genre de comportement sauvage pouvait se manifester. C’est ainsi qu’Alice va exercer sa responsabilité au sein de cette équipe cherchant constamment à comprendre et discerner les comportements des jeunes et d’où ils viennent.

Comprendre et accompagner les jeunes survivants

Cette approche délicate va se prolonger à Weir Courtney dans un cadre plus agréable. Alice, toujours très présente, et attentive, permet aux uns et aux autres d’avancer dans leurs études, leur adaptation au pays tout en tenant compte de leur origine. C’est une question constante, elle-même sera amenée progressivement à parler de son propre cheminement. Cette présence à tous, malgré les difficultés et les affrontements, leur a permis de développer leur personnalité. Ainsi Tasha a su garder l’espoir qui a fait d’elle une survivante plus forte que toute l’horreur du monde.

L’écoute de la souffrance et l’espoir

L’auteure précise que ces histoires particulières sont racontées en ligne dans un documentaire et que certains personnages, dont Alice, ont vraiment existé. Je reste frappé par cette manière d’être à l’écoute de la souffrance des autres, nécessitant de quitter ses préjugés, ses aprioris pour laisser s’exprimer tout un parcours dont le débouché peut nous surprendre.

Bernard Deshoulières fc

Recension de L’Orpheline d’Auschwitz

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