Portrait de Pierre Chamousset fc Actualités

Portrait de Pierre Chamousset fc


Portrait de Pierre Chamousset fc
13/02/1922 – 23/09/2016

 

Très exigent pour la prière, il nous disait souvent :

“le grand patron sait mieux que nous ce que nécessite le monde ouvrier”.

Dieu était pour lui le “grand patron”.

 

Pierre Chamousset est né à Lyon le 13 février 1922, baptisé trois jours plus tard le 16 février à l’Hôpital de la Charité de Lyon. Son nom évoque celui d’une commune de Savoie. De ses années de jeunesse, il disait que la vie fut très dure : confié très tôt à une nourrice par sa mère, n’ayant jamais connu son père, placé à l’orphelinat. Pierre fut confirmé à 11 ans le 8 mai 1933 à l’église Saint-Martin d’Oullins. Il fit sa formation à l’école professionnelle La Mache où il obtint deux diplômes, un CAP d’ébéniste et un CAP d’ajusteur. Il avait cette double compétence dans les métiers du bois et du fer. Sa mère se mariant, il eut une sœur (de 15 ans sa cadette) et un frère (né en 1941) Pierre aimait bien son beau-père et les retrouver pour des séjours durant les vacances.

Portrait de Pierre Chamousset fc

© Fils de la Charité

Il a commencé à travailler comme tourneur dans des conditions difficiles. C’était la guerre, il avait faim, il a été atteint de tuberculose. Hospitalisé au plateau d’Assy, puis en sanatorium, il y a rencontré un aumônier qu’il l’a bouleversé et lui a fait désirer être prêtre. Reçu d’abord chez les Pères de la Salette, il fut orienté vers les Fils de la Charité. Il entra au postulat des Fils de la Charité le 1er juin 1949. Il fit ses premiers vœux le 9 mars 1951 et ses vœux perpétuels précisément 3 ans plus tard.

D’octobre 1950 à 1955, il étudia la théologie au séminaire d’Issy-les-Moulineaux. Dès le début il montra un vrai zèle apostolique auprès des jeunes gens comme en témoigne l’appréciation portée dans son livret de religieux Fils de la Charité :

Il « a dirigé avec autorité un camp de jeunes gens très difficiles », durant les vacances de l’été 1951, dans les Vosges. Il fit preuve d’ordre et d’organisation.
Les appréciations portés dans son livret sont élogieuses « Sera un excellent Fils de la Charité ».

Nom de Pierre Chamousset fc en écriture ancienne

© Fils de la Charité

Ordonné prêtre en 1955, il participe aux missions en roulotte avec Pierre Thivollier fc jusqu’en 1956.

De 1957 à 1963 Pierre est envoyé dans l’équipe de Notre Dame Espérance à Paris. A cette époque, ils étaient au nombre de neuf Fils de la Charité, une belle communauté !

En 1964, il rejoint l’équipe de Vierzon. Dans cette communauté, plusieurs travaillaient à temps partiel. C’était le moment de la dernière session du Concile Vatican II. Rome et l’épiscopat français permettaient la reprise des prêtres ouvriers. Par un vote, les Fils de la Charité à Vierzon élirent Pierre pour aller au travail comme PO. Il entra alors chez CASE (une entreprise qui assemblait des tracteurs), dans l’atelier de décolletage. Il y restera plusieurs années. Rapidement il devient délégué du personnel puis élu au Comité d’Entreprise durant de nombreuses années.

Ecoutons Michel Blot témoigner : « Pour ma part je travaillais dans l’atelier dit 110, c’est-à-dire un atelier où se trouvaient toutes les machines-outils (perceuses, tours, fraiseuses etc…) Pierre y a occupé plusieurs postes de travail, perceur, fraiseur, et en dernier il a travaillé sur une machine à fileter divers modèles de pièces. Homme dévoué, toujours à l’écoute de ses camarades, calme, discret aussi quand il le fallait. Pierre a partagé des moments de joie avec les salariés(es) de CASE. Dans la détresse il s’est toujours montré très proche et là aussi il a donné pour accueillir des camarades décédés à faire le passage. »

Dans les années 1983-89, Pierre, jeune retraité, a accepté de venir à Bourges pour compléter la petite communauté de trois Fils de la Charité. Venir à Bourges supposait pour lui un grand changement : passer de la vie ouvrière en usine comme PO pour être prêtre et religieux à la retraite dans une équipe pastorale.

« Il nous a permis d’être en contact avec bien des militants ouvriers du PC, de la CGT et de la CFDT en Berry» témoigne un de ses frères d’équipe, José Rodier. « Pierre distribuait les tracts de la CGT sur le marché (CGT retraités) mais en même temps il saluait les chrétiens de la Paroisse, visitait les malades, les anciens… Sa prédication était très appréciée car il parlait avec tout son cœur. Et il avait une grande dévotion à la Vierge Marie, une dévotion très simple à la manière de Péguy et cela frappait les chrétiens pratiquants même ceux qui n’appréciaient pas la CGT ». Et Pierre était lié avec de nombreux prêtres du Berry.

