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Portrait de François Avril fc


François Avril
04/05/1923 – 25/02/2008

 

François Avril fc“Je t’en prie, Seigneur, que la force brûlante et douce de ton amour absorbe mon âme et la retire de tout ce qui est sous le ciel, afin que je meure par amour de ton amour, puisque tu as daigné mourir par amour de mon amour». 

Saint François d’Assise (Prière pour demander l’amour de Dieu

François est né le 4 mai 1923 à Pouzauges en Vendée. Son père était cordonnier et sa mère tenait un magasin de chaussures. Ils ont eu huit enfants, six garçons et deux filles. Parmi les garçons, trois sont devenus prêtres. Mais François n’est pas resté dans le diocèse ; après deux ans de grand Séminaire, « où il s’ennuyait », disait-il, c’est une conférence du Père Goison qui l’a amené à demander son entrée dans l’Institut des Fils de la Charité. Il avait 21 ans. Il a fait ses premiers voeux en octobre 1945 et a été ordonné prêtre le 29 juin 1949.

Il y a quelques années, un de ses frères d’équipe avait remarqué que François, lorsqu’il faisait un enterrement, retraçait toujours la vie du défunt en s’appuyant sur trois mots : la naissance, la croissance et la fidélité. Pourquoi ne pas procéder ainsi pour François lui-même ?

La naissance : ce sont les racines. Pour lui, c’était la Vendée, c’était Pouzauges, c’était sa famille. A-t-il passé une fois ses vacances ailleurs que dans la maison familiale que tenait sa soeur Monique et où il avait sa chambre ? Nous n’en sommes pas sûrs. Les racines vendéennes, c’est aussi l’assurance d’une foi évidente et solide qui ne l’a jamais quitté. Le 17 janvier dernier, alors que François perdait peu à peu ses forces, André Perinet est allé l’interroger pour qu’il participe à la réflexion de la région France sur « ce qui nous fait vivre ». Il a répondu ceci : « ma famille, très chrétienne, m’a beaucoup aidé. J’ai toujours voulu être prêtre ; j’avais envie de donner la communion pour faire vivre les chrétiens, de Jésus… Ce qui m’a marqué, c’est le Père Bach parlant de l’Evangile, et je le remercie, c’est aussi Colombes qui m’a fait découvrir la Communauté chrétienne et le sens de l’équipe… c’est tout ce que je peux dire ». Les racines, ce sont aussi les joies et les deuils vécus dans une famille. En particulier, François a été marqué par la maladie d’Alzheimer et le décès de son frère prêtre, Jacques, il y a quelques années.

La croissance : François a « grandi » dans sa vie de Fils, d’abord à Colombes où, à part une interruption de sept ans à St Pierre-des-Corps puis comme socius du maître des novices à Bellevue, il est resté de l’âge de 26 ans à 55 ans. Rappelons-nous le Colombes du Père Michonneau puis de Pierre Dupé : une équipe jeune et nombreuse, un presbytère bruissant de monde, tous les quartiers quadrillés pour la mission, une liturgie complètement innovante et adaptée au peuple chrétien (le « tournez-vous du côté de la chaire », au moment de l’homélie !). François a vécu cette époque à St Pierre-St Paul ou à St Etienne-St Henri avec beaucoup de joie et de fierté ; Colombes, c’était un « style » qu’il a complètement épousé. Mais en même temps, à cause d’une nature sensible et facilement susceptible, (ce n’était pas non plus l’homme des grandes idées ou des grandes entreprises), il a souffert d’être considéré comme le « petit François » par le père Michonneau, de ne pas avoir eu de grandes responsabilités et d’avoir toujours été en second. De la sorte, il a toujours eu des difficultés de relation avec celui qui représentait l’autorité, en particulier son responsable d’équipe.

Mais François a grandi autrement : pas seulement à Colombes, mais aussi dans ses trois dernières affectations, au Mans (78-84), à Savigny (84-92) et à Bègles (92-2001) avant de rejoindre la maison de retraite St Joseph d’Issy-les-Moulineaux. Durant son passage de deux ans à Bellevue comme socius, les jeunes en formation appréciaient beaucoup son humour, sa disponibilité, sa foi et sa proximité. Dans les différentes paroisses où il a été, il était très proche de la vie de tous, en particulier des gens simples. Il leur était fidèle et en était aimé. Lorsqu’il préparait un mariage, il recevait longuement les fiancés, et ceux-ci étaient très heureux de la rencontre. Il a accompagné le mouvement scout sur Colombes et avait le souci de l’éducation spirituelle des jeunes. Il a aimé visiter les malades. En équipe, c’était un homme très fraternel, sensible à des attentions toutes simples à son égard, comme de fêter un anniversaire.

François aimait aussi les belles liturgies. Sa foi transpirait dans ses prédications à la fois simples et profondes et dont beaucoup se souviennent. Une maman témoigne : « je me rappelle un sermon sur la famille ! Mes enfants aussi ! Mes enfants l’aimaient”.

La fidélité : c’est un mot qui dépeint bien François,

  • Fidélité à son Dieu et à l’Evangile depuis sa plus tendre enfance, fidélité à l’Eglise ;
  • Fidélité à Marie : vendéen il était très marqué par la spiritualité de Grignon de Montfort, mais il avait bien remarqué combien Le Père Anizan a donné une grande place à Marie dans sa vie et dans l’histoire de l’Institut. La veille de sa mort, lors d’une dernière visite de frères de St Joseph, il semble qu’il ait réagi au moment où ils ont dit ensemble le « Je vous salue Marie » ;
  • Fidélité à son Saint patron, François d’Assise, qu’il aimait beaucoup ;
  • Et, bien sûr, fidélité à toutes celles et ceux qu’il a côtoyés au cours de sa vie.

Ces dernières années à St Joseph, François est resté fraternel et souriant, mais il est entré peu à peu dans un certain silence, ne sortant de son mutisme que lorsqu’on le provoquait à parler du passé, en particulier des années de Colombes. Il est décédé mardi 25 février à l’hôpital Corentin Celton d’Issy-les-Moulineaux où il avait été conduit quelques jours auparavant.

Nous avons accompagné François lors de la messe de sépulture le mardi 4 mars 2008 à 15h00 en l’église St Etienne d’Issy-les-Moulineaux suivie de l’inhumation dans le caveau des Fils de la Charité d’Issy-les-Moulineaux.

Pour le Conseil France, Jacques Robbe

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