Bandeau de la Vie Consacrée

Vie Consacrée : témoignage de Michel


Témoignage de Michel Franco fcMichel Franco fc

Le père Michel a fait profession religieuse chez les Fils de la Charité le 8 septembre 1984. Après Bègles, Nîmes et Grigny il est actuellement curé à La Rochelle. Il est aussi aumônier de la Mission de la Mer et membre du club de supporteurs de rugby.

Me voici !

C’est l’histoire d’une fleur qui est sortie de terre, mais qui ne veut pas éclore ; ses pétales restent serrés. Alors, des doigts, gentiment, la caresse, lui parle, l’enchante. Alors ses couleurs ont envie de venir… un peu, beaucoup, passionnément même. Mais il leur manque le goût –le goût salé et sucré- ; si ses couleurs sont belles, quelque chose fait défaut. Ce quelque chose c’est « me voici ».
Ce qui manquait à cette fleur c’était d’avoir répondu « me voici ».
Elle était sortie pour elle, c’est tout.
Ma joie d’être prêtre je vous l’exprime à travers cette image de la fleur. Car « Dieu m’a couvert de SA joie qui est devenue MA joie, depuis le jour de ma réponse à un Père Evêque : « me voici ».

L’Eglise, une famille

Né à Oran (Algérie), de vieille souche Pieds-Noirs, en répondant « me voici » pour être prêtre, j’ai arrêté le nom de ma famille –et croyez-moi c’est dur de dire il n’y aura plus de « Franco », mon nom. Comme cette jeune l’exprime justement en parlant des catéchumènes : « lorsque j’ai été baptisée –déjà grande-, puis confirmée, communiée –encore plus adulte-, je suis rentrée dans une famille (l’Eglise), eux aussi ils rentrent dans notre famille, et tu te dis, ils vont avoir cette joie qu’on a eu ».
Dans mon existence de prêtre, j’ai cette joie moi aussi car elle m’a fécondée avec l’Eglise, pour que je devienne un… « contemplatif-vagabond » : oui, oui, les deux vont très bien ensemble !

S’élever ensemble, imprimer l’infini

Prêtre, je suis aussi religieux apostolique, dans un Institut qui s’appelle « les Fils de la Charité ».
Ma vie de Fils de la Charité c’est d’être au service des quartiers populaires des grandes villes ; et là je suis heureux –comme ici à La Rochelle- de faire quelque chose de ma vie, non pas ce que les autres voient et admirent, mais ce tour de force qui consiste à y imprimer l’Infini. Cela veut dire qu’en allant vers les gens dans leurs diversités, je vais à la rencontre du Christ vivant, qui s’exprime à travers eux pour me demander : Michel avec tous ces visages, m’aimes-tu ? La Beauté de l’Homme est venue sur la terre, et à nos lâchetés, nos pauvretés, mais aussi à nos richesses et à nos audaces les plus folles, le Christ dit : « je suis la Résurrection et la Vie », sois heureux : va le dire !
Oh, bien sûr, il est des jours plus compliqués… Etre chrétien c’est avoir les deux pieds bien ancrés dans la terre ! Mais un mot vient sans cesse frapper à la porte trop fermée de mon cœur : la confiance. Cette dernière permet d’être de la terre, mais de se laisser soulever pour réceptionner le ballon de la foi qui a pu nous sembler trop loin, trop lourd. Vous savez c’est comme au rugby : lors d’une touche deux gars en soulève un troisième. Aucun ne se pose la question « qui va faire quoi ? ». Ils ont confiance, et tous alors déploient une énergie pour s’élever ensemble.

Voilà –un peu de- mon parcours. L’écrivain Albert Camus –bien que refusant Dieu devant “la puissance trop grande du Mal”- a écrit : « lorsque qu’on a vu une seule fois la splendeur du bonheur illuminer le visage d’un être aimé, on comprend que pour l’Homme il ne peut y avoir d’autre vocation que de susciter cette lumière sur le visage de ceux qui l’entourent ». Elle est là ma joie d’être prêtre, ne pas tout calculer, mais ‘avoir les entrailles retournées’ en suscitant la vie; et particulièrement chez ceux qui ne décident pas et pourtant sont les premiers levés pour bâtir le monde.

Marie, étoile de la mer

J’ai le très grand honneur d’être aumônier de la Mission de la Mer. Avec ceux que j’y côtoie nous réfléchissons –et agissons- pour « promouvoir l’humain ». Je vois aussi dans leurs yeux que parfois les vagues sont hautes, que la nuit est obscure. Et comme m’a dit un marin, lorsqu’il y a tempête en premier ce sont les hommes qu’il faut sauver ; en second le bateau et en troisième la marchandise ! Alors, nous nous en remettons, à Marie, l’Astre béni du marin. Son corps, comme les nôtres, est la joie de Dieu pour fleurir partout où ils seront portés -devise de l’île de La Réunion.
Oui, je te salue, Marie de chez nous, femme humble, ma sœur humaine, par toi Dieu s’éloigne du ciel de sa grande puissance. Avec toi, la terre des vivants devient le trône de Dieu.
Je te salue, Marie de chez nous, femme de chaque jour, ma sœur humaine, par toi Dieu vient chercher les oubliés de tous les jours pour les asseoir à ses côtés tout contre sa joue.
Avec toi la terre quotidienne devient l’espace et le temps de la joie de Dieu, serviteur des vivants.

Michel Franco fc

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