Portrait de Pierre Chamousset fc

© Jean Guellerin fc

Durant l’année 1990-91 il est envoyé à Colombes dans l’équipe du Sacré-Cœur pour un temps de recyclage. Mais des difficultés de santé s’accumulent. Les responsables des Fils de la Charité cherchent un lieu où l’atmosphère est moins polluée, plus pur. Ce sera Sainte-Livrade durant 3 ans.

En 1994, Pierre rejoint l’équipe PO de Paris-Belleville. Il assurait l’intendance pour permettre à ses frères PO d’assurer leurs responsabilités syndicales et professionnelles.

Mais l’âge et la maladie obligent Pierre à aller vivre dans la communauté des frères aînés à Issy-les-Moulineaux. Il sera même le responsable de cette grande équipe durant l’année 1997-1998.
Puis la maladie Alzheimer impose aux responsables à trouver pour Pierre une maison adaptée. Ce sera l’EHPAD Notre Dame de Joie à Chartres. Durant ces dernières années des frères iront le visiter, dont Jean Naert, tous les mois, l’aidant à se remémorer ceux qu’il avait connus, se rappeler les noms de ses amis de la CGT, des paroisses de Vierzon et de Bourges, des visages de ses camarades de formation professionnelle durant sa jeunesse à La Mache.

Fidèle en amitié, il avait des amis dans beaucoup de coins de France. Tout au long de sa vie il a aimé les visiter et voyager. Pierre aimait aussi danser et dans les fêtes populaires ; il le faisait avec beaucoup de talent.

Notre frère Pierre était un vrai religieux, il aimait la famille des Fils de la Charité, c’était vraiment sa famille. S’il s’emportait parfois, étant brusque, il était sympathique, d’une très grande amabilité et très religieux, toujours inquiet de la santé de ses frères Fils de la Charité.

Pierre était un homme parfaitement intégré dans le monde ouvrier et aussi dans l’Église, un priant, et agréable à vivre. « Dans les moments difficiles je pouvais le consulter et ses conseils étaient précieux. Il voyait les limites du travail paroissial, mais ne rejetait personne. » Il redisait souvent : “Le grand Patron sait ce qu´il y a dans le cœur des personnes” ».

Nous espérons que notre frère Pierre rencontre le « grand patron » et qu’il est accueilli par de nombreux amis, dans ce que nous nommons la communion des Saints. Merci Pierre pour ta foi simple et généreuse et pour ton sens des petits.

Jean-Michel Rapaud fc, responsable de France

 

La messe de sépulture était le vendredi 30 septembre 2016, à 11 heures, en la Chapelle de la Maison de retraite Notre-Dame de Joie à Chartres (12 avenue du docteur Baudin) et l’inhumation dans le caveau des Fils de la Charité, à 15h30, au cimetière d’Issy-les-Moulineaux.

Une messe en mémoire de Pierre a été célébrée le samedi 1er octobre 2016, à 11 heures, en la chapelle de la Communauté Saint-Joseph (22 rue de l’Abbé Derry à Issy-les-Moulineaux).

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Commentaires


5 commentaires sur Portrait de Pierre Chamousset fc

  1. Vierzonnais

    J’ai repensé à Pierre CHAMOUSSET hier 1er octobre en me demandant quel âge il pourrait avoir… Ca faisait longtemps que son souvenir n’avait pas traversé ma mémoire. Et ce matin, consultant par hasard le site Internet du diocèse de Bourges, j’ai vu son nom et son visage âgé – que je n’aurais pas reconnu – surgir son mon écran avec la réponse à ma question d’hier : 94 ans. Cela m’a fait un choc accentué par cette photo de vieillard amorphe lui qui était si vif, avec sa voix forte, sa tignasse blanche cachée parfois le bonnet qu’il mettait l’hiver par crainte du froid en l’église Notre-Dame de Vierzon. Je me souviens surtout du Pierre des années 70-80 à Vierzon, des souvenirs d’enfant et d’adolescent. Il habitait à ce moment-là un appartement de la cité Henri-Sellier avec le Père Guy GUIGNARD, lui aussi au travail comme chauffeur à la SERNAM. Des Fils passionnés, tout donnés. Son engagement à la CGT était naturel et authentique, tandis que la majorité de l’équipe était nettement marquée au PS et à la CFDT. Je me souviens de sa facilité à nouer des liens avec tous, y compris avec le clergé diocésain, ce qui n’était pas le cas de tous ses frères à l’approche du départ de la communauté. Auriez-vous une photo de ces années-là où l’on voit un Pierre CHAMOUSSET rayonnant et vif ? Celle que vous avez mise est vraiment affreuse !

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