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Portrait de Jacques Piquet fc


Portrait de Jacques Piquet
07/06/1930 – 21/12/2014

“Je suis devenu Fils de la Charité parce que j’ai rencontré en 1950 les missions en roulotte du Père Thivollier. Les 3 « Fils » installaient leurs trois roulottes à côté de l’église où se déroulait une mission paroissiale de 3 mois. L’essentiel était leur dynamisme extraordinaire et communicatif : réunions dans les cafés, dans un grand cinéma et à domicile avec les voisins,… accueil quasi permanent dans leur mini salle à manger de la roulotte… J’ai été subjugué !… Comme j’avais l’idée de faire quelque chose pour les autres, j’ai pensé que je ne pourrai rien faire de mieux que de leur faire connaître l’Evangile. Alors, prêtre ? Si c’était la condition pour réaliser ce projet, j’en serais !”

(Extraits d’une lettre de Jacques Piquet quelques semaines avant sa mort)

Jacques Piquet est né à Sartrouville le 7 juin 1930 mais sa famille a ses origines dans la Manche du côté de Portbail sur la côte Ouest du Cotentin. C’est d’ailleurs à cet endroit que Jacques repose dans le caveau familial. Il était très attaché à ce lieu où il venait régulièrement dans la maison de la famille, accueillant les siens et aussi des équipes diverses qu’il accompagnait. Il aimait, avec d’autres prêtres en vacances, rendre service aux paroisses de ce secteur qui accueillaient des nombreux touristes durant l’été, comme le mentionne un article du journal Ouest-France du 16 août 2014.

Après ses études secondaires au lycée Condorcet, Jacques entre donc au grand séminaire pour devenir prêtre. Il est ordonné le 29 juin 1957 pour le diocèse de Versailles. Son évêque le nomme comme vicaire au Vert Galant de Tremblay-lès-Gonesse, devenu aujourd’hui : Tremblay en France. Jacques n’y restera qu’une année car l’histoire des missions en roulotte lui trotte toujours dans la tête. Il a envie d’annoncer l’Evangile à la manière de ces trois Fils qu’il a connus. Il entre alors en formation chez les Fils de la Charité en 1958 pour y vivre le Noviciat. Il prononce ses vœux en septembre 1959.

Jacques Piquet fc en 1957

© Fils de la Charité

A cette date Jacques Piquet est nommé vicaire à Saint Jean-Baptiste de Belleville. A l’époque “les jeunes de la “périphérie” selon le vocabulaire du Pape François, étaient dans la rue, la rue des Rigoles entre autres ! J’étais entré en contact avec eux alors qu’ils ennuyaient une fille… Ils avaient pris l’habitude de venir me raconter leurs frasques. Je les ai mis en garde de mon mieux mais en vain !…” L’un d’eux après son mariage a remis cela et s’est fait arrêter pour différentes agressions. “Abandonné par sa famille et conscient que son avenir était compromis, il m’a écrit… Il était désespéré. Je lui ai assuré que si personne n’était là pour l’accueillir à sa sortie de prison, je serai là. Notre échange s’est prolongé pendant ses cinq années de détention à Fresnes où j’allais le voir”. “Il n’était pas le seul voyou du quartier !” (Lettre de Jacques Piquet, décembre 2014)

En 1966, Jacques est nommé dans la paroisse de Poissy-Beauregard, une cité HLM très récente, ce lieu où avait été menée la mission en roulotte. Durant 13 ans, c’est un mélange de joies et de déceptions. Il s’agit à l’époque d’une terre marquée par la présence des usines Simca “C’était l’influence néfaste du syndicat maison qui plombait l’atmosphère de la Cité”.  De fait les habitants avaient peur des milices patronales et parlaient souvent à voix basse dès qu’il s’agissait de l’usine. Face à une injustice, Jacques décide de rédiger un tract qui est distribué à la messe du dimanche. “Les habitants de la Cité savaient désormais que nous étions leurs prêtres comme l’avait souhaité le Père Anizan”, fondateur des Fils de la Charité. Déceptions aussi car la vie communautaire de cette période ne fut pas un long fleuve tranquille ! Au terme de ces 13 ans, Jacques demande à être nommé dans un autre poste.

C’est alors que la Congrégation propose à l’évêque de Paris de nommer Jacques Piquet aumônier d’hôpital. Pitié-Lariboisière, un temps puis assez vite l’hôpital Cochin. Jacques a pris alors quelques distances avec les Fils de la Charité. Il habitait dans les locaux de la paroisse Saint François de Sales, proche de son lieu de travail avec le journal La Vie Catholique où il a été journaliste et rédigeait chaque semaine un billet en réponse aux questions des lecteurs. Son courrier réponse était très apprécié et lui demandait beaucoup de travail.

Très investi dans l’accompagnement des malades en fin de vie, Jacques a beaucoup donné au service de la formation des personnels soignants dans les soins palliatifs. Il a rédigé plusieurs livres : “L’Evangile à l’hôpital” en 1985 – “Ne les laissez pas mourir seuls” en 1987 – et plus récemment : “Et moi aussi, je t’accompagne” en 2006.

