Bandeau de la Vie Consacrée

Vie consacrée : témoignage de Michel


La Vie Religieuse ça n’existe pas, mais la vie de Fils oui !

Témoignage de Michel Retailleau fc

Michel Retailleau fc

 

Le Père Michel a fait profession religieuse chez les Fils de la Charité le 15 septembre 1973. Il a été Supérieur général durant 12 ans. Il a travaillé en paroisse à Argenteuil (95), Villeneuve Saint-Georges (94) et à Paris (dans le 18ème) où il est actuellement avec la charge des jeunes en formation et des vocations.

 

Ce n’est pas par goût de la provoc’. Mais “LA vie religieuse en général”, ça n’existe pas. Ce qui existe, c’est une variété de formes de vie religieuse qui, certes, parlent toutes de vie fraternelle, de vœux, de recherche de Dieu, du sens des pauvres… mais ce n’est là qu’uniformité de langage. Car chaque vocation religieuse fait jouer tous ces éléments-là avec une singularité qui fait qu’un moine n’est pas un religieux “apostolique”, qu’un jésuite n’est pas un franciscain ni un Fils de la Charité. Si chacun vit des caractéristiques communes à la vie religieuse, en fait il les met en œuvre avec l’intuition propre et la mission de sa Congrégation. A tel point qu’il nous arrive d’être reconnus sans être connus ! Un jour, j’ai été surpris de me voir identifié : “Ne seriez-vous pas Fils de la Charité ? Votre manière d’être et de faire ressemble aux prêtres de chez moi ” ?

Attiré par un certain art de vivre

Quand je m’interroge sur ce qui a pu jouer un rôle déterminant dans mon appel à devenir “Fils”, je crois que c’est la découverte d’une humanité heureuse chez nombre de Fils de la Charité et pas d’abord chez un Fils particulier… Une petite musique de vie différente qui a résonné en moi : une manière d’être homme dans la simplicité, de s’intéresser à la vie des gens et d’être proche de leurs joies et de leurs problèmes, d’être homme d’Eglise sans être un homme du sacré. Et aussi une manière de vivre en équipe, avec des frères qui vivent, prient et partagent la mission de poursuivre “le mal de Dieu et le mal du ministère du peuple” selon l’intuition du fondateur. Bref, un certain art de vivre possible avec sa cohérence, son dynamisme qui me semblaient être en affinité avec celui que je désirais être.

Désireux de m’inscrire dans une histoire de Témoins
S’il y a “beaucoup de demeures dans la maison du Père”, la maison Fils de la Charité m’apparaissait aussi comme une manière de vivre avec des frères un héritage original tout en le réinventant pour aujourd’hui. Une vocation à la vie religieuse se nourrit des élans spirituels et missionnaires due ce témoin particulier qu’est le fondateur. La vie de fidélité tant amoureuse que douloureuse du P. Anizan à l’Eglise et aux gens des banlieues ouvrières et cités populaires m’a beaucoup parlé. Dans sa passion d’annoncer la “Charité-Compassion de Dieu aux foules abandonnées et sans pasteurs”, et dans sa mystique apostolique, j’ai trouvé d’instinct un “chez moi”. Un guide, quelqu’un en qui m’identifier. Et à sa suite, j’ai découvert l’ “histoire sainte” des Fils dans laquelle se sont forgés un certain ‘savoir être’ et un certain ‘savoir faire’ Fils qui constituent ce qu’on appelle un “charisme”. En faisant mienne cette histoire, avec ses grandeurs, ses erreurs et son péché, je me suis découvert Appelé par Dieu pour être à mon tour non un répétiteur mais un héritier d’une passion et d’une mission sans cesse à actualiser.

2 vies en 1 : ‘prendre soin’ de Dieu et des hommes
Comme prêtre-religieux Fils (quelques-uns sont aussi laïcs-religieux) avec d’autres Fils de la Charité, je suis appelé publiquement dans l’Eglise à prendre soin de Dieu et des petits de ce monde. Prendre soin de Dieu lui-même… Dans les temps de prière personnelle ou communautaire, les Eucharisties en équipe ou en paroisse, la contemplation de sa Présence dans les personnes rencontrées, nous désirons donner à Dieu le temps de venir nous rencontrer et de faire connaître son Projet sur nos quartiers. Appelés à prendre soin d’un Dieu-Charité qui se remet entre nos mains fragiles et nous demande d’être les humbles “berceaux” de sa Présence dans ce monde populaire… Et dans la familiarité avec l’Evangile, laisser au Christ le temps de nous séduire encore et toujours, lui l’Homme-Dieu qui a si divinement pris soin des pauvres et des petits de son temps. Ainsi, nous faisons confiance à l’Esprit pour transformer nos vies d’hommes pécheurs en existences pauvres, chastes et obéissantes, à l’image du Christ lui-même.

Car c’est Lui, aujourd’hui comme hier, qui nous appelle à prendre soin en même temps de tout ce peuple de nos cités, si divers dans ses âges, ses besoins, ses cultures et ses attentes… Lui qui nous demande d’être proches de leurs “besoins matériels et spirituels”, eux qui sont souvent mal considérés ou ont si peu de poids dans nos sociétés et parfois même dans nos églises. Ne sont -ils pas aussi ceux-là même que la Miséricorde Dieu nous confie comme ses “enfants préférés” ? Une liturgie conviviale, le souci de parler simplement de Dieu mais avec cœur, l’attention à la vie sociale et ouvrière, au coude à coude avec les laïcs… sont des “marques de fabrique” Fils de la Charité. Mais avec l’horizon que chacun de “ces petits qui sont nos frères” puisse découvrir sa dignité de “fils de Dieu” comme sa plus belle parure ! Car nous osons croire que c’est cette Charité-là “qui sauvera le monde” .

Paris, 17 février 2015

Michel RETAILLEAU
Fils de la Charité

 Année de la vie consacrée
30 novembre 2014 – 2 février 2016

«Les personnes consacrées sont signe de Dieu dans les divers milieux de vie, elles sont levain pour la croissance d’une société plus juste et fraternelle, elles sont prophétie de partage avec les petits et les pauvres. Comprise et vécue ainsi, la vie consacrée nous apparaît comme elle est réellement: elle est un don de Dieu, un don de Dieu à l’Église,un don de Dieu à son peuple! Chaque personne consacrée est un don pour le peuple de Dieu en chemin».

Pape François

Voir aussi :

Commentaires


2 commentaires sur Vie consacrée : témoignage de Michel

  1. j’ai fréquenté les Fils il y a un demi siècle et cette fréquentation m’a beaucoup apporté il n’y avait pas à cette époque le culte accordé actuellement au père Anizan par ses fils quel est le chemin des hommes au 21e siècle

    dominique brémaud

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