Lavement des pieds à la paroisse Sainte-Hélène (Paris)

Mission

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Pour décrire notre mission nous avons choisi de vous proposer un extrait de Notre triple idéal rédigé par le P. Anizan, fondateur de la Congrégation.

Jésus-Christ exemplaire parfait de notre idéal

Pour arriver à réaliser ce triple idéal, nous n’avons qu’à marcher sur les traces de notre divin Maître Jésus-Christ qui nous dit, à nous particulièrement : « Je vous ai donné l’exemple afin que vous fassiez comme j’ai fait. »

Il est dit aux Actes des Apôtres que Notre Seigneur commença par pratiquer avant d’enseigner. Cette parole s’applique aux trois points de vue que nous envisageons.Baptême à la paroisse Sainte-Hélène (Paris)

Jésus-Christ était la sainteté même puisqu’il était Dieu, et point ne lui était besoin d’employer les moyens de sanctification que nous devons employer nous-mêmes. Il suffisait qu’il nous indique le chemin et qu’il nous répète la parole du Lévitique : « Soyez saints comme je suis saint. »

Mais, comme le disent les Actes des Apôtres, il a voulu donner l’enseignement de l’exemple avant celui de la parole.

Premières communions à la paroisse Sainte-Hélène (Paris)Ce fut seulement vers la fin de sa vie publique, peu avant la Passion, qu’il révéla le chemin de la grande sainteté : « Va, vends tous tes biens, donne le prix aux pauvres et suis-moi. »

Mais ce chemin du détachement complet, de la pauvreté, il l’avait suivi lui-même depuis le début de sa vie. Il y était entré dès sa naissance et ne l’avait pas quitté pendant toute sa vie cachée à Nazareth. Pendant sa vie publique il avait pu dire : « Les renards ont leurs tanières et les oiseaux leurs nids, mais le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer sa tête. »

Il a fini par mourir sur la croix, tellement dépouillé de tout, qu’avant son dernier soupir ses vêtements les plus essentiels eux-mêmes avaient été partagés entre ses bourreaux.

Peut-on imaginer un exemple plus frappant pour ceux qui sont appelés à se dépouiller de tous les biens, à faire voeu de pauvreté et à en pratiquer même la vertu?

Ne parlons du second voeu, pour ce qui concerne Jésus-Christ, que sous le nom de sainteté. Cette sainteté, nul n’a pu la contester. Ses ennemis qui cherchaient des prétextes contre lui, ont assurément fouillé sa vie entière comme on le fait toujours quand on veut salir quelqu’un. Or, Jésus-Christ a pu, un jour, leur lancer ce défi (et assurément il parlait de toute sa vie) : « Qui de vous me convaincra de péché ? » Aucun de ceux, qui pourtant lui en voulaient à mort, ne put en révéler une ombre. Le démon lui-même, qui en sait plus que les hommes, fut obligé de lui rendre ce témoignage par la bouche d’un possédé : « Je te connais, je sais que tu es le Saint de Dieu. »

Quant à l’obéissance, inutile d’y insister, l’Eglise le proclame dans son office faisant sienne la parole de saint Paul aux Philippiens : « Il s’est fait obéissant jusqu’à la mort et à la mort de la croix. » Cette parole s’applique à toute la vie du Sauveur, puisque, selon l’Evangile, dès son enfance il était soumis à Joseph et à Marie.

Ses exemples ne sont pas moins admirables pour tous les détails de la vie religieuse.

Jésus-Christ a suivi une règle, et tellement stricte qu’elle embrassait tous les détails de sa vie. « Ce qui plaît à mon Père, voilà ce que je fais toujours. » Vous entendez : « toujours. »

Sa vie de prière et de recueillement n’a pas cessé. A Bethléem, à Nazareth, au désert, pendant sa vie publique, la nuit, le jour, quand il pouvait échapper à l’étreinte des foules, au dernier repas du Cénacle, au jardin des Olives, nous le voyons en prière. Il est mort en priant : «In manus tuas, Domine… »

Le religieux doit être un homme de pénitence, il doit prendre sa croix et suivre Notre Seigneur. De pénitence, qui en a donné plus d’exemple que lui ? Qui a fait jamais un Carême comme celui du désert ? Qui a souffert volontairement jusqu’à suer le sang ? Qui s’est imposé à soi-même une passion comme la sienne ? Et le port de la croix ! Je ne parle pas seulement de la croix de bois du Calvaire, mais de ce que nous appelons les croix.

MarieLe chemin qu’a voulu suivre le Fils de Dieu fait homme n’a-t-il pas été semé à profusion de croix ?

Dès avant la fuite en Egypte et jusqu’à son dernier soupir, sa vie n’a été qu’un acheminement sur un sentier rude, étroit, montueux. Avant de porter sa croix de bois, il en a porté de non moins lourdes tout le temps de sa vie. Il a certes le droit de dire à ses préférés qu’il appelle à la perfection : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ! ».

