Ouverture du Concile provincial sur le catéchuménat
Quel visage pour l’Eglise de demain ? Devant l’augmentation massive des baptêmes d’adultes, les 8 diocèses d’Ile-de-France et le diocèse aux Armées ont lancé un chantier commun le 25 janvier 2026. Un vent de renouveau va souffler sur l’accueil et l’accompagnement des nouveaux chrétiens.
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- Présentation du Concile provincial d’Ile-de-France par le P. Maximilien de la Martinière : cliquez ici
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Les Fils de la Charité engagés au Concile provincial
Historiquement ancrés là où les défis de l’évangélisation sont vifs, les Fils de la Charité sont engagés en Ile-de-France à La Courneuve et Saint-Ouen, Paris18ème, à Grigny et Ris-Orangis. Les religieux participent au Concile provincial avec leur charisme de pastorale de proximité :
- Dans le Diocèse de Saint-Denis, à La Courneuve et Saint-Ouen, ils accompagnent les adultes dans un contexte de grande mixité culturelle;
- A la paroisse Sainte-Hélène à Paris 18ème, ils œuvrent au sein de quartiers en pleine mutation;
- En Essonne, à Grigny et Ris-Orangis, ils font le choix d’habiter au plus près des réalités sociales souvent marquées par la précarité, pour témoigner d’une Eglise qui partage le quotidien des travailleurs.
Pourquoi un concile provincial en Ile-de-France ?
Les évêques ont constaté une augmentation record des baptêmes d’adultes (plus de 10 000 en France en 2025, avec une majorité en Ile-de-France). L’enjeu est de mieux les accompagner jusqu’au baptême et d’aider les néophytes (nouveaux baptisés) à trouver leur place dans des paroisses parfois vieillissantes. L’objectif est de passer d’une Eglise qui “prépare au sacrement” à une Eglise qui “vit avec” ses nouveaux membres.
Les huit diocèses concernés sont Paris (75), Meaux (77), Versailles (78), Evry-Corbeil-Essonnes (91), Nanterre (92), Saint-Denis(93), Créteil (94), Pontoise (95) et le diocèse aux Armées. Ce concile coïncide avec les 60 ans de la province ecclésiastique de Paris (créée en 1966), ce qui donne une dimension historique à l’événement.
Le calendrier de 3 étapes
Le processus sera long avec plusieurs étapes :
- Janvier – Juillet 2026 : Phase de consultation. Les baptisés, catéchumènes, prêtres et communautés paroissiales prennent la parole.
- Pentecôte 2026 – Eté 2027 : Phase de délibération. L’assemblée conciliaire se réunit trois fois pour transformer les idées en propositions concrètes.
- Toussaint 2027 : Publication des décisions et mise en œuvre dans les diocèses.
Qui est concerné ?
Durant le Concile provincial, la parole va circuler entre les catéchumènes et les néophytes, véritables experts de leur propre cheminement, les accompagnateurs qui témoigneront des défis de la formation et l’ensemble des paroissiens, appelés à bâtir une communauté toujours plus accueillante pour ces nouveaux baptisés.
Le Concile provincial peut bénéficier de la fidélité et de la sagesse des aînés
Si le Concile provincial mobilise les énergies vives des paroisses, il peut aussi compter sur la prière des aînés. A Issy-les-Moulineaux, dans le diocèse de Nanterre, les Fils de la Charité retraités suivent de près ces évolutions. Pour ces religieux-prêtres de la communauté Saint-Joseph qui ont consacré leur vie aux quartiers populaires de banlieues urbaines parfois en Colombie, Mexique, Brésil, Canada, Argentine, Congo, RDC, Côte d’Ivoire, Philippines et l’Europe, voir le dynamisme des nouveaux catéchumènes est une immense espérance : la semence qu’ils ont plantée continue de porter du fruit.
Témoignage de Maxime à l’occasion du lancement du Conseil Provincial
J’ai été accueilli pour la première fois à la paroisse Sainte-Hélène en 2020 et j’y ai été baptisé en 2024 : trois ans comme catéchumène, deux ans comme néophyte.
