Engagement dans les maraudes des Restos du Cœur
L’édition 2026 des Enfoirés se tiendra à l’Accor Arena du 13 au 19 janvier. Les 7 concerts sont complets depuis le 14 octobre ! Pour l’occasion, la Revue Chantiers a recueilli les témoignages de trois bénévoles liés à la paroisse Sainte-Hélène dans le 18ème à Paris, en maraude aux Restos du Cœur, qui partagent ce qui les anime et le sens qu’ils donnent à leur engagement.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous engager dans les maraudes des Restos du Cœur ?
Réponse de Réginale : Ce qui m’a donné envie de m’engager, c’est avant tout le besoin de me rendre utile. J’avais envie de donner un peu de mon temps à ceux qui en ont vraiment besoin. Les Restos du Cœur offrent un cadre humain et solidaire, et les maraudes sont une façon directe d’aller à la rencontre des personnes en difficulté, d’apporter un peu de chaleur, d’écoute et de présence.
Réponse de Marie-Elène : Les valeurs et éducation et d’aider son prochain et cela fait partie de qui je suis.
Réponse de Jean-Pierre : Cela correspond à l’être que je suis et je m’engage volontiers dans cette proximité avec les Restos du Cœur qui m’ont toujours attiré et engagement depuis 1991.
A quoi ressemble concrètement une soirée de maraude ?
Une soirée de maraude des Restos du Cœur, c’est avant tout un moment d’échange et de solidarité. On part en équipe, avec des boissons chaudes, des repas, des couvertures ou des produits d’hygiène. On va à la rencontre des personnes sans abri, on discute avec elles, on s’assure qu’elles vont bien, qu’elles ne manquent de rien d’essentiel. Ce n’est pas seulement de la distribution, c’est surtout de l’écoute et du lien humain.
On est une équipe de trois et on est heureux ensemble.
Quels sont les profils de personnes que vous rencontrez le plus souvent ?
Les profils sont très variés. On rencontre des hommes seuls, des femmes parfois, des jeunes et sont issus de la migration aux alentours de la quarantaine.
Quelle a été votre rencontre la plus marquante jusqu’à présent ?
Une rencontre m’a particulièrement marqué : L’homme au parapluie une personne très cultivée qui aimait la lecture et d’une gentillesse incroyable.
Comment établissez-vous un lien de confiance avec les personnes aidées ?
Le lien de confiance se construit dans la simplicité et le respect. On ne force jamais le contact : on se présente, on discute, on écoute sans jugement. Petit à petit, les visages deviennent familiers, les échanges plus naturels. Le plus important, c’est la régularité et la sincérité dans la démarche.
Qu’est-ce qui vous touche ou vous révolte le plus dans cette mission ?
Ce qui me touche le plus, c’est la solitude de certaines personnes. Beaucoup n’attendent pas forcément de la nourriture, mais juste un moment d’écoute, un regard bienveillant. Ce qui me révolte, c’est de voir à quel point on peut vite devenir invisible aux yeux des autres quand on est dans la rue.
Comment réagissent les passants ou les riverains lors de vos maraudes ?
Les réactions sont partagées : certains passants nous remercient ou nous encouragent, d’autres passent sans prêter attention. Globalement, il y a beaucoup de respect, mais parfois aussi de l’indifférence. C’est une réalité, et c’est pour cela que les maraudes sont importantes : elles rappellent que ces personnes existent.
Que vous apporte personnellement cet engagement ?
Réponse de Réginale : Cet engagement m’apporte un vrai équilibre. Dans nos vies souvent pressées, c’est un moment où l’on revient à l’essentiel. Cela me rappelle la valeur du lien humain, de la solidarité, et me permet de relativiser beaucoup de choses. C’est aussi très enrichissant humainement : on reçoit autant qu’on donne.
Réponse de Marie-Elène : utile, se sentir bien et donner un sens différent à sa vie.
Réponse de Jean-Pierre : d’être utile et d’être frère avec eux et un peu missionnaire et apporter Jésus auprès d’eux et d’entendre Que Dieu vous bénisse qui revient assez souvent
Quels sont, selon vous, les besoins les plus urgents pour les personnes de la rue ?
Les besoins matériels restent importants : se nourrir, se réchauffer, avoir accès à des soins. Mais le besoin d’écoute et de considération est tout aussi essentiel. Beaucoup veulent simplement être reconnus, exister dans le regard de quelqu’un, avoir un peu de réconfort et de dignité.
Les chaussettes du cœur de Sainte-Hélène qui sont très utiles durant la période hivernale.
Que diriez-vous à quelqu’un qui hésite à rejoindre une maraude ?
Réponse de Réginale : Je lui dirais de ne pas hésiter. Même si au début on peut avoir une petite appréhension, on se rend vite compte que c’est une expérience profondément humaine. On apprend beaucoup sur les autres, mais aussi sur soi-même. Il n’y a pas besoin d’en faire beaucoup pour apporter quelque chose : un sourire, une conversation ou un café chaud peuvent faire une vraie différence.
« Essayer c’est l’adopter. Viens et vois ! »
Marie-Elène Figaro, Réginale Niclas et Jean-Pierre Maçon fc, bénévoles aux Restos du Cœur

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