Il n’est pas jusqu’à la vie commune, et vie commune difficile et pénible avec des hommes ignorants, grossiers, aussi lents à croire que faibles de volonté, qu’il n’ait voulu mener pour nous servir de modèle.

Après de tels exemples de sainteté, Notre Seigneur pouvait enseigner et on comprend qu’il l’ait fait avec une autorité incomparable.
Quand dans son sermon sur les béatitudes il prêchait la pauvreté, la pureté, la charité, le sacrifice, quand il recommandait à ses Apôtres de ne porter ni or, ni argent, ni monnaie, ni bâton, quand il enseignait le détachement, le dépouillement de tout, quand il recommandait la prière incessante et la pénitence, il pouvait toujours ajouter : « Suivez-moi, » car avant de prêcher il avait commencé par faire. Pour une fois, l’esprit de mensonge a été contraint à dire la vérité. Jésus était le Saint de Dieu. Que nos Constitutions ont raison de dire : « C’est en lui que les Fils de la Charité trouveront leur exemplaire. »

Ils le trouvent au point de vue de la sainteté, ils ne le trouvent pas moins au point de vue de l’apostolat.

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« Les Fils de la Charité, lisons-nous dans nos Règles, aimeront à approfondir et à s’appliquer la parabole du Bon Pasteur qui offre le plus bel idéal de la vigilance et du dévouement apostolique ».

Que cette image représente bien notre Jésus Apôtre, et comme elle convient bien à notre mission de pasteurs des pauvres !

Le prophète Ezéchiel, annonçant le Messie, le représente sous cette forme de Bon Pasteur, tant l’apostolat devait tenir une place prépondérante dans sa vie. Il commence par maudire les mauvais pasteurs du peuple de Dieu qui se paissaient eux-mêmes,et qui, par leur égoïsme, leur violence et leur cruauté, dispersaient les brebis au lieu de les attirer. Puis il ajoutait sous l’inspiration divine cette annonce du Messie :« Je leur susciterai un Pasteur qui les paîtra… Comme un pasteur visite son troupeau, ainsi je visiterai mes brebis et je les délivrerai. C’est moi qui les ferai paître, qui les ferai reposer. Je chercherai celle qui était perdue, je ramènerai celle qui était égarée, je panserai celle qui était blessée, je réconforterai celle qui était malade. » Il faut lire tout l’admirable chapitre XXXIVe d’Ezéchiel sur ce sujet.

Bergerie et moutonsCette prophétie touchante, Notre Seigneur l’a réalisée à la lettre.

« Je suis le Bon Pasteur, a-t-il dit. Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent. » Et il fait la description de la vigilance du bon pasteur. Il paît ses brebis, les défend contre les loups ravisseurs. Si une d’elle s’égare il laisse les autres pour la chercher. Quand il l’a trouvée, il la prend sur ses épaules, et il la rapporte joyeux. Il rêve même de réunir toutes les autres qui ne sont pas de sa bergerie, qui sont dans des pâturages étrangers. Enfin, il donne sa vie pour ses brebis.

N’est-ce pas là le résumé le plus exact, le plus complet en même temps que le plus émouvant de l’apostolat de Notre Seigneur, et aussi la leçon la plus saisissante de ce que doit être le nôtre ?

Le temps ne me permet pas de faire ici le commentaire de cette parabole si lumineuse. Et pourtant quels enseignements nous pourrions en tirer ! Nous sommes les pasteurs des brebis, des âmes de nos paroisses, de nos oeuvres. Dieu nous a suscités pour elles. Pour elles il nous a donné à tous, prêtres et frères, notre vocation et toutes les grâces qui en découlent, pour elles il a confié aux prêtres leur sacerdoce.

Tous, comme le Bon Pasteur, nous devons tâcher de connaître nos brebis et de nous faire connaître d’elles.

Nous devons les paître, les instruire par nos paroles, par nos exemples, par tous les moyens à notre portée, leur communiquer la vie divine par la grâce, par la prière et les sacrements.

Nous devons les défendre contre les loups ravisseurs. Aujourd’hui c’est partout que rôdent ces loups, ils sont foule, ils emploient tous les moyens pour s’emparer de nos brebis, pauvres brebis de tout âge ! Quels combats, quelle guerre s’imposent aujourd’hui aux pasteurs pour défendre leurs brebis !

La Providence met à leur portée des armes de tous genres, il faut user de toutes, des naturelles comme des surnaturelles.

Quant aux brebis égarées, ce sont celles qui abandonnent la bergerie. Combien elles sont nombreuses ! Devons-nous nous contenter de déplorer leur éloignement, de nous en plaindre, de les maudire, de les abandonner ?

Il n’y a que les mercenaires qui abandonnent les brebis. Le bon pasteur, lui, va les chercher, même au milieu des ronces et des épines, c’est-à-dire au milieu des difficultés et des dangers. S’il le faut, il laisse quelque peu les 99 brebis fidèles pour poursuivre la brebis perdue. Et, quand il l’a retrouvée (il y en a beaucoup qu’on pourrait retrouver, beaucoup plus qu’on ne pense généralement), avec quelle joie, quelle allégresse il l’accueille ! Voilà les vraies joies du bon pasteur, ses vraies consolations au milieu de ses labeurs.

