De Verdun, je retiens … les acteurs du projet T’ témoignent

10 Nov 2022 | Projet T' | 0 commentaires

Auteur de l'article : Les jeunes du projet T'
Crédit photos : Jérémie Ayemou

De Verdun, je retiens … les acteurs du projet T témoignent

Les acteurs du Projet T reviennent d’un week-end à Verdun début octobre 2022. Pierre Tritz fc les a fait marcher deux jours sur les pas du Père Anizan.

1. Lieux insolites et étonnants visités autour Verdun

Témoignage de Dave

“La terre à ce jour est encore remplie d’histoire et d’objet de cette époque. Je retiens la manière dont les entonnoirs immenses ont été engendrés. Ce week-end m’a permis de voir ce qui s’est passé, de penser aux personnes vivant à cette période de l’histoire et de comprendre les conséquences physiques et mentales de l’après… Cela va m’aider à m’imprégner, à me mettre un peu plus dans la peau de mes personnages.

Je vois que malgré tout, il y a quand-même de l’humanité dans tous ces moments de ténèbres. Le père Anizan a eu le courage de s’y rendre nonobstant la peur. Des femmes de soldat se sont improvisées infirmières”.

Témoignage de Laurette

“Je retiens : la place du père Anizan dans le cœur de certains, la figure d’amour et d’espérance qu’il s’est efforcé d’incarner là où régnait peur, le conflit et la désolation.
Sa présence a surpris. Elle a suscité l’interrogation. Mais elle témoigne de l’appel de Dieu là où nous pouvons faire du bien, à notre place”.

Témoignage de Nelson

“Notre escapade sur les lignes françaises et allemandes, la découverte des emplacements des explosions de mines, le fait de se retrouver à l’endroit même d’une explosion, au beau milieu de celles-ci, lors de la première Guerre Mondiale à Verdun me marquent.

La visite du Fort de Vaux, son incroyable histoire, aussi horrible soit-elle. La bataille en ces lieux et le courage dont ont fait preuve les soldats français jusqu’à la fin. Dans la pièce, le Père Anizan parle de ce Fort et de l’expérience horrible qu’il a partagé avec eux, en étant là-bas, en tant que infirmier et prêtre. J’ai compris pourquoi il n’aimait pas être là, des conditions de vie insupportables, insoutenables.”

2. L’homme a-t-il besoin de passer par la guerre pour apprécier l’apaisement ?

Témoignage et illustrations de Jérémie

“Les conditions abominables des jeunes soldats, la tour des morts, les ossements desséchés ainsi que toutes les victimes de la guerre enterrées ou non dans l’ossuaire de Douaumont me marquent.
Je retiens une phrase près d’une statue du christ ressuscitant :

« le visage du Christ tourné vers les hommes, une main de tendresse et d’amour, plongeant dans les profondeurs de la terre des douleurs, vient rejoindre tout homme.
Jusque dans l’abîme de la souffrance et de la mort.
Un visage qui appelle, une main qui soulève et relie.
Mystère de résurrection élévation, exaltation de l’homme et du monde. »

Et je me suis demandé : l’homme a-t-il besoin de passer par la guerre pour apprécier l’apaisement ?”

Témoignage de Marie

“Je retiens la sensation aussi poignante qu’effrayante de pouvoir pendant quelques instants se projeter dans le quotidien des soldats de la première Guerre Mondiale notamment lors de la visite du fort de Vaux, de la descente dans les entonnoirs et lorsque nous avons péniblement marché dans la boue.

J’ai pu également observer la force de la nature qui a repris ses droits dans un paysage qui quelques années auparavant n’était qu’une vaste étendue lunaire. La vie est plus forte que la mort.

Enfin, je retiens cet élan de solidarité qui nous soutient les uns, les autres et qui nous unit un peu plus à chaque weekend de répétition partagé. Elle devait être si chère au cœur de nos guerriers et aux ouvriers du monde populaire pour supporter leurs conditions de vie”.

