Portrait d’André Roger REBRE fc

André Roger REBRE 28/2/1930 – 6/4/2019

« Jésus est l’homme qui m’a séduit. Tellement que j’ai désiré le faire connaître et aimer à d’autres. »

Né à Versailles, André Roger REBRE avait des racines luxembourgeoises dont il était fier. Son père (Paul) travaillait comme garçon de café et sa mère (Justine) était femme de ménage . Il avait un frère Michel. Ils habitaient Clichy, en milieu populaire. Il a été baptisé le 25 juillet 1931, communié le 8 juin 1941 et confirmé le 9 juin 1941. Avec sa famille il a gardé des liens fidèles n’oubliant jamais de souhaiter leurs anniversaires.

Il a connu l’institut par Jules Duchêne qui a perçu en lui une soif d’apprendre. Comme l’écrivent ses premiers formateurs : André était d’«une discrétion presque excessive mais très intelligent» (Boidin) «Avec ses grandes qualités humaines et son esprit de prière, il fera beaucoup!» (Brachet)

André a prononcé ses premiers vœux le 8 novembre 1952 et ses vœux perpétuels exactement 3 ans plus tard. Ordonné diacre le 22 décembre 1956 puis prêtre le 2 juin 1957, il fut envoyé 2 ans à Grand Quevilly, puis au Bon
Pasteur à Paris jusqu’en 1967. Là il a retravaillé les commentaires du missel communautaire. Il s’entoura de quelques personnes et de sœurs Auxiliatrices de la Charité pour valider ses travaux.

Ensuite à Colombes de 1967 à 1971 puis élu Supérieur Général de la congrégation. Il fera un mandat de 6 ans, dans une grande confiance avec ses assistants. Il s’agit d’années compliquées en raison du contexte social. Beaucoup d’entre nous pensent qu’André fut une grâce pour notre congrégation, sachant tenir le gouvernail de notre vaisseau ballotté sur les mers au grand vent des recherches et initiatives foisonnantes, parfois troublantes, "idéologiques". « Par sa foi profonde, son calme devant les événements, son intelligence des situations, son respect des personnes, il a permis à notre famille religieuse de garder le cap fixé par le P. Anizan : le mal de Dieu et le mal du ministère du peuple. »

Il n’aura rejeté personne et a gardé des liens d’amitié avec plusieurs frères ayant quitté la congrégation. Aux jeunes novices professant leurs premiers vœux il a su transmettre l’appel à sortir des mondanités et se confronter au réel, en particulier auprès « de vieux militants ouvriers, de vieux prêtres de banlieues, de parents âgés qui se posaient la question du sens de leur vie et de leurs actions après de longues années d’engagement face au peu de fruits qu’ils en avaient récolté. », vibrant appel au don de soi, à l’exemple du Crucifié. Paroles quasi prophétiques valables encore aujourd’hui.

Vient le temps où André rencontre les gens du Nord, durant 2 ans à Escaudain. « Région où le climat maussade contraint les gens à avoir le soleil dans leur cœur ! un peuple qui vibre à la souffrance d’autrui.»

En 1979 il est vicaire à la paroisse de Belleville et en 1983 assistant du Supérieur Général. De ses expériences de gouvernement, quand il s’agira de sa propre nomination, André répondra positivement à l’appel car «j’ai trop su ce que c’était pour un responsable de demander à un frère de changer de communauté, alors j’ai accepté.»

En 1989 il retourne dans le Nord à Valenciennes pour 5 ans. « Ceux que Jésus-Christ chérit, sont délaissés. C’est donc bien d’être là. Je crois pouvoir écrire que je proclame l’évangile lors des enterrements, aux réunions de préparation des parents au baptême de leurs enfants, aux homélies du dimanche et aussi aux rencontres de l’équipe d’A.C.O, d’A.C.G.F… est-ce entendu ? Est-ce que les jeunes (c’est mon souci) rencontreront Jésus-Christ ? [1]»

André revient à Paris Belleville jusqu’en 2003. En septembre il est nommé vicaire à la paroisse Notre Dame de Lourdes d’Argenteuil, puis vicaire de la paroisse St Martin à Bezons de 2012 à 2017. Il a rejoint l’équipe de frères aînés, prêtres en disponibilité pour les paroisses de Bourges nord et des environs.

Sa réputation de bibliste, de savant, le précédait et impressionnait beaucoup d’entre nous. Mais il savait écouter, être attentif à ce que chacun disait, que ce soit aux temps des camps et autres activités avec des jeunes où ses capacités à préparer les repas et de grandes tartes aux pommes faisaient merveilles, comme les derniers temps à Bezons avec les confirmands ou à Bourges avec des catéchumènes allant jusqu’à dire « André, je le kiffe [2] ».

Grand serviteur de la congrégation des Fils de la Charité, durant son mandat de Supérieur Général, ou comme assistant, André aura répondu aux demandes du Centre St Paul pour la formation permanente des adultes une dizaine d’années, y consacrant de 3 à 5 soirées bibliques tous les ans.
Il a écrit de nombreux articles pour la revue Chantiers, et prêchait volontiers des retraites spirituelles comme l’an dernier pour la famille spirituelle Anizan.
Deux écrits ont particulièrement monopolisé ses efforts ces dernières années : un commentaire des évangiles des messes de semaine et paru tout récemment un commentaire de la bible liturgique des premières lectures des messes de semaine, aux éditions Bayard.

Nous avons admiré André chercher, trouver et mettre en œuvre des moyens pour intéresser jeunes et moins jeunes à l’écoute de la Parole de Dieu, faire connaître Jésus l’homme qui l’a séduit ! Il aura, sa vie durant, mis à la portée des gens modestes tous les textes que les chrétiens entendent à la messe en semaine ou le dimanche. Il aura donné au peuple l’intelligence du Christianisme, étant ainsi un fils du Père Anizan, notre fondateur. Il savait mettre les préoccupations de l’Homme au cœur de son homélie, comme s’il avait le journal dans une main et la Bible dans l’autre.

Une autre activité intéressait André : l’astronomie. Muni d’un télescope puissant, il savait braver le froid d’hiver, ou au contraire profiter du temps doux et chaud d’une nuit d’été pour contempler tel ou tel astre.

La revue Chantiers des Fils de la Charité, du mois de juin, lui rendra hommage comme pour tous les Fils de notre famille religieuse, et nous aurons la joie de publier le témoignage qu’il avait donné lors de ses 50 ans de sacerdoce : « Jésus, l’homme qui m’a séduit. »

Jean-Michel Rapaud, fc, responsable de France avec tous ceux qui ont envoyé un témoignage

[1]     Lettre à Jules Duchêne depuis Valenciennes en date du 15 octobre 1989

[2]     Verbe familier, kiffer, dérivé du mot kif, aimer fumer du haschich ou cannabis, prendre du plaisir, très usité en milieu populaire. Pour l’article voir dans la revue Chantiers n°197 de mars 2018, pages 6 et 7.

Merci André de nous avoir donné de goûter la parole de Dieu. Encourage-nous à la fréquenter quotidiennement

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