Il doit même rêver de réunir dans le bercail toutes celles que les mauvais bergers ont entraînées dans les leurs.

Elles aussi, il ne s’agit pas de les maudire et de les abandonner à leur malheureux sort.

Pour toutes le bon pasteur ne doit compter ni ses fatigues, ni ses peines.

Sans doute, l’obéissance doit tout régler, mais pour lui personnellement, il doit être prêt à donner sa vie. Nos Constitutions nous engagent à offrir, à l’approche de la. mort; notre vie pour les pauvres. C’est la manière la plus ordinaire pour nous de sacrifier, pour nos brebis, notre vie après l’avoir usée à leur service.

Surtout, qu’aucun de nous ne soit le mauvais pasteur qui se paît lui-même, et qui par son égoïsme et ses violences disperse les brebis au lieu de les attirer au bercail. Le prophète Jérémie annonce, au 15e verset de son IIIe chapitre, que Dieu enverra des pasteurs selon son coeur. C’est notre mission. Puissions-nous être tous de ces pasteurs selon le Coeur de Dieu ! Pour cela, il faut que nous soyons d’autres Jésus-Christ.

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Le Christ en croixEnfin, Notre Seigneur a réalisé en lui aussi, l’idéal de l’apôtre des pauvres.

Impossible de nier que ses préférences aient été pour eux. Cela devait être, puisque là était sa mission de par l’Esprit de Dieu. Et nous savons si Notre Seigneur a observé fidèlement les volontés divines.

Il s’est fait leur semblable. Il a voulu toute sa vie être pauvre comme eux, pauvre dans sa parenté, dans sa manière de vivre, dans sa condition, dans son travail, pauvre réellement comme eux, on peut même dire plus qu’eux.

C’est parmi eux qu’il a choisi ses Apôtres, ses préférés, ses plus intimes amis.

Ce sont surtout les pauvres qu’il prêchait et qu’il attirait à sa suite. C’est en leur faveur qu’il a opéré presque tous ses miracles. Malgré sa pauvreté, il leur faisait encore l’aumône, le murmure de Judas contre Marie-Madeleine répandant le parfum précieux le prouve. Plus d’une fois ses ennemis lui ont reproché d’être toujours avec eux.

Il a même voulu que ce caractère de son apostolat restât attaché jusqu’à la fin des siècles à sa divine Personne. L’Evangile qui a conservé sa physionomie pour la révéler à tous les siècles est sans doute l’Evangile de la vérité, mais on peut l’appeler en toute vérité l’Evangile des pauvres.

C’est avec raison que nos Constitutions disent : « Les Fils de la Charité font profession de reproduire Jésus père des pauvres. C’est en lui qu’ils trouveront leur exemplaire et leur inspirateur. L’Evangile est l’objet de leur étude et de leurs méditations constantes. »

C’est là que nous, Fils de la Charité, nous pouvons et devons aller nous retremper dans notre amour des pauvres. C’est là que nous entretiendrons de la façon la plus efficace notre zèle pour les chercher, les éclairer, les mener au ciel. C’est là que nous trouverons les exemples les plus entraînants et les plus concluants de patience, de miséricorde et de dévouement à leur égard.

Notre Seigneur est resté fidèle jusqu’à la mort à sa prédilection pour les pauvres. Nous le voyons bien dans le choix de saint Jean à sa dernière heure pour le remplacer près de sa Mère, dans sa miséricorde pour le pauvre larron. Puissions-nous, puisse notre chère famille rester toujours fidèle au poste d’honneur auquel le Sauveur veut que nous le remplacions ici-bas.

Merci, ô divin Maître, de nous avoir appelés par vocation à la sainteté la plus élevée que l’homme puisse atteindre ici-bas, à la fécondité apostolique des pasteurs selon votre Coeur que vous avez annoncés par le prophète Jérémie, enfin, de nous avoir associés à la mission que l’Esprit de Dieu vous a confiée à Vous-même lors de votre passage en ce monde. Nous sommes bien jeunes encore comme membres de cet Institut qui est tellement vôtre, et par cela même nous sommes encore bien imparfaits.

Tous, d’un même coeur et d’une même âme, nous allons travailler plus que jamais à atteindre nous-mêmes et à faire atteindre à notre chère famille le triple idéal que vous avez si magnifiquement, disons si divinement, réalisé et que vous voulez réaliser de nouveau en nous et par nous.

Aidez-nous à vous suivre d’aussi près que possible en sorte que notre cher Institut soit comme un évangile vivant et que chacun de nous devienne aux yeux de votre Père céleste et du monde un vrai fils de la charité, de Dieu charité, c’est-à-dire un autre Jésus-Christ.