Jacques avait l’audace des prêtres missionnaires. A l’écoute des gens il a perçu que beaucoup de parents seuls vivaient difficilement. Il leur fallait un lieu d’écoute et d’échanges avec d’autres personnes vivant les mêmes conditions. A la paroisse Saint François de Sales, Jacques a donc lancé les groupes “Parents seuls”. Son initiative a eu un grand retentissement, car elle répondait et répond toujours à un besoin immense. Ces groupes sont nés un peu partout dans le diocèse de Paris.

Jacques Piquet ne s’est jamais complètement coupé de notre Congrégation des Fils de la Charité. Durant les cinq dernières années, il a renoué des liens assez forts avec ses anciens amis de noviciat. Ensemble ils ont fêté en 2009 à Lourdes leurs 50 ans de sacerdoce. Jacques en a été profondément heureux et il le disait fréquemment.

Jacques Piquet fc décédé le 21 décembre 2014

© Fils de la Charité
21 décembre 2014

Michel, l’un de ses amis Fils de la Charité me disait : « Jacques était un homme agréable à vivre, respectant la vie communautaire, aimant les bonnes blagues et rire un bon coup. Il savait être très fraternel et il avait un style qui lui était bien particulier, un homme brillant qui en avait conscience mais qui restait humble et vraiment abordable par tous. Il y a 35 ans que Jacques Piquet habitait à la paroisse Saint François de Sales. Beaucoup l’ont bien connu et apprécié. Il avait de grandes qualités et des défauts comme tout un chacun.

Depuis l’été dernier, il sentait bien qu’il était entré dans une période de vieillissement et il le confiait à sa famille. “C’est le début de la vieillesse” disait-il ! Jacques a vécu en assemblée paroissiale la fête du sacrement des malades. Ce temps fort a été important pour lui comme pour toute la communauté paroissiale venue en nombre. Ce fut réellement une fête comme doit être l’expression de ce sacrement. Rattrapé par la maladie, il a été emporté très rapidement. Lui-même me disait : “Tu entres pour une transfusion, le médecin te dit : “Monsieur c’est très grave, vous allez mourir, ça donne un bon coup tout de même ! Je vais mourir”. A d’autres visiteurs il disait : “Je vais mourir, mon enterrement sera mardi !” Et ce fut bien mardi ! Surprenant me direz-vous, mais Jacques qui avait accompagné tant de malades en fin de vie savait de quoi il parlait et ce qui l’attendait. Les amis de Saint François de Sales, sa famille et bien d’autres amis, vous l’avez beaucoup entouré par vos visites et votre délicatesse. Soyez en remerciés. Prions pour lui, pour sa famille et pour nous tous, conscients que Dieu est un Père qui voit dans le secret et qu’il accueille Jacques dans sa tendresse de Père.

Pour le Conseil France, Jean Guellerin fc

Les obsèques de Jacques Piquet ont été célébrées le mardi 23 décembre en l’église Saint François de Sales à Paris 17ème. L’inhumation s’est faite dans le caveau familial de Portbail (Manche) après une célébration dans l’église le lundi 29 décembre 2014.

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Commentaires


2 commentaires sur Portrait de Jacques Piquet fc

  1. Discours de prononcé au cimetière (extrait du Blog Franco-Britannique de la Côte des Isles :
    https://francobrit50.wordpress.com/2014/12/31/in-memoriam-jacques-piquet ) :

    Jacques Piquet, l’homme-compagnon
    qui a toujours su accompagner
    d’abord des frères catholiques même
    décorés de préjugés,
    des frères protestants, cousins
    de la main gauche ou de la main droite
    puis des Juifs, basanés ou non
    mais, comme les autres attablés avec lui,
    goûtant le goûtu apéritif de Jacques
    — un doigt de cassis, deux doigts de calva –
    mais surtout le prochain inconnu,
    celui qui rejoint les pèlerins d’Emmaüs,
    les ouvriers immigrés, musulmans ou non,
    de Belleville, de Poissy,
    les milliers de lecteurs inconnus
    de la Lettre du Père Piquet dans La Vie,
    célébrant avec lui, con-célébrant
    la joie de la réappropriation de l’Evangile
    grâce à Vatican II,
    inconnus qui le tutoient, qu’il tutoie
    comme il a tutoyé, tout simplement,
    le Bon Dieu.

    Claude VANCOUR, 29 décembre 2014

  2. Jean-Claude Escaffit

    Jacques avait cette proximité avec tous, croyants ou non, qui mettait d’emblée à l’aise. Nous ne sommes pas prêts d’oublier son accueil chaleureux,, Ses blagues de potache, son rire franc et communicatif cachaient en fait une grande pudeur et un sens de l’écoute, évangélique. Il a été mon compagnon de route à la rédaction de La Vie. La famille du journal, pas seulement les journalistes, mais tout le personnel dont il savait être proche, est triste.

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