Bandeau de la Vie Consacrée

Vie consacrée : témoignage d’Emmanuel


Quand Dieu sculpte une vie

Témoignage d’Emmanuel Say fc


Portrait d'Emmanuel SayLe Père Emmanuel a fait profession religieuse chez les Fils de la Charité le 18 juin 1989.
Ivoirien il a vécu sa vie religieuse à Brazzaville (Congo), Abidjan (Côte d’Ivoire),  Getafe (Espagne) puis Rome (Italie) où il vit actuellement.

Des pas essentiels

Comment parler de ma vie religieuse Fils de la Charité à l’occasion de l’Année de la Vie Consacrée? En résumant brièvement des pas essentiels que j’ai dû faire à la suite du Christ, depuis le temps où j’ai pris conscience de son appel. L’agir de Dieu dans la vie d’une personne la pousse à aller toujours au-delà d’elle-même.


Manifestation de la présence du Père

Mon engagement dans l’Institut des Fils de la Charité est la suite d’une histoire qui a forgé en moi une nouvelle identité et réorienté en profondeur mon agir. En remontant à l’origine je revois, comme si c’était hier, l’expérience de ma conversion à l’âge de 21 ans. Elle a mis définitivement un terme à une adolescence portée par un besoin irrépressible de m’affirmer et d’être indépendant vis-à-vis de tout ce qui incarnait à mes yeux l’autorité : la famille et l’Église en particulier ; mais au fond, c’était surtout l’indépendance vis-à-vis de Dieu. Et c’est précisément ce désir-là que Dieu allait recadrer par la force de sa Parole. Je sentis intérieurement son regard de miséricorde posé sur moi, et me résolus à marcher sur la voie de celui qui m’apparaissait désormais comme le Père. Il a manifesté sa présence à l’âme rebelle que j’étais, et cette expérience de Dieu donnera une nouvelle direction à ma vie.

Le sens de la Fraternité et la source d’un élan

Quand je suis devenu Fils de la Charité, après avoir abandonné mon métier d’instituteur, j’ai dû faire encore des pas, dans un effort incessant, afin que tout mon être se laisse peu à peu former et sculpter de l’intérieur par l’Esprit du Christ ; et qu’ainsi je puisse correspondre aux critères de son appel. J’ai dû donc apprendre à regarder les autres et à me laisser regarder par eux, non plus de haut en bas, mais au contraire de bas en haut comme le fit Jésus, en lavant les pieds de ses disciples. Élevé dans une culture qui valorise l’appartenance ethnique, jusqu’au point d’en arriver à l’exclusion de ceux qui ne sont pas comme nous, j’ai appris grâce à l’Évangile le sens de la fraternité au-delà de l’ethnie. J’ai compris que notre monde était bien loin d’avoir compris ce que signifient les diversités entre races, entre cultures, peuples, religions ou idéologies. Mais, l’expérience la plus fascinante, qui me libère de l’emprise du moi et d’une volonté de puissance si ancrée dans l’âme humaine est, sans aucun doute, l’approfondissement de l’obéissance filiale, par quoi Jésus tourne notre être vers le Père. Pourquoi dois-je obéir à un autre, au Tout Autre ? Pourquoi ne pas me fier à ma propre volonté, suivre mes plans et mes calculs ? Ne suis-je pas libre de faire ce que je veux, quand je veux et comme je veux ? Dans la lumière de la foi, j’ai compris que l’obéissance au Père n’étouffait pas ma liberté et ne visait pas à m’aliéner. Au contraire, ma personnalité exposée à s’effriter sous le poids de mon égoïsme et de mes faiblesses, se retrouve unifiée et pacifiée dans le consentement à l’esprit filial. Cet esprit me fait être et devenir ce que je suis en vérité. Je puis alors vivre selon ma véritable identité, celle de fils de Dieu. Et, n’est-ce pas en sachant « qui je suis » que je comprends mieux « ce que j’ai à faire », en correspondance avec mon identité profonde ? Finalement, ma vie comme religieux est saisie dans ce jeu vital d’unification du moi, dans une tension permanente de communion avec le Divin et de communion avec mes frères humains. C’est un fruit de la relation personnelle avec Jésus. C’est une conséquence de mon appartenance à l’Église et au corps de mon Institut. C’est la source d’un élan qui me porte en permanence vers les pauvres, parce que Dieu cache en eux son visage. Et c’est, enfin, la raison pour laquelle je ne recherche pas à gagner les gloires de la terre, mais à servir le Royaume et la Gloire de Dieu.

Rome, 18 janvier 2015

Emmanuel SAY KOUAME
Fils de la Charité

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Commentaires


Un commentaire sur Vie consacrée : témoignage d’Emmanuel

  1. Merci Emmanuel pour ce témoignage qui dans sa brièveté a su exprimer l’essentiel, le cœur de notre merveilleuse vocation. Une bonne nouvelle pour un monde de plus en plus fermé sur lui-même.

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