Aquarelle de la pêche dans le lagon

Portrait de Michel Bailly fc


Portrait de Michel Bailly
14/01/1932 – 27/10/2015

 

“Je suis serein et confiant. Ma vie imparfaite et pécheresse est remise au Père. Je pense avoir mené un bon combat malgré tout. Je sais que “la bonté est la plus belle parure de la Charité”, dit le Père Anizan. Je m’en remets au Père: toute Charité divine… “Cette Trinité divine ma famille”. Là est vraiment ce que je veux croire et j’ai hâte qu’elle me prenne avec Elle, là où nous avons tant de connaissances ! Quand on a voulu tant ! Nous avons eu tellement la fringale d’aimer et de donner !” (Michel le 28/07/2015)

“Il m’a fallu du temps pour l’entendre, comprendre, accepter que dans la foi tout commence par Lui, Celui que mon cœur aime… Que me reste-t-il : des souvenirs, de grandes joies, de sévères échecs aussi, le temps des ministères, le visage de tant de gens aimés… Dieu seul sauvegarde ce qui touche le cœur de l’homme croyant ou non… C’est quand même bien Lui qui a lancé « l’Affaire » et qui l’accomplit pour achever ce qu’il a commencé ! Pour cela il faut rester à sa place et le laisser faire par l’Esprit qui s’aide de Marie, notre Maman et ça marche ! Si j’ai blessé ou si je n’avais rien compris. Pardon.” (Michel, le 12/10/15)

Michel Bailly est né dans une famille modeste et aimante à Fontenay-le-Comte en Vendée, cette région qu’il aimait tant. Avec ses deux frères, il a connu la vie toute simple de cette petite ville où la famille tenait un bar qui était le point de ralliement des gens qui allaient à la messe chaque dimanche.

Après le temps de l’école primaire, Michel entre au Petit Séminaire à l’âge de 11 ans. Il passe deux ans au Grand Séminaire de Luçon avant de partir au service militaire et en Algérie. Mais à son retour de l’armée, il décide de quitter sa Vendée natale pour entrer chez les Fils de la Charité en Région Parisienne. Après une année de Noviciat il prononce ses vœux religieux le 19 septembre 1959.

Michel Bailly fc en formation

© Fils de la Charité

« Nous aimions bien plaisanter et nous taquiner, et lorsque quelqu’un s’en étonnait, il répliquait : « Vous savez, on se connait bien, nous avons fait le noviciat ensemble ! »

Deux ans après ce temps fort du noviciat, Michel est ordonné prêtre dans la paroisse du Saint Curé d’Ars au Kremlin Bicêtre le 10 décembre 1961.

C’est dans cette paroisse du Val de Marne que Michel vit ses douze premières années de religieux Fils de la Charité comme prêtre dans un quartier très populaire sur le plateau de Bicêtre. En 1973, il est nommé à La Courneuve dans la Cité des 4000. Il s’agit d’une arrivée singulière puisqu’avec ses frères de l’Institut, ils viennent habiter en HLM, au milieu des gens et sans responsabilité directe de la paroisse. Il s’agit durant ces premières années à La Courneuve d’être situés différemment et le plus possible en communion avec ce que vit la population de ces “grandes barres HLM”. Michel exerce donc pendant plusieurs années le métier d’ajusteur en métallurgie à temps partiel.

“J’ai connu Michel ajusteur durant des années, les trois premiers jours de la semaine dans une entreprise de Vitry. Il l’a quittée en raison de la fermeture. Il a donc été au chômage puis en retraite… Il aimait ce travail d’ajustage, il aimait cette ambiance d’ouvriers de cette petite entreprise… Mais il est passé à d’autres responsabilités sans trop de difficultés. Ajusteur, il l’était jusque dans l’organisation de sa vie où tout était bien ordonné et rangé !”

En 1985, Michel Bailly rejoint la paroisse de Villeneuve Saint-Georges. Là aussi il habite en immeuble dans la Cité du Bois Matar avec Michel Thiébot. Dans ce quartier habité principalement par des cheminots, il milite à la CNL (Confédération Nationale du Logement), il s’engage au service des chômeurs. A la Chapelle Saint Joseph, il soutient catéchistes et animatrices, met son talent au service de la décoration, suscite des camps avec l’ACE (Action Catholique des Enfants).

Michel a 60 ans, retraité de la métallurgie, il est nommé en 1992 à Grigny où il exerce son ministère durant 14 ans. Michel était très à l’aise à Grigny – La Grande Borne parmi les “petites gens”. Avec patience, il prenait le temps pour accompagner des personnes qui démarraient en catéchèse malgré leurs fragilités. Il croyait en elles et le faisait savoir à ses frères de communauté. Cette patience, il l’avait aussi pour ses frères d’équipe, et même lorsque nous n’étions pas d’accord.
Saturnin, notre frère de RDC nous raconte quelles étaient les qualités d’accueil de Michel :

“Un premier voyage en Europe ne m’a pas dépaysé car l’hospitalité réservée par Michel nous a vite apporté du soleil africain au cœur. Michel me faisait une confidence : “grâce à vous les jeunes Fils qui venez d’ailleurs, nous avons repris confiance en l’avenir de notre famille religieuse. Votre présence nous réconforte”. »

En 2006, il est demandé à Michel Bailly de prendre la responsabilité de la communauté des anciens à Issy-les-Moulineaux.

