Danser en plein seisme par Robert Scholtus

17 Déc 2021 | Livre coup de cœur | 0 commentaires

Auteur de l'article : Gérard Marle fc
Crédit photos : Lessius

Danser en plein seisme par Robert Scholtus

Ou l’énergie de la foi

Dialogue avec la culture contemporaine

Robert Scholtus est écrivain et homme d’action. Prêtre, il fut supérieur du séminaire universitaire des Carmes durant plusieurs années, il ne conçoit pas son rôle en dehors du dialogue avec la culture contemporaine. Ce livre rassemble des écrits publiés dans différentes revues et que la pandémie valide. Moment sans précédent que cette crise sanitaire ; vécue

« comme un festival d’incertitudes, elle nous met radicalement en demeure non pas de croire en ceci ou cela mais d’oser prendre le risque de vivre en situation de non-savoir et de danser en plein séisme. Il s’agit de consentir à l’inexorable effondrement des croyances pour croire à l’éternelle nouveauté de l’Évangile et s’inscrire résolument dans une dynamique des commencements ».

Regard de Robert Scholtus sur l’Eglise

« Une crise est faite pour qu’on en sorte. Et pour s’en sortir, il faut sortir. » L’auteur n’est pas d’une lecture facile, certains pourront le trouver sévère sur l’Église lorsqu’il parle d’un catholicisme de brocante empli de bondieuseries poussiéreuses, qui ne dit plus rien, qui ne parle plus, qui ne sait plus se faire entendre. Mais en même temps, il la voit « sortir de ses ornières dogmatiques, de ses obsessions morales, de ses silences coupables pour ouvrir de nouveaux espaces à Dieu ». Il la voit se renouveler et s’enrichir à la faveur de son incessante conversation avec la culture contemporaine ; il parle à ce sujet du « sensus infidelium » aussi précieux que le « sensus fidei » des chrétiens.

Etablir des ponts

Robert Scholtus n’a pas une pensée « binaire », celle qui fait s’affronter deux pôles, les dévots tradis et les agités. Si l’on veut dialoguer avec le « monde », il faut commencer par apprendre à dialoguer en interne, dans l’Église où règne une indifférence désabusée à l’égard des « autres ».

Nous devons établir des ponts qui, eux, construisent la paix. Ces ponts sont toujours fragiles et vulnérables, suspendus au-dessus du vide, c’est cette fragilité partagée qui nous unit les uns aux autres. Fragiles et beaux à la fois, qui recréent la beauté perdue d’un paysage. Au Moyen Age, certains ponts étaient habités, comme à Florence.

« Il faut être sur le pont, comme disent les marins, pour ensemble front à la tempête qui secoue notre monde. Le pont est désormais notre résidence. »

Qu’est-ce à dire ? La rencontre, le dialogue, c’est-à dire le débat, exigent de la rigueur. Que faisons-nous dans une société individualiste sinon de réagir avec nos sentiments, les confortant sur les « réseaux sociaux » dans un entre-soi ravageur ? Or il faut comprendre ce qui nous arrive. « Ne pas rire, ne pas pleurer, ne pas maudire, mais comprendre » écrivait Spinoza dans son Traité politique. Nous ne rions pas, nous ne pleurons pas, nous ne maudissons pas mais nous voulons comprendre, par amour de la vérité, pour que la vie nous soit donnée.

Besoin de vie

Ce n’est pas de sens dont nous avons besoin, mais de vie. Besoin de faire confiance à ce souffle imprévisible, à l’Esprit que le Ressuscité a reçu du Père et qu’il envoie sur les Douze disciples anéantis. Père, Fils et Esprit, Ils sont trois, comme souvent dans l’Église, comme les trois portes d’entrée dans les cathédrales. La pensée binaire n’est pas notre tradition, il y a toujours entre moi et l’autre cet Autre qui met à distance nos certitudes et nos peurs, qui nous rend hospitaliers à l’inédit et aptes à trouver dans l’amour une activité suffisante. La parole est un acte d’amour, elle crée de la présence.
Ainsi, croire, c’est naître. C’est entrer avec la force d’une vie toute neuve dans un monde imprévisible. C’est apprendre très vite à communiquer, à créer de la rencontre joyeuse et pas compliquée. C’est bouger ce monde par des paroles fraternelles, elles ont la force de la poésie et la légèreté de la danse.

Gérard Marle fc

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Catéchuménat en Île-de-France : les résultats de la consultation

Catéchuménat en Île-de-France : découvrez les résultats de la consultation et les prochaines étapes de l’Assemblée ecclésiale provinciale.

De l’immigration en France : un livre documenté pour dépasser les idées reçues

Patrick Weil démonte les idées reçues sur l’immigration et propose des solutions concrètes pour un débat éclairé, documenté et apaisé.

Où les étoiles tombent : un hymne à la vie après l’accident

Recension du livre Où les étoiles tombent de Cédric Sapin-Defour, un récit bouleversant sur l’amour, l’épreuve, la reconstruction et l’espérance.

Complexe scolaire père Michel Gobin à Brazzaville : 86,95 % de réussite

Le Complexe Scolaire Catholique du père Michel Gobin à Brazzaville affiche 86,95 % de réussite au Baccalauréat et poursuit sa mission éducative.

La vidéo du pape, prier chaque mois en Eglise

La Vidéo du Pape diffuse les intentions de prière mensuelles du Saint-Père. Nous nous associons à la prière mondiale de l’Eglise.

Aqua de Gaspard Koenig : une source au cœur du village

Aqua de Gaspard Koenig raconte un village normand confronté à la modernité, à la gestion de l’eau et aux enjeux politiques locaux.

Premiers pas dans le ministère sacerdotal à Kinshasa, Brazzaville et Bogotá

Christian Basila fc à Kinshasa et Gilles Miakoumoutima fc à Brazzaville témoignent de leurs premiers pas dans le ministère sacerdotale.

Ce que j’ai vu à Auschwitz par Roger Fajnzylberg

Le témoignage bouleversant de Roger Fajnzylberg sur Auschwitz, la Shoah, la déportation et la mémoire de son père Alter.

Artenay sur les pas du Père Anizan avec la paroisse Sainte-Hélène de Paris

La Paroisse Sainte-Hélène de Paris s’est rendue le 6 juin 2026 à Artenay, village natal du père Anizan, un véritable retour aux sources

La Fraternité Anizan d’Espagne sur les pas du père Anizan en France

Du 28 juillet au 4 août 2026, la Fraternité Anizan d’Espagne découvrira Artenay, Verdun, Paris, lieux marquants de la vie du Père Anizan

Share This