Une libération par le chemin de la foi
Si aujourd’hui beaucoup se tournent vers la foi chrétienne, dans le moment historique, si intense, si décisif, que nous connaissons, c’est, je crois, parce que beaucoup sont fatigués de la recherche permanente de pouvoir, de puissance. Je suis convaincu que, de manière différente, ils trouvent une libération que j’ai moi-même trouvée dans le fait de détourner le regard de soi-même, de vivre pour l’autre, de se faire condition de l’autre.
A rebours, donc, d’une conception peut-être un peu classique, un peu rapide de l’expérience du chemin de foi, cette libération n’a pas été pour moi – je crois que ça ne l’est pour personne – une simple introspection, un face-à-face avec soi-même. C’est, dans les rencontres, dans des manières d’être accueilli, dans la manière avec laquelle on sort transformé par cet accueil, que se consolide progressivement la foi. L’accueil n’est pas un supplément à la foi, une exigence qui lui serait extérieure : il en est sa plus profonde manifestation.
Pour moi, être accueilli par l’Eglise c’est …
A Sainte-Hélène, j’ai eu la chance de vivre cet accueil, dans les messes, le dimanche, ou dans les réunions de catéchuménat, qui tenait autant de l’enseignement – prudent et toujours profond – de Robert, des échanges avec Philippe, Nadine, Armelle, Françoise, Françine et les tous les autres, de l’incroyable témoignage de vie de Patrice, mais aussi, et peut-être surtout, dans les biscuits et le café soluble que nous nous partagions.
Ce que j’en retire, c’est qu’il faut sortir de l’idée qu’être accueilli par l’Eglise, ce ne serait que recevoir verticalement des enseignements de manière dogmatique. Accueillir, c’est aussi accepter d’être perturbé, étonné, admiratif aussi, devant la multitude de chemins, plus innovants les uns que les autres, par lesquels Dieu nous appelle à lui. Au fond, accueillir, c’est toujours s’exposer, prendre un risque, face à l’inconnu dont on reconnait la si singulière vulnérabilité. C’est prendre, sans cesse, dans un renouvellement permanent, la mesure de la créativité extraordinaire de la charité, de l’amour divin et des voies par lesquelles il se donne à lire. Accueillir, donc, c’est s’ouvrir à la charité et à cette inventivité, sans jamais renoncer, pourtant, à la radicalité du message du Christ. Sans jamais transiger sur l’essentiel – l’accueil, justement, et l’amour qu’il suppose – en le travestissant comme le socle mort d’une identité national rigidifiée, comme une tradition folklorique, qu’on chérirait comme un vieux bibelot dont on a du mal à se séparer mais dont on ne connait plus ni l’origine, ni le sens.
Le baptême est une étape
Accueillir, enfin, c’est tenir prêt à ce que, chez l’autre, ce soit parfois plus compliqué. Il est parfois dur de prendre conscience que le baptême n’est pas une fin, la reconnaissance et la confirmation d’une foi définitivement enracinée. Le baptême est une étape, de celles dont on sait qu’elles ont compté plus que d’autres, qui ouvre un chemin traversé par de nouvelles difficultés. Les doutes, le sens parfois vaporeux de la foi, les vieilles habitudes – tout cela travaille le chemin des néophytes, comme de tous les chrétiens. Même dans les plus grands bonheurs – celui d’être père ou celui d’être mari, d’être en présence chaque jour de visages aimants et pleins de vie – se tenir auprès de Dieu reste un combat, qui doit passer au-delà des anxiétés quotidiennes, des envies que tout fonctionne comme il faut. Et c’est là, encore, que la communauté paroissiale tient son rôle. Car depuis deux ans, ce sont dans vos visages, vos sourires, vos mots, dans les moments à l’Eglise, que tout peut reprendre sens, et que l’accueil trouve sa plus pleine expression.

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