3. L’impact de la première Guerre mondiale à Verdun

Témoignage de Sabrina

“Des villages entiers ont été détruits, laissant place aux tranchées et aux entonnoirs où des milliers de personnes ont perdu la vie.
Ce week-end m’a permis de découvrir un côté plus sombre de cette guerre, où un Aumônier, le Père Anizan, a pu ramener de la lumière afin d’alléger la conscience des soldats au front.
Quoi qu’il arrive, même dans le pire, il y a toujours une lumière présente qui essaye de venir à nous, il faut essayer de ne pas baisser les bras”.

Témoignage d’Emmanuel

Ce qui me marque est la profondeur historique et la beauté artistique de l’Ossuaire de Douaumont, l’histoire poignante du Fort de Vaux. Et la marche pluvieuse jusqu’au Fort de Vaux et de la Laufée : éprouvante, drôle, surpassant les épreuves”.

Témoignage de Gabriel

“Je retiens l’horreur et la force démesurée avec laquelle elle s’est abattue. Il n’y a pas de gloire ou de gagnant.
La bravoure rime avec la barbarie, pour sauver sa vie, ses proches, son pays.
Le plus marquant ce n’était pas tellement les trous d’obus de 30 mètres qui tuaient sans distinction alliés et ennemis d’un seul coup. C’est ce tunnel exigu au Fort le Vaux où pendant 7 jours et nuits, des hommes affamés, assoiffés, blessés et malades, se sont battus au corps à corps à milieu des cadavres de leurs compagnons baignant dans une marre d’excréments. Des hommes qui étaient plongés dans l’obscurité la plus totale, obscurité humaine, obscurité visuelle. La seule lumière qu’ils apercevaient au fond du trou était celle des fusils qui ôtaient une vie de plus, les délivrant d’un enfer précoce.
Il y a 300 000 corps à Verdun mais combien d’âmes ont étés perdus là-bas ?
Tous ces soldats ont laissé des fragments d’eux-mêmes dans cette bataille. Ils hantent encore ce sol maudit comme ces millions de fragments de shrapnel jonchant le sol”

4. Le calme de la nature, après le chaos de la guerre

Témoignage de Florian

Je retiens les conditions de vie inhumaine dans lesquelles ont résisté les soldats du fort de Vaux.
Un brouillard entourant l’ossuaire de Douaumont comme si cet endroit était figé hors du temps.
Un paysage changé à tout jamais par les batailles qui s’y sont produites. Un changement visuel : détruit et un changement auditif : le silence qui habite ses lieux”.

Témoignage de Clotilde

“Le calme de la nature
Après le chaos de la guerre.
Aujourd’hui l’air y est pur
Mais chargé des souvenirs d’hier.

Des femmes et des hommes dévoués
Dans l’ombre, à les aider,
Ces enfants, ces jeunes soldats
Face à l’horreur des combats.

Médecins, infirmières, aumôniers…
Dont on n’entend pas assez parler,
Ont eu leur part dans cette victoire
De la fraternité contre le désespoir”.

Témoignage d’Orana

Je retiens la mémoire du lieu. Un passé qui forge la France, les français, les Humains. Cette Histoire est la vérité du présent et du futur.
À Verdun, on y ressent la vie à travers la mort et la mort à travers la vie.
À Verdun, des obus gisent dans l’herbe qui pousse.
À Verdun, une guide raconte l’histoire d’un fort en ruines.
À Verdun, la cloche de l’église sonne rappelant l’assaut des allemands se rapprochant.
À Verdun, des soldats se reposent dans les sols près des bâtiments d’histoire qui sont élevés.
À Verdun, notre groupe déambule, prie, prend conscience de cette mémoire.
À Verdun, le Père Anizan était présent pour témoigner de la grâce de Dieu.
Dans notre pièce, un peu de vie, un peu de mort, l’herbe pousse, une cloche sonne, des soldats, un groupe d’amis, le Père Anizan…
À Verdun, notre pièce.
Notre pièce, à Verdun”.

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