“Ce n’était pas évident de quitter le terrain de nos cités pour se retrouver à la maison de retraite des anciens. Là tu mets tout ton cœur et tes talents au service de chacun. Nous avons apprécié ton écoute, ta façon d’accompagner les uns et les autres, spécialement les plus fragiles, les grands malades et ceux qui passaient vers la maison du Père”. (Michel Thiéblot)

Pendant de nombreuses années, Michel a porté avec quelques Fils, le souci de partager le charisme du Père Anizan avec des amis des pays de l’Est.

« Ainsi, Michel a été à l’origine des amitiés avec des prêtres des pays de l’Est et de l’organisation des colloques européens. Il les a tous faits. Avec son ami Jean Leroy, ils ont sillonné les routes, voyagé en train à travers toute l’Europe centrale, rencontré quantité de personnes et pas toujours facilement avant la chute du mur. Une amitié particulière, très grande est née avec des Hongrois, des Tchèques, des Polonais, des Slovènes”.

De fait, des témoignages nous arrivent de plusieurs pays de l’Est : Eva, Stanislaw, Rita…

Famille Anizan 2013 des AuxiliatricesLes vingt dernières années, Michel a facilité la transition entre les groupes d’amis des Fils et une véritable Fraternité du Père Anizan. Avec d’autres Fils il avait mis en évidence que seule la spiritualité du Père Anizan donnait sa raison d’être aux groupes de Fraternité Anizan. C’est ainsi que Michel reçoit la mission d’accompagner la Fraternité naissante. Il y est présent depuis son origine et jusqu’à ses derniers souffles, soucieux que la Fraternité s’enracine sur la personne du Christ et les écrits spirituels du Père Anizan. Plus récemment, il encourageait et soutenait les Compagnons de la Charité, groupe dans la mouvance des sœurs Auxiliatrices de la Charité. Ce n’était plus seulement les Fils et la Fraternité, mais toute la famille spirituelle Anizan qui le motivait.

Au début de 2013, à la suite de Pierre Le Clerc, Michel est nommé archiviste de notre Congrégation. Il prend très à cœur cette responsabilité, d’autant plus qu’est remise en route la cause en béatification du Père Anizan. Un gros travail de recherche et de rédaction s’impose avec l’aide de Danielle, Jacques, de Jean-Yves Moy et Joseph de Mijolla, un travail qu’il réussit à mener à son terme.

Michel était une personnalité forte mais aussi très sensible. Il a vécu cette passion pour Dieu et pour les petits comme nous le disait le Père Anizan. Il avait une véritable passion pour le Père Anizan, qui s’est exprimée encore avec plus de force ces derniers mois : la cause du Père Anizan l’a soutenu dans sa maladie et si l’on parlait de la Fraternité, alors là… Il refaisait surface.

« Michel avait une haute conscience de l’identité religieuse et missionnaire de l’Institut des Fils de la Charité. »

Il portait depuis longtemps dans sa prière, les Clarisses d’Alep, et le drame du Proche-Orient. Nous pouvons souligner sur la fin de sa vie son humilité et son abandon dans les mains de Dieu.

Michel Bailly fc

© Fils de la Charité

Michel aimait le beau : aquarelles qu’il peignait, tableaux dans sa chambre, visites de musées, il aimait la musique. Michel aimait danser, surtout la valse. Il dansait très bien et lors des fêtes au Saint Curé d’Ars, il n’était pas le dernier à danser avec ses amies.

Il y aurait encore tellement à dire ! Mais je préfère laisser la parole à sa famille de Vendée :

« L’important aujourd’hui, c’est que nous savons qu’il a été heureux de cette vie, à laquelle il a donné toute sa plénitude possible, car c’est sa vie d’intimité avec Dieu qui le portait ! Cette vie qu’il a choisie, qu’il a offerte, qu’il a donnée pour tous ceux qu’il ne connaissait pas, mais qu’il a rencontré parce que, frères en Jésus-Christ ! Sa foi et sa confiance en Dieu-Père resteront pour nous un exemple à la fois de spiritualité et d’abnégation ! La mort n’est pas une lumière qui disparait, mais la lampe qu’on éteint parce que l’aube est venue ! Vivons avec toute l’Espérance qu’il avait dans l’au-delà, afin que la trace qu’il nous laisse, soit signe et guide sur notre propre chemin, et que le Seigneur lui ouvre grand ses bras. » (Famille de Michel Bailly)

Pour le Conseil France, Jean Guellerin fc

La messe de sépulture eut lieu le mardi 3 novembre 2015 en l’église Saint-Etienne d’Issy-les-Moulineaux, suivie de l’inhumation au cimetière municipal.

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Commentaires


Un commentaire sur Portrait de Michel Bailly fc

  1. Jean-Marie Seince

    C’est à la maison de Retraite d’Issy que nous nous sommes rencontrés en 2007, lors de la prise en charge de la maladie de mon frère René Seince . Tu as été présent avec gentillesse,disponibilité; tu nous a accompagnés avec grande délicatesse.Toi non plus, tu n’as pas été épargné par la souffrance.Tu retrouves René dans la plénitude du grand Amour de Celui qui était votre vie .Merci pour tout ce que vous nous avez donné et de
    la-haut,ne nous oubliez pas .

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