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Portrait de Pierre Dherbomez fc


Pierre Dherbomez
16/01/1932 – 29/12/2014

« Je viens t’offrir cette nouvelle étape de ma vie. Je suis tout près de la grande rencontre avec toi, Seigneur. Rencontre de lumière où je te connaîtrai comme tu me connais. Rencontre surprise : tout sera doux dans ta lumière, même mes périodes de ténèbres. Rencontre inattendue : je reverrai après des mois et des années tous ceux que j’ai aimés, accompagnés, soutenus. Jésus, je t’épouserai pour toujours, toi qui m’as orienté à chaque instant vers ton Père et notre Père. J’épouserai avec toi toute l’humanité. J’espère pouvoir redire, dans mes derniers moments : « Père j’ai tenté d’être un homme et je suis ton enfant, le fils de ta Charité débordante. »

(Prière écrite par Pierre le 16 janvier 2007 : jour de ses 75 ans)

Pierre Dherbomez est né le 16 janvier 1932 à Haucourt dans le Pas de Calais, d’une famille de dix enfants. Son père était représentant en graineterie tandis que sa mère élevait une famille nombreuse. Ils étaient des parents très attentifs à la vie et à l’avenir de leurs enfants, soucieux de les élever dans la foi chrétienne. Après avoir fait ses études secondaires au Petit Séminaire de Bouvigny, Pierre entre au Grand Séminaire d’Arras. Il n’y restera que peu de temps car il désire entrer dans la Congrégation des Fils de la Charité. Il entre donc au noviciat en 1953 et prononce ses vœux au mois de novembre 1954. C’est le 28 octobre 1957 qu’il est ordonné prêtre pour les Fils de la Charité en compagnie de deux autres Fils.

Pierre Dherbomez en 1952Son premier poste fut Colombes à la Paroisse St Pierre et St Paul. Comme jeune prêtre, il accompagnait beaucoup les jeunes, ce qu’il a d’ailleurs fait toute sa vie même à quelques jours de sa mort. Sans aucun doute son charisme d’accompagnement spirituel et de discernement a été repéré par les responsables des Fils de la Charité et cela l’a conduit rapidement à accepter des responsabilités comme formateur à l’âge de 30 ans. Formateur à Meudon-Bellevue durant 6 ans : maître des novices et responsables du postulat. Pierre a beaucoup aidé les novices à acquérir « une colonne vertébrale » dans leur vie spirituelle. Henri, qui était alors prêtre du diocèse de Versailles et vicaire à la paroisse de Bellevue à côté du noviciat témoigne : « J’allais régulièrement au noviciat pour prendre mon jour de vert… j’y ai découvert les Fils et j’ai compris que le Seigneur m’appelait moi aussi à suivre le Père Anizan”. Pierre était un « homme de Dieu » dont la foi et la vie spirituelle m’ont beaucoup frappé. Je me souviens l’avoir invité à parler aux gens de la paroisse de Bellevue. Il a toujours accepté et passionnait les gens en leur faisant des commentaires tout simples de l’évangile. Les gens disaient qu’il « transpirait la présence de Jésus-Christ ». L’année 67 – 68 a été rude pour Pierre qui voyait ses postulants plus souvent dans les manifestations parisiennes qu’aux études en ce printemps 68. Il lui a fallu reprendre force et confiance pendant quelques mois à Clichy.

C’est en septembre 1969 que Pierre accepte d’être responsable dans la ville du Grand Quevilly, une cité en pleine croissance avec une population très jeune. Baptêmes et mariages se succédaient à un rythme qui étonnerait nos paroisses d’aujourd’hui. De cette période, nous retenons combien Pierre a su prendre des initiatives d’avant-garde. Assez rapidement avec l’équipe des Fils de la Charité, il a su appeler des chrétiens en responsabilité, non pas pour aider, mais pour les associer aux responsabilités pastorales. « Comme jeune prêtre, j’ai pu apprécier combien Pierre était capable de faire confiance, même quand il craignait que nous allions trop vite et sans assez réfléchir ! » Les 14 années passées sur cette rive gauche de Rouen ont permis de réelles avancées. Il était réellement à l’écoute de la vie ouvrière locale, à l’initiative pour lancer des équipes nouvelles en ACO avec l’aide des laïcs responsables. Il soutenait très fort les mouvements d’Action Catholique et encourageait toute l’équipe des Fils à relire avec les laïcs leur vie pastorale. Mais il n’y avait pas que les réunions, Pierre était un homme joyeux et capable d’organiser avec tous ces chrétiens en responsabilité de grandes fêtes très chaleureuses.

En 1983, deux nominations se succèdent : La Rochelle durant deux ans et Vierzon deux ans aussi. C’est d’ailleurs à cette époque que les Fils de la Charité quittent Vierzon. Pierre est chargé de cette mission qui est toujours une épreuve tant pour les chrétiens que pour les prêtres. En 1987, il est demandé à Pierre de venir dans la paroisse Sainte Thérèse au Mans. Il disait à ses compagnons d’équipe « venir en retraite », mais en fait à 55 ans, il continuait à fourmiller d’idées et tissait largement des relations dans les quartiers, toujours à l’initiative. »

Pierre Dherbomez, Fils de la CharitéA nouveau deux nominations très courtes : Bègles en 1998 et Valenciennes en 2001 avant que Pierre n’accepte une nouvelle mission à la Cité Saint Pierre du Secours Catholique à Lourdes. Durant 8 ans, Pierre va de nouveau livrer le meilleur de lui-même. « Etre présent à la Cité St Pierre, c’est bien dans la vocation des Fils de la Charité. On approche très souvent les plus démunis. Nous vivons une très grande communion avec eux… » (Extrait de la Gazette de la Cité Saint Pierre : Paroles de Pierre – Hiver 2011 – 2012). Pierre est un homme de relation et un pasteur toujours à l’écoute, allant au-devant des gens, leur proposant des initiatives : « Quand je reçois une personne blessée par la vie, nous dit Pierre, après avoir pris un long temps de partage, j’essaie toujours de regarder avec elle comment, à son retour de Lourdes, elle peut s’insérer dans un réseau, retisser des liens avec d’autres personnes. » Pour cela ajoute-t-il, il faut de la compassion, vivre la communion avec ces personnes, être capable d’admiration, vivre la démarche délicate de l’écoute et être capable d’entrainer vers l’espoir. La Cité Saint Pierre a été pour Pierre une vraie terre de mission. Les bénévoles se souviennent que chaque matin, Pierre prenait le temps de dire à chacune et chacun un petit mot amical, un bonjour, d’adresser un sourire. Jean-Claude, ancien directeur de la Cité nous confie : « Je sais combien la Cité Saint Pierre lui était chère et que ce fut très difficile de la quitter, il continuait à maintenir des liens avec les uns et les autres et je repense à tant de personnes, et en particulier à des jeunes, qui sont ressortis plus grands et plus sereins après une rencontre avec Pierre ; lorsque j’avais des situations bizarres ou complexes j’en parlais avec lui et j’étais sûr qu’il y aurait un accompagnement de sa part. »

C’est en septembre 2011 que Pierre rejoint la communauté des anciens. Passage de la vie si active de la Cité à une mission bien plus modeste quand il faut gérer la santé déficiente et la vieillesse qui s’installe. Le Grand Quevilly, Le Mans et Lourdes ont été des étapes déterminantes dans la vie du pasteur et de l’apôtre. Mais toute sa vie, « il a gardé la pédagogie de l’Action Catholique pour mieux accompagner les personnes de milieux populaires. Annoncer l’évangile à ses contemporains, quel que soit leur âge était sa passion et cela le motivait pour dépasser ses problèmes de santé qui l’ont sans cesse rattrapé comme une « écharde dans la chair. »

Ce dimanche 28 décembre, il était dans sa famille, heureux de partager avec les siens comme il savait le faire, mais sa joie cachait une certaine mélancolie, pressentant qu’il ne reviendrait plus. Il nous a quittés sur le chemin du retour, « sans prendre le temps de nous prévenir, comme s’il ne voulait pas nous déranger. » Mais il avait une certitude : « Marie sera là pour m’accueillir avec son cœur de mère. Marie que j’ai contemplée si souvent, Marie au pied de mes croix. Marie portant l’humanité dans ses bras, Marie me portant, me soutenant dans les moments difficiles. » Soyons certains que Dieu notre Père accueille notre frère Pierre dans sa tendresse de Père.

Pour le Conseil France, Jean Guellerin fc

La messe des obsèques a été célébrée lundi 5 janvier à 14h00 en l’église St Etienne d’Issy-les-Moulineaux. L’inhumation a suivi au cimetière communal d’Issy-les-Moulineaux.

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Commentaires


5 commentaires sur Portrait de Pierre Dherbomez fc

  1. Bernardo Claireau fc Bernard Claireau

    Pierre Dherbomez a été mon maître de Noviciat. Il m’a beaucoup aidé à avoir la “colonne vertébrale” qui depuis ne m’a jamais quittée… Autre chose, quand il était au Mans il a accepté d’accompagner Gérard un copain d’enfance que je ne pouvais pas guider comme j’étais au Mexique. Il l’a beaucoup aidé tant au niveau humain que spirituel… C’était son charisme d’accompagner personnellement pas mal de personnes et avec une grande fidélité… partout où il est passé…. Un abrazo d’éternité à lui. Bernardo

  2. hangard

    en tant que benevole a la cite j ai apprecie la qualite d ecoute de Pierre et la simplicite avec laquelle il commentait l Evangile.je me souviens de s reunions de relecture des séjours ou il disait ayez l audace de dire notre père.

  3. MAGNAN Paul

    J’ai appris ce matin le décès de Pierre après avoir lu il y a peu dans La Croix celui de Michel Delepoulle. Je les associe même s’ils ne se ressemblaient pas, car Michel a remplacé Pierre, pendant un an, comme aumônier de notre équipe d’acheminement ACO sur Rouen. Pierre a été à l’écoute, attentif à la vie ouvrière qui à cette époque était riche, gros conflit à la papeterie de La chapelle d’Arblay, avec de jeunes militants engagés très diversement… J’avais revu Pierre à La Rochelle, un midi pendant un congrès syndical puis nous l’avions revu à Lourdes, lors de la rencontre nationale des adultes en JOC.
    Nous adressons nos condoléances et notre union en pensée et prière aux familles et à à tous les Fils de La charité.
    Paul Magnan, Evreux

  4. Larget

    je suis allé ce matin 10/04/15, dire au revoir au cimetière d’Issy Les Moulineaux, (étant pour quelques jours au Séminaire ST sulpice D4’ssy LES moulineaux ou mon fils est en 2ème année ..) au PERE PIERRE … je suis venus comme Bénévol à la cité en octobre 2003 ,en plus je suis Vierzonais d’origine ,ça nous a permis d’avoir de très bons rapport ,il était très profond et chaleureux ;blagueur aussi …et c’est vrai qu’il aimait venir nous dire à nous Bénévole un petit mot ,on appréciait !!,
    je te redis Au Revoir PIERRE……
    j’en profite pour saluer JOEL au passage à qui je dis ma sympathie en souvenir de la Cité …. ….
    Gerard Larget

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