Femmes en Eglise, chantiers, mars 2016, à la fête avec tous les enfants Actualités

Femmes en Eglise, interview d’une anesthésiste, mère de famille et croyante


Femmes en Eglise,
Interview d’une anesthésiste, mère de famille et croyante

Il est évident que les hommes ont toujours eu une place importante et surtout dans les postes de responsabilité. Ce numéro de mars 2016 sur “Femmes en Eglise” se fait l’écho de la place des femmes dans l’Eglise et dans la société.

Voici l’interview d’une femme anesthésiste, mère de famille et croyante qui témoigne de son travail dans un milieu masculin.

 

Peinture

© Florence Sanyas

Dorothée, en quelques mots, quelle est ton histoire?

Je suis l’avant-dernière d’une famille camerounaise de sept enfants. Mon père était diplomate, aussi avons-nous beaucoup voyagé (en Afrique, mais aussi en Europe).

Après mon baccalauréat, mes parents m’ont conseillé d’aller poursuivre mes études en France. C’est ainsi que je me suis retrouvée à la faculté de médecine de Caen en Normandie. C’est pendant mes études de médecine que je rencontre Paul, d’origine béninoise, avec lequel je me suis mariée.

Je voulais me spécialiser en pédiatrie, mais j’ai découvert l’anesthésie, qui m’a passionnée. Je me suis spécialisée à Nancy. Diplôme en poche, je reviens dans le Nord avec Paul où nous habitons Dunkerque, avant de nous fixer à Valenciennes où nous sommes depuis douze ans. Notre famille s’est agrandie au fur et à mesure des années : nous avons tout d’abord accueilli Patrick (19 ans), puis Sarah, Jean, et Lise (8 ans). Ça fait une belle famille !

Comment arrives-tu à tout faire ; entre un métier très prenant, une vie de famille exigeante, et un engagement en catéchèse, il faut être bien organisée n’est-ce pas ?

Quand je suis au travail, je ne peux pas y être à moitié; je dois faire abstraction du reste pour bien me concentrer sur mes patients, et je dois me plier aux vicissitudes des opérations, aussi je ne sais jamais à quelle heure je vais rentrer à la maison.

Ainsi pour ma vie de famille, si Paul n’est pas disponible, je peux faire confiance à un réseau d’amies: Béatrice, Sylviane, Patricia, mais aussi à Michèle, la nounou. Cela demande une bonne organisation.

Quant au catéchisme, je m’y suis investie petit à petit, tout d’abord en binôme, et maintenant j’accompagne seule un groupe de première année où notre travail d’accompagnatrice est bien préparé.

Détail d'un mur en mozaïque à Barcelone

© Florence Sanyas

Dans cette vie bien remplie, as-tu l’impression de privilégier l’un ou l’autre aspect de ta vie au détriment d’un autre?

Je me donne à fond dans mon travail, et j’en reçois beaucoup de satisfactions ; à la maison, avec Paul, nous faisons le maximum pour nos enfants; tout bien réfléchi, je pense que c’est Paul qui est lésé, mais l’on se réserve de précieux temps de dialogue tous les deux.

Chaque fin d’année, nous proposons à nos enfants une réunion de famille, où chacun est invité à prendre la parole pour dire ce qu’il pense de la vie de famille. C’est un point de repère important ; nous tenons cela de notre éducation africaine. Nous nous appuyons également sur nos familles qui ne sont pas avares de conseils.

Beaucoup de femmes travaillent, parfois même dans des métiers à forte responsabilité ; à ton avis qu’ont-elles gagné avec ce choix, et qu’ont-elles perdu?

J’ai fait l’expérience d’être mère au foyer pour élever mes enfants, aussi j’avais l’impression de vivre repliée sur moi. Mon travail me passionne, et j’y rencontre beaucoup de monde, en outre je suis plus autonome financièrement. Quant je rentre du travail je répercute à ma famille toutes les satisfactions éprouvées dans la journée.

Comme femme africaine, es-tu bien acceptée dans ton milieu de travail?

Etre d’origine africaine ne pose pas de problème ; je suis en France depuis assez longtemps maintenant pour être bien intégrée dans cette société occidentale. Par contre je travaille dans un milieu masculin (les chirurgiens sont presque tous des hommes), et il m’a fallu du temps pour être respectée comme femme qui plus est médecin anesthésiste. Mes parents m’ont transmis des valeurs qui m’ont donné un ancrage et qui me permettent d’avancer et de faire abstraction des réactions négatives que certaines personnes pourraient avoir.

A ton avis qu’est-ce qui les différencie dans le travail?

Les hommes sont plus pragmatiques ; face à une situation d’urgence ils prennent plus facilement du recul, tandis que la femme est plus portée par les sentiments. Nous n’abordons pas les choses de la même manière.

Alors les femmes sont les égales des hommes ?

Je pense plutôt que l’homme et la femme sont complémentaires. La condition féminine s’est fortement améliorée, mais il y a encore des étapes à franchir, notamment dans le monde politique. Un petit mot sur la femme africaine : elle peut paraître soumise mais elle est influente. Elle n’est pas privée de parole dans les sociétés chrétiennes dans lesquelles j’ai grandi.

Vue à Venasque

© Florence Sanyas

L’évangile parle du royaume comme d’un trésor enfoui dans un champ. Quand l’homme l’a découvert, il s’empresse de tout vendre pour l’acquérir. pour toi, si tu as un trésor dans ta vie, à quoi ressemble-t-il?

J’ai beaucoup de chance dans ma vie, car je suis vraiment heureuse dans toutes mes activités. Un travail passionnant, un mari bien présent, et quatre enfants attachants. Ce qui fait mon bonheur ? C’est que chaque jour que Dieu fait, je trouve matière à m’émerveiller et à dire un grand merci à Dieu !!

Dorothée Fangnigbe, Valenciennes

Propos recueillis par Frédéric Tonquédec fc

Extrait de Chantiers n°189 – mars 2016 – “Femmes en Eglise”

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Couverture de la revue chantiers de mars 2016

© Fils